Alice & June, vingt ans d’émotions intactes
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Aujourd'hui, nous fêtons l'anniversaire d'un de mes albums préférés d'Indochine (si ce n'est mon préféré) à savoir Alice et June ! C'est le 10ème album studio du groupe publié le 19 décembre 2005 et 4 ans après le monumental Paradize, qui avait signé le retour en grâce d'Indo ! Le line-up de l’époque était le suivant, de gauche à droite sur la photo :
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Marc Eliard, Nicola Sirkis, Oli de Sat, Mr Shoes et Boris Jardel
Vingt ans plus tard, Alice & June n’a pas pris une ride. Je le trouve toujours aussi efficace, aussi sombre que puissamment beau. L’album existe en deux versions : une version simple, et une version double que j’ai aimée instantanément. Deux disques complémentaires : Alice au pays des cauchemars – La Promesse et June au pays des merveilles – Le Pacte!
Je me souviens m’être acheté Alice & June le jour de sa sortie, et n’avoir écouté que cet album ce jour-là. En boucle. Comme une évidence. Le lendemain, Indochine donnait ce fameux Concert Secret à la Cité de la Musique à Paris. Un moment suspendu, intense, qui a scellé à jamais mon lien avec cet album. Alice & June n’a donc jamais été pour moi un simple album, mais une véritable expérience. Il est arrivé à une période charnière de ma vie, à 21 ans, alors que tout se cumulait : mon premier logement, des études menées de front avec un travail, et une relation amoureuse aussi forte que compliquée. Dans ce quotidien parfois étouffant, cet album est tombé à point nommé, devenant une échappatoire précieuse face aux tracas de l’époque.
Dès les premières secondes, avec ces tics-tacs d’horloges qui s’affolent et se détraquent rapidement, Alice & June installe une atmosphère inquiétante. Puis débute le très sombre Les Portes du soir, véritable porte d’entrée vers le pays des cauchemars, en compagnie d’Alice et d'emblée, c'est saisissant et magnifique ! S’enchaîne Alice & June, premier single révélé par le groupe : un titre extrêmement nerveux, aux guitares lâchées à pleine puissance, dont les riffs font immédiatement mouche.
Ce premier disque regorge également de titres devenus incontournables. On y retrouve Gang Bang, Ladyboy (deuxième single) et son somptueux clip, sans doute l’un des plus originaux de la carrière du groupe, ou encore Adora (troisième single contenant l’excellent 999 et le parfait remix signé Oli de Sat).
Alice laisse aussi place à des moments plus sensibles, comme le très touchant Pink Water 3, en duo avec Brian Molko, sans oublier le furieux Vibrator, dont l’énergie brute n’est pas sans rappeler Punker.
Mais s’il ne fallait retenir qu’un titre, ce serait sans hésiter Black Page, mon morceau préféré des deux albums. Une mélodie imparable, des guitares saturées, un combo basse/batterie percutant et incisif, au service de paroles qui résonnent encore aujourd’hui, comme : « Je n’ai pas envie là / De devenir qu’un adulte imparfait »
ou « J’en ai jamais assez de ma réalité / À trouver des vampires / À qui parfois sourire ».
Le deuxième couplet, tout aussi marquant, approfondit encore ce sentiment de malaise et de peur de l’effacement : « Ce monde pourrit de loin / Est-ce que tu veux vivre / Encore avec moi ? »
Un passage fort, porté par un refrain terriblement efficace, qui s’ancre en tête dès la première écoute.
Le second disque, June au pays des merveilles – Le Pacte, n’est évidemment pas en reste. J’aime toujours autant son introduction, Le Pacte, qui reprend la mélodie de Douce nuit dans une version boîte à musique volontairement vrillée, presque inquiétante.
June, morceau central de cette seconde partie, aborde le thème de l’anorexie avec une grande justesse, et s’impose comme l’une des chansons les plus poignantes de l’album.
À l’image de La Promesse, la partie June regorge elle aussi de titres devenus incontournables : Crash Me, Belle & Sébastiane, le délirant Harry Poppers avec Didier Wampas, mais aussi les très émouvants Talulla et Morphine, sans oublier le magnifique Starlight.
Avec le recul de ces vingt années, un seul titre me paraît avoir moins bien traversé le temps : Aujourd’hui je pleure, en collaboration avec AqMe. Enfin, Alice & June s’achève sur Pink Water 2, version intégralement chantée en anglais par Nicola Sirkis, toujours accompagné de Brian Molko. Un duo tout en retenue, dont les voix se complètent parfaitement, offrant une conclusion douce-amère et presque apaisée à cet album dense et tourmenté.
Vingt ans après sa sortie, Alice & June reste clairement un album à part dans la discographie d’Indochine. Un disque dense et sombre, dans lequel il est facile de plonger… et de se perdre.
Pour moi, il n’a jamais cessé d’être plus qu’un simple album. Il est lié à une époque, à des souvenirs précis : comme la tournée sur laquelle j’ai assisté au plus grand nombre de dates, ou encore le privilège d’avoir été Indoreporter et d’avoir rencontré le groupe. Mais surtout, il est lié à des émotions qui, elles, n’ont pas vieilli. Alice & June continue de résonner, différemment peut-être, mais toujours avec la même intensité.
Avec le recul, cet album apparaît comme une œuvre charnière, ambitieuse et profondément habitée, qui a permis à Indochine de confirmer son retour au premier plan tout en explorant des territoires plus sombres et introspectifs. En 2025, Alice & June tient toujours debout, intact, et rappelle que certains albums ne s’écoutent pas seulement : ils s’accompagnent, traversent le temps… et les vies.
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©Peggy M.
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(moi en 2005, lors de l'attente à la Cité de la Musique, pour le Concert Secret)