Quand la musique devient émotion – bienvenue sur Aux Notes Enchantées.
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Ma petite découverte du jour se nomme RoSaWay ! Enfin, découverte, oui et non. Non, parce que j’avais déjà croisé leur route lors de leur passage dans l’émission musicale d’Émilie Mazoyer sur Europe 1, et j’avais beaucoup apprécié leur interview. Oui, parce qu’à l’époque, je n’avais pas pris le temps d’explorer davantage leur univers, tandis que mon blog était plus ou moins à l’abandon.
Mais avant d’aller plus loin, une présentation du duo s’impose :
RoSaWay est un duo parisien mêlant disco, funk et jazz, porté par des sonorités électroniques, une voix soul et des instruments joués en direct, notamment la flûte et la batterie. Leur univers puise entre autres dans les sonorités des années 1980 et s’inspire de figures emblématiques comme Donna Summer et Rick James.
Le duo réunit Rachel Ombredane, flûtiste de formation classique, chanteuse et diplômée en musicologie, ainsi que Stéphane Avellaneda, batteur ayant parcouru plus de trente-cinq pays aux côtés d’Ana Popovic et partagé la scène avec des artistes tels que B.B. King, Buddy Guy ou Jonny Lang. En 2022, RosaWay a également soumis le titre Dreamer au processus de sélection des Grammy Awards dans la catégorie « Meilleure performance pop en duo ou en groupe ».
Source : site officiel de RosaWay.
C’est en parcourant le fil d’actualité Instagram d’Aux Notes Enchantées que je suis tombé sur un extrait vidéo de leur dernier single, Fly Me to the Moon. J’ai immédiatement été happé par l’énergie dégagée par le duo et par la sublime voix de Rachel. J’ai donc décidé de découvrir le morceau dans son intégralité sur YouTube, où RoSaWay a publié une live session disco-jazz qui m’a totalement fait craquer !
Le plus amusant, c’est qu’au départ, je n’avais pas compris qu’il s’agissait d’une reprise de ce grand standard rendu célèbre par Frank Sinatra, tant RoSaWay se réapproprie le morceau et lui insuffle une personnalité nouvelle. Cette version est extrêmement réussie : dynamique, élégante et respectueuse de l’esprit du titre, tout en affirmant pleinement l’identité du duo. L’ajout de la flûte traversière est notamment de toute beauté et apporte une véritable fraîcheur à l’ensemble. J’adore également la prestance de Rachel et Stéphane, débordants d’énergie et dégageant un magnétisme particulièrement communicatif.
Et l’aventure ne devrait pas s’arrêter là, puisque RoSaWay dévoilera un nouveau single Lullaby Of Birdland le 7 août prochain. Une sortie que je ne manquerai évidemment pas de découvrir et dont je vous reparlerai très bientôt sur Aux Notes Enchantées.
Vous pouvez suivre et soutenir RoSaWay sur leur site officiel, ainsi que sur leurs pages Facebook, Instagram YouTube , Spotify
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J’ai découvert Les Traversées Tatihou après avoir été contacté par Nicolas et Alexianne Miliani, qui m’ont fait parvenir un communiqué de presse consacré au festival. Je ne connaissais absolument pas cet événement et je dois reconnaître que son concept m’a immédiatement intrigué. J’ai donc pris le temps d’explorer la programmation de cette 32e édition, organisée du 12 au 16 août 2026, et plusieurs artistes ont rapidement retenu mon attention. Même si je ne pourrai malheureusement pas m’y rendre cette année, j’ai eu envie de vous présenter ce rendez-vous singulier, où les musiques du monde se vivent au rythme des marées.
Rien que l’idée de rejoindre un festival à pied en traversant la mer à marée basse possède quelque chose d’assez fascinant ! Depuis Saint-Vaast-la-Hougue, le public gagne l’île Tatihou au cours d’une traversée collective où la musique, le patrimoine et le paysage marin semblent ne faire plus qu’un. Je trouve le concept aussi original que dépaysant et j’imagine facilement l’émotion que doit procurer l’arrivée sur l’île avant de découvrir les artistes qui s’y produisent.
Après avoir regardé la vidéo récapitulative de l’édition 2025, j’ai été encore davantage séduit par ce concept. Les images de la traversée à marée basse sont absolument magnifiques et donnent immédiatement envie de vivre cette expérience au moins une fois.
L’expérience ne se limite d’ailleurs pas aux concerts organisés sous le chapiteau. Le festival propose une grande traversée inaugurale vers l’île, des concerts-promenades dans les jardins, des rencontres avec les artistes, des stages de pratique artistique, des séances de cinéma ou encore une Nuit de bals suivie d’un retour au flambeau à marée basse. Autant de rendez-vous qui donnent l’impression de vivre une véritable aventure musicale et humaine plutôt que d’enchaîner simplement les concerts.
La programmation fait dialoguer les musiques traditionnelles du monde avec des créations plus contemporaines, en accueillant des artistes venus notamment d’Écosse, d’Irlande, de Suède, du Québec, du Sénégal ou encore d’Italie. Ce mélange entre héritages culturels, transmission et nouvelles formes d’expression correspond particulièrement bien à ce que j’aime découvrir et partager sur Aux Notes Enchantées. Et forcément, devant une programmation aussi riche, plusieurs noms m’ont donné envie d’aller écouter tout cela de beaucoup plus près.
Tout d’abord, j’ai été conquis par l'ensemble Constantinople & Ablaye Cissoko, Patrick Graham et notamment par Estuaire, le morceau qui ouvre l’album du même nom. J’ai également beaucoup aimé le magnifique clip qui l’accompagne. Le dialogue entre les cultures qui se dégage de ce titre, comme des autres morceaux que j’ai écoutés, ne pouvait que me plaire !
Un futur projet réunissant l'ensemble Constantinople et A Filetta a également éveillé ma curiosité. Je connais ces derniers grâce à leur participation à la bande originale du film Himalaya : L’Enfance d’un chef, que j’avais adorée, et plus particulièrement au morceau Le Lac. Il est vrai qu’à l’époque, je n’avais pas encore la même curiosité musicale qu’aujourd’hui et que je n’avais pas cherché à explorer davantage leur univers. Cette collaboration sera donc une très belle occasion de le faire !
Ensuite, j’ai découvert Roberta Gulisano, pour laquelle j’ai eu un véritable coup de cœur ! Femme du Sud dont les racines plongent au cœur de la Sicile, elle m’a immédiatement séduit par son chant en italien et par son univers folk contemporain. Ayant vécu plus de vingt ans sur la Côte d’Azur, j’ai toujours éprouvé un attachement particulier pour cette langue que j’aime énormément.
L’amoureux de musiques celtiques que je suis ne pouvait pas rester insensible au groupe écossais Capercaillie, à prononcer « Kap-ir-kay-lee » ! Et pourtant, cette formation faisait partie de celles dont je ne connaissais étonnamment presque rien avant d’explorer la programmation du festival.
Créé en 1984 et mené par la chanteuse Karen Matheson, Capercaillie est aujourd’hui l’une des références majeures de la scène celtique mondiale. Le groupe mêle ses racines gaéliques à des influences plus contemporaines, en faisant dialoguer instruments traditionnels et modernes. Il alterne également compositions originales et morceaux issus du répertoire traditionnel, chantés aussi bien en anglais qu’en gaélique.
La quatrième artiste pour laquelle j’ai eu un véritable coup de cœur est Christine Zayed, une musicienne palestinienne reconnue pour son approche riche et polyvalente des musiques arabes et moyen-orientales.
J’ai toujours éprouvé une attirance particulière pour les sonorités orientales, notamment grâce à Jean-Michel Jarre et à son titre Revolution, Revolutions, que j’avais découvert en regardant la vidéo de son concert à La Défense en 1990. La voix douce et expressive de Christine Zayed m’a immédiatement séduit et emporté dans son univers musical, tout particulièrement avec le morceau Safartu !
D’autres artistes et groupes de cette programmation auraient également mérité d’être évoqués, tant ils m’ont touché, comme Clica Dròna, EBEN, Gregailh, Trio Nota ou encore Elektre. J’ai cependant peur de transformer cet article en chronique à rallonge ! Cette sélection reflète donc les découvertes qui m’ont le plus marqué au cours de mon exploration de la programmation du festival.
Même si je ne pourrai malheureusement pas me rendre aux Traversées Tatihou cette année, j’ai été vraiment ravi de découvrir ce magnifique festival. À une époque où les tentations de repli sur soi se multiplient et où le monde de la culture doit composer avec de nombreuses restrictions budgétaires, il est particulièrement précieux de voir perdurer un événement aussi ouvert, multiculturel et profondément attaché aux musiques du monde, à la rencontre et au vivre-ensemble.
J’espère sincèrement avoir l’occasion de vivre cette magnifique traversée lors d’une prochaine édition ! Un immense merci à Nicolas et à Alexianne Miliani de m’avoir permis de découvrir Les Traversées Tatihou et toute la richesse de leur programmation.
Retrouvez la programmation du Festival ici et la billetterie par là !
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En septembre 2025, j’avais déjà tenté de lancer sur Aux Notes Enchantées une rubrique consacrée à l’actualité musicale. J’ai aujourd’hui envie de reprendre et de développer ce rendez-vous en regroupant dans un même article les nouveautés des artistes et groupes que je suis, plutôt que de multiplier les publications plus courtes.
Ces dernières semaines ont été particulièrement riches. Entre nouveaux clips, single inédit, visualizer et dernières informations autour d’un futur album, voici un récapitulatif de tout ce qu’il ne fallait pas manquer.
On débute avec le nouveau clip d'Unverkalt avec Ænæ Lithi ! Comme je le disais dans ma chronique consacrée à Héréditaire : cette chanson s’inspire d’une histoire vraie et tragique : celle du Grand Incendie de Smyrne qui a eu lieu en 1922 lors de la guerre gréco-turque et que la grand-mère de Themis lui racontait.
Le clip qui accompagne le morceau, intégrant des photographies historiques de la catastrophe, a été réalisé et monté par le guitariste Themis Ioannou.
« C’est un immense honneur pour moi de créer et de partager cette vidéo », explique Ioannou. « L’histoire qui se cache derrière notre chanson Ænæ Lithi me touche profondément, car elle fait partie de l’histoire de ma propre famille. Je la dédie à ma grand-mère bien-aimée et à mon père, qui ne sont désormais plus parmi nous. Cette vidéo leur est dédiée, ainsi qu’aux millions de personnes qui ont perdu la vie ou ont été contraintes d’abandonner les terres de leurs ancêtres pendant et après la catastrophe d’Asie Mineure de 1922. »
Je trouve ce clip extrêmement poignant et bouleversant, à la hauteur de la chanson. Les photographies et les extraits vidéo qui y sont intégrés renforcent son impact et permettent de mieux prendre la mesure de l’horreur de cette tragédie. Le message final me paraît également extrêmement puissant :
« À la mémoire des victimes des génocides, et en hommage à celles et ceux qui continuent d’endurer, de résister et de survivre. »
Dans le sillage de Glass Minds, Archive nous dévoile Yahoo, un titre trip-hop aussi sombre que percutant, porté par Jimmy Collins, que nous avions déjà entendu sur Heads Are Gonna Roll, et par Lisa Mottram sur le refrain. Je trouve ce morceau vraiment excellent : le flow de Jimmy est terriblement efficace, tout comme le refrain, et l’ensemble s’imprime parfaitement en tête dès la première écoute ! La vidéo officielle avec les paroles se montre elle aussi particulièrement réussie et percutante.
Darius Keeler explique que certaines chansons sont si étroitement liées à leur époque et aux événements qui secouent le monde qu’il devient nécessaire de les publier dès qu’elles prennent forme. Il décrit Yahoo comme probablement le morceau le plus brutalement honnête jamais écrit par Archive. Si la violence et la franchise des paroles peuvent déranger, elles s’inscrivent dans une longue tradition musicale consistant à dénoncer la guerre, l’oppression politique et les inégalités systémiques.
Derrière sa charge extrêmement frontale contre les tyrans et les dirigeants responsables de telles violences, Yahoo n’est pourtant pas, selon Darius Keeler, une chanson politique, mais avant tout une chanson profondément humaine. Elle dénonce les actes inhumains de celles et ceux qui utilisent leur pouvoir pour terroriser, affamer, déposséder et détruire des populations.
Alors que les artistes subissent de plus en plus de pressions les incitant à garder le silence, Archive refuse de céder à l’intimidation et présente Yahoo comme sa contribution sincère à la longue et fière tradition de la chanson contestataire. Et je tiens sincèrement à les remercier de prendre position.
Un vinyle 12 pouces jaune de Yahoo, limité à 100 exemplaires, avait également été mis en vente, mais il est désormais épuisé. Le tee-shirt Yahoo en édition limitée reste néanmoins disponible ici. L’intégralité des recettes générées par ces deux produits sera reversée à Peace Direct, une ONG internationale qui soutient les populations locales dans certaines des zones de conflit les plus difficiles au monde. Elle leur apporte le soutien, les compétences, les ressources et la visibilité nécessaires afin de mettre fin aux violences et de faire de la paix une solution concrète.
Autre actualité avec Landroid, qui a dévoilé un nouveau clip pour accompagner le titre Hank the Dragon, issu de l’album Constellation, dont vous pouvez retrouver la chronique ici. Réalisé avec un budget très serré, le clip a été tourné dans le salon du groupe, tandis que Greg Gordon s’est chargé du montage !
J’aime beaucoup le résultat, très psychédélique et old school par moments. D’ailleurs, je trouve souvent que les clips de ce genre, réalisés avec peu de moyens, sont ceux qui possèdent le plus de charme et se révèlent les plus touchants. C’est clairement le cas avec Hank the Dragon, et cela renforce encore davantage mon amour pour cette chanson !
Il y a un peu plus d’un mois, ma chouchoute June the Girl dévoilait le visualizer d’Armageddon dans sa version remix VIP, qui rend le morceau encore plus pêchu que celle présente sur l’album Sweet Thérapie.
J’aime beaucoup ce mini-clip original, qui illustre parfaitement la chanson, notamment grâce à la jupe portée par June et créée par Insty (insty.design). Je ne peux toutefois pas m’empêcher de rester un peu sur ma faim, car il s’agit de mon titre préféré de l’album et je trouve qu’il aurait mérité un clip complet. Ceci dit, je comprends parfaitement qu’avec des budgets limités, il devienne de plus en plus difficile pour les artistes de réaliser des vidéos intégrales.
Une autre actualité nous vient de l’un de mes duos préférés : tAngerinecAt ! Le groupe a publié une captation live de Cyhyraeth, titre issu de l’album Grief, dont ma chronique est toujours disponible ici. Il s’agit d’ailleurs de l’une de mes chansons préférées de l’album !
Je trouve cette interprétation fascinante et hypnotique. Entre les jeux d’ombre et de lumière, la danse de Zhenia et l’atmosphère si particulière du morceau, la performance se révèle aussi remarquable que somptueuse.
Je vous partage également l’explication donnée par le duo, car elle est essentielle pour comprendre toute la portée de cette captation :
Cyhyraeth est née alors que tAngerinecAt se trouvait en Autriche, au moment où des pluies incessantes frappaient l’Europe. Le morceau est progressivement devenu une représentation de l’écocide, celle d’un monde que nous regardons se noyer sans intervenir. Au fil du temps, sa composition s’est enrichie de nouvelles significations, tout en conservant le même paysage intérieur fait de lutte, de honte, de chagrin et de colère, avec la recherche d’une forme de catharsis.
Les mouvements présents dans cette captation ne sont que partiellement improvisés et s’inscrivent dans une structure soigneusement construite. Leur direction évolue en fonction de l’état d’esprit de Zhenia au moment de la performance. Tranchante, vulnérable et sans retenue, cette danse devient ainsi, sous une forme toujours renouvelée, un véritable acte de défi.
La vidéo a été tournée au BASTION de Bochum, un lieu indépendant et entièrement DIY qui soutient depuis 2002 des artistes ne disposant ni de budgets importants ni de relations dans l’industrie musicale. Réalisée sans aucun financement extérieur par les artistes et les musiciens impliqués, elle se veut également un geste de solidarité et de collaboration envers cet espace
Et cette nouvelle édition des actualités musicales sur Aux Notes Enchantées, s’achève avec le duo Ductape, qui propose de découvrir de façon très originale la tracklist et la pochette de son prochain album, Faded Flowers, attendu le 18 septembre. Pour cela, le groupe a mis en place sur son site internet un jeu du pendu !
J’y ai bien évidemment participé : certains mots sont assez simples à trouver, tandis que d’autres se révèlent nettement plus complexes. Mon pauvre bonhomme s’est d’ailleurs retrouvé pendu deux ou trois fois, mais j’ai beaucoup aimé tenter de deviner les différents titres !
Bravo à Ductape pour avoir imaginé cette manière aussi ludique qu’originale de nous faire découvrir leur prochain album. Les précommandes ouvriront au mois d’août, avec une édition vinyle 12 pouces déclinée en plusieurs coloris, ainsi qu’une version CD. Vous pouvez également pré-sauvergarder Faded Flowers sur Spotify.
Pour tenter votre chance au jeu du pendu, c’est par ici ! Bonne chance à toutes et à tous !
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📸 Begüm Koçum 2026
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Vivant à Angers depuis maintenant cinq ans, j'ai aujourd'hui envie de vous parler de Kalahari, un groupe de la scène locale angevine que j'ai découvert en avril dernier. Alors que j'attendais mon train pour me rendre à Paris afin de passer des examens médicaux, je faisais défiler Instagram lorsqu'une publication a immédiatement attiré mon attention. Elle annonçait la sortie du clip d'un titre intitulé Yermawe.
Le visuel ainsi que le titre attirent immédiatement mon regard. Une femme apparaît partiellement cachée derrière un voile ocre qui masque son regard sans pour autant l’effacer complètement. Les couleurs chaudes et l’ambiance qui s’en dégage m’évoquent l’Afrique, tout en attisant ma curiosité. Mon oncle, qui a beaucoup voyagé, m’a initié durant mon adolescence aux musiques du monde : musiques africaines, orientales, asiatiques ou encore venues des pays de l’Est. Autant dire que ma curiosité est immédiatement piquée au vif !
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Je recherche alors Kalahari sur Tidal et découvre avec plaisir l'EP Djeha, paru en 2025. Je lance la lecture et, dès les premières notes, je suis conquis.
Mais avant d'aller plus loin, une petite présentation de Kalahari s'impose :
Le trio angevin se compose de :
Après deux années de répétitions, Kalahari voit officiellement le jour en 2024 avec la sortie du clip Sehara. Le trio enchaîne ensuite une douzaine de concerts, au cours desquels il a le plaisir de partager son univers avec le public. Kalahari remporte également l'édition 2024 du Tremplin Musical d'Avrillé.
Avant Djeha, Kalahari avait déjà publié le single Kalahari, comprenant les titres Sehara (accompagné d'un sublime clip) et Koumbe Dja. Leur EP Djeha paraît ensuite en mai 2025, avant que le trio ne dévoile Baikal Lake en octobre de la même année, un titre intégralement chanté en anglais.
C’est toutefois avec Djeha que je vais poursuivre cette chronique, puisque cet EP de cinq titres m’a particulièrement marqué par son ambiance jazz/folk, ses harmonies vocales et son ouverture vers les musiques du monde. Le trio nous accueille avec Djeha, le morceau-titre, porté par de sublimes sonorités orientales, particulièrement captivantes et dépaysantes. L’EP est entièrement écrit dans un dialecte inventé, privilégiant la musicalité des syllabes et les émotions qu’elles transmettent plutôt que le sens direct des mots. Et cela fonctionne à merveille. Cette approche permet d’être rapidement happé par l’univers de Kalahari et de se laisser porter tout au long de l’écoute.
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Artwork by Carole Mariet
Merea se distingue par une atmosphère particulièrement poétique. Son introduction à la guitare acoustique installe immédiatement une ambiance douce et délicate, portée par la voix de Margot, que celles de Lena et Clément viennent parfaitement accompagner et renforcer. La batterie de ce dernier, enrichie de plusieurs percussions, apporte progressivement davantage de profondeur et de relief au morceau, sans jamais rompre sa douceur.
Watibe troisième titre de l'EP, m’a beaucoup touché par sa beauté. Le morceau s’ouvre au son de la gaita, une flûte traditionnelle colombienne, dont la présence tout au long de la chanson lui confère une atmosphère profondément envoûtante. Ses sonorités singulières renforcent cette sensation de voyage et donnent au titre une identité particulièrement marquante.
On enchaîne avec mon titre préféré, qui est sans conteste Waya. J’aime particulièrement son dynamisme, ainsi que la parfaite harmonie vocale entre Margot, Lena et Clément. À certains moments, ce morceau m’a même évoqué Dies, Nox et Omnia, le premier album de Cesair, avec lequel il partage, à mes oreilles, ce même goût pour les harmonies vocales et l’évasion.
L’EP se clôture avec Nahiye, un titre plein de délicatesse et richement instrumenté. On y entend les sonorités cristallines d’un handpan, les notes pincées du n’goni ainsi que des percussions aux résonances profondes, évoquant notamment celles d’une calebasse. L’ensemble crée une atmosphère apaisante et contemplative, qui referme Djeha avec beaucoup de douceur.
Après cette immersion dans Djeha, revenons à Yermawe. S’inscrivant dans la même démarche que les morceaux de l’EP, le titre repose lui aussi sur un dialecte inventé, sans qu’une signification précise soit attribuée à chaque mot. Le trio part d’une idée générale inspirée par l’ambiance musicale, puis explore les sonorités des syllabes, des consonnes et des voyelles afin de mettre en valeur la mélodie. Sans être rattaché à une culture ou à une tradition particulière, Yermawe a été pensé comme une invitation à l’ouverture, aux rencontres et à l’entraide, dans un monde qui tend de plus en plus à se replier sur lui-même.
Le clip est lui aussi une véritable réussite. Très coloré, il est porté par une superbe chorégraphie interprétée par la danseuse Floriane Leblanc, de la compagnie Iswame. Les images accompagnent parfaitement l’univers du morceau et renforcent encore davantage cette impression de voyage et d’évasion qui traverse la musique de Kalahari.
Vous l’aurez compris, Kalahari a été pour moi une véritable et magnifique découverte ! Avec Djeha et Yermawe, le trio angevin nous embarque dans un univers singulier, à la croisée du jazz, de la folk et des musiques du monde. J’ai été totalement séduit par la richesse des instruments, la beauté des harmonies vocales et ce dialecte inventé qui devient, au fil des morceaux, un véritable langage émotionnel.
Je suis particulièrement heureux de consacrer pour la première fois une chronique à un groupe de la scène locale angevine, d’autant plus lorsqu’il se révèle aussi talentueux et prometteur que Kalahari. Il me tarde désormais de découvrir le trio sur scène et, bien évidemment, de suivre avec beaucoup d’attention la suite de son aventure musicale.
L’occasion se présentera peut-être très prochainement, puisque Kalahari se produira au festival Mazette, le 25 juillet à Mazé-Milon (49), aux Soirées d’été, le 1er août à Loches (37), le 28 août au Thoureil (49), puis le 13 septembre à La Guinch’ette, à Montrelais (44) !
En attendant, je ne peux que vous encourager à aller écouter le trio et à vous laisser emporter, à votre tour, par ses magnifiques paysages sonores !
Vous pouvez suivre et soutenir Kalahari sur Facebook, Instagram, Bandcamp et YouTube
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Après avoir consacré une chronique à Archive et à leur album Glass Minds, la suite logique était de vous parler de Cherryshoes, le projet solo de l’artiste galloise Lisa Mottram. Comme je vous l’avais expliqué à cette occasion, sa voix m’a totalement foudroyé. J’ai donc voulu en savoir davantage sur son parcours musical et grand bien m’en a pris, car ce qu’elle propose est vraiment excellent.
Cherryshoes évolue dans un univers que l’on pourrait rapprocher d’une pop noire, rêveuse et hypnotique. Une musique située quelque part entre la dream pop, le shoegaze, la mélancolie lo-fi et cette manière très particulière de faire flotter les chansons dans une atmosphère presque nocturne.
Le premier titre que j’ai écouté fut Too Late, une chanson extrêmement émouvante, portée par une voix quasiment éthérée. Il y a dans ce titre une pudeur très forte, une façon de ne jamais forcer l’émotion, mais de la laisser apparaître progressivement, jusqu’à ce qu’elle finisse par prendre toute la place.
La discographie de Cherryshoes se compose pour le moment uniquement de singles, ce qui donne à son univers une forme assez particulière. Plutôt que de découvrir un album pensé comme un bloc, on entre ici par fragments, par images, par atmosphères successives.
Chaque titre semble ouvrir une petite fenêtre différente sur le même monde intérieur, avec ses zones d’ombre, ses éclats de lumière et cette mélancolie vaporeuse qui traverse l’ensemble. En écoutant des titres comme Too Late, Losing You, Stay with me ou Take it, j’ai rapidement retrouvé ce qui m’avait touché chez Lisa Mottram avec Archive. Cette voix qui semble flotter au-dessus de la musique, mais qui parvient pourtant à transmettre énormément d’émotion. Cherryshoes ne cherche pas à en mettre plein les oreilles. Les chansons prennent leur temps, avancent avec douceur, et c’est justement ce qui les rend aussi attachantes.
J’ai également un vrai faible pour le premier single que Lisa avait publié en 2017, Ride On. Deux titres y sont présents : Ride On et Justice, qui sont beaucoup moins mélancoliques que les morceaux les plus récents, mais tout aussi bons et percutants. Ces deux titres sont davantage tournés vers une électro-pop sombre, avec une pulsation plus marquée et une énergie plus directe.
Ride On possède déjà ce côté hypnotique que l’on retrouve dans l’univers de Cherryshoes, mais avec une approche plus rythmée. Le titre avance sans trop en faire, porté par une ambiance nocturne et par cette voix qui semble flotter au-dessus de la musique. Justice, de son côté, se montre encore un peu plus nerveux, presque plus immédiat, tout en conservant cette élégance sombre qui fait le charme du projet.
Ce qui est intéressant avec ce premier single, c’est qu’il permet de voir que Cherryshoes ne s’est pas construit uniquement autour de la mélancolie. Il y a aussi chez Lisa Mottram une vraie capacité à proposer des titres plus dynamiques, plus accrocheurs, sans perdre cette atmosphère particulière qui rend sa musique immédiatement reconnaissable.
Autre titre qui m’a marqué : Don’t Hold Your Breath, à la durée très courte, puisqu’il ne dépasse pas les 2’04. Le morceau sonne plus expérimental, moins mélancolique que ses titres les plus récents, mais toujours porté par la voix éthérée de Lisa Mottram. J’aime beaucoup le jeu de guitare, avec ses sonorités claires et légèrement rétro, qui m’a même évoqué par moments The Shadows, comme une petite touche vintage glissée dans un univers pourtant beaucoup plus sombre et étrange.
Je vais vous parler d’un dernier titre : Play Boy. C’est difficile de ne pas évoquer les autres morceaux, tant ils sont vraiment bons, mais il faut bien faire des choix pour rédiger cette chronique. Très accrocheuse, un peu rétro et assez douce, cette chanson ferait selon moi un très beau titre pour un début de soirée en tête à tête, avec cette ambiance à la fois légère et intime.
Pour conclure, Cherryshoes est une très belle découverte et un vrai coup de cœur. Je suis vraiment heureux d’avoir voulu en savoir davantage sur le parcours de Lisa Mottram après ma chronique consacrée à Archive.
Sa voix m’avait déjà totalement conquis sur Glass Minds, mais avec Cherryshoes, j’ai découvert une facette encore plus personnelle de son univers. Ses morceaux ne dégagent pas tous la même chose : certains serrent le cœur, d’autres sont plus accrocheurs, plus rétro ou plus expérimentaux. Sa discographie peut sembler fragmentée au premier abord, mais elle reste pourtant très cohérente, comme si chaque titre ajoutait une nouvelle nuance à son univers.
Si vous aimez les voix aériennes, les ambiances sombres et rêveuses, ainsi que les titres qui vous restent en tête sans avoir besoin d’en faire des tonnes, je vous conseille fortement de découvrir Cherryshoes. Je vous invite aussi à fouiller du côté de Bandcamp SoundCloud et même YouTube, où l’on trouve d’autres morceaux absents des plateformes de streaming habituelles. Mention spéciale à Vampires, qui est vraiment géniale.
Vous pouvez suivre et soutenir Cherryshoes sur Bandcamp, Instagram, Facebook, SoundCloud et YouTube.
