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Aux notes enchantées

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Salut, moi c’est Steeve ! 42 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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25 juillet 2025

Quand la musique devient émotion – bienvenue sur Aux Notes Enchantées.

Quand la musique devient émotion – bienvenue sur Aux Notes Enchantées.
Bonjour à toi, cher·e visiteur·se, Je m'appelle Steeve, passionné de musique depuis toujours, et je suis ravi de t’accueillir ici, sur Aux Notes Enchantées. Ce blog est né de l’envie de partager mes coups de cœur musicaux, de faire découvrir des artistes...
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12 juin 2026

Krystal System – Da Punch : l’impact en pleine face

 

 

Avec Da Punch, Krystal System ne revient pas sur la pointe des pieds : le groupe défonce la porte, branche les machines et balance un uppercut électro-metal en pleine face. Quatrième album de la formation, ce nouveau disque porte son nom à merveille tant il frappe fort, avec une énergie frontale, nerveuse et dévastatrice. Après plus de dix ans d’attente, autant dire que le retour valait largement le coup.

 

Le coup est porté dès le titre éponyme de l’album, Da Punch, morceau percutant, nerveux à souhait, traversé par une tension permanente et un sentiment d’urgence. Cette urgence transparaît pleinement dans les paroles, où Krystal System dresse le portrait d’un monde au bord de la rupture : les arbres brûlent, les mers débordent, la pression monte, tandis que l’humanité reste prisonnière de son inertie. La phrase “We don’t feel, we don’t move, we don’t care” résume à elle seule toute la force du morceau : un constat glaçant sur notre capacité à rester immobiles face au chaos. Pourtant, le refrain laisse aussi entrevoir une envie de rupture, celle de chercher un autre endroit, de sortir de cette course absurde et de lâcher prise.


Avec Someday, Krystal System déplace le curseur vers un territoire plus intime et mélancolique. Après l’urgence frontale de Da Punch, le morceau ouvre une brèche intérieure, traversée par le souvenir, la solitude et le besoin d’ailleurs. Le “un jour” du titre sonne comme une promesse fragile : prendre le risque, dire adieu, apaiser les traces de la mémoire et atteindre un autre espace. Entre l’envie de rester et celle de partir, entre la blessure de la solitude et la possibilité d’en faire une force, Someday transforme l’isolement en matière sensible. Textuellement, la noirceur se fait plus douce, tandis que musicalement, le titre conserve toute sa force percutante et tranchante. L’ensemble n’en est pas moins poignant, porté jusqu’à sa conclusion par un effet de clavecin qui s’intègre à la perfection et apporte une touche d’originalité particulièrement réussie.

Je ne vais pas revenir en détails sur Eclats rouges car je l'ai chroniqué en tant que single en juillet dernier (tout comme je ne reviendrais pas sur Skippy bop). Ce que je peux rajouter en plus, c'est que son texte prolonge parfaitement l’imagerie du combat qui traverse Da Punch : le ring, les coups, les corps mis à l’épreuve, mais aussi la violence transformée en spectacle, entre lumières, paris et bookmakers. Les “éclats rouges” deviennent alors autant des traces de coups que des fragments de rage et de douleur, tandis que les “étoiles étalées sur les paupières” donnent au titre une dimension presque visuelle, entre brutalité physique et vertige intérieur. 

 

 

 

On enchaîne avec l’excellente Iryna’s Song, qui voit cette fois Seven ouvrir le chant, un choix particulièrement appréciable tant sa voix rauque et puissante apporte une intensité immédiate au morceau. Musicalement, le titre s’impose dans une veine indus comme je les aime, avec un beat lourd, une guitare omniprésente et une mélodie imparable qui rend l’ensemble ultra dansant. Et c’est précisément ce décalage qui rend les paroles encore plus bouleversantes, puisque Bonnie m’a confié que le morceau faisait écho au meurtre d’Iryna Zarutska, jeune réfugiée ukrainienne assassinée en août 2025 dans une rame du métro léger de Charlotte, aux États-Unis. Entre douleur, innocence fauchée et prière vers l’Éden, Iryna’s Song devient alors bien plus qu’un morceau percutant : un hommage sombre, vibrant, et profondément humain.

 

 

Neon Cage démarre sur une introduction que j’aime beaucoup, dans cet esprit un peu “à l’ancienne” où l’on entend les membres du groupe échanger entre eux et faire quelques tests de son. Ce genre de détail apporte immédiatement une dimension plus humaine au morceau, comme si l’on entrait dans le studio avec Krystal System avant que la machine ne se mette pleinement en route. On retrouve d’ailleurs ce même esprit à la fin du titre, lorsque le son baisse progressivement jusqu’à clôturer définitivement le morceau. J’adore retrouver ce type d’effet, qui donne au titre une présence plus organique, presque comme si l’on assistait à une prise vivante plutôt qu’à une simple piste figée. Côté texte, Neon Cage évoque davantage une forme de discipline et de construction de soi dans un monde moderne, électrique et sous pression. La “cage néon” devient alors moins une prison qu’un espace de tension, presque un terrain d’entraînement intérieur, où l’on avance entre contrôle, endurance et volonté de se forger soi-même.

 

Place à Mélodie en sous-sol, seul titre instrumental de l’album, et quel instrumental ! Référence évidente au film d’Henri Verneuil, ce morceau semble pourtant porter son titre bien au-delà du simple clin d’œil : la mélodie paraît réellement provenir d’un endroit caché, comme une boîte à musique souterraine dont on entendrait le mécanisme se remonter tout au long du morceau. L’ambiance y est clairement cinématographique, quelque part entre dystopie et univers industriel, avec cette impression d’avancer dans un décor sombre, métallique, presque abandonné. Un titre court, mais particulièrement évocateur, qui installe à lui seul des images très fortes.

 

Poursuivons avec Soleil Noir, titre qui s’ouvre sur une batterie envoyant toute sa puissance percutante. Le morceau frappe autant par son énergie que par son atmosphère urbaine et nocturne, portée par des images très visuelles : sirènes à 200 décibels, écran de verre, phalènes attirées par la lumière et cette “déesse” inattendue qui prend les traits d’une Citroën. Derrière ces visions à la fois poétiques et grinçantes, Soleil Noir dessine un monde saturé de bruit, de reflets et de faux éclats. Un morceau frontal et très visuel, où la nuit industrielle devient un véritable théâtre électrique, mais aussi un espace de retrait, comme si la solitude devenait une manière de résister au vacarme extérieur.

 

Nouvel Age est la chanson la plus calme de l'album même si les paroles restent percutantes et sarcastiques avec une critique de notre monde moderne qui promet beaucoup, mais formate tout sur son passage. Le texte, mordant et sarcastique, évoque une époque du calibrage, de l’image et du superflu, où “hors du calibrage, point de salut”. Derrière les promesses de partage, de libération et de progrès, le morceau laisse surtout entendre une société obsédée par l’apparence, les sondages et l’art de plaire. Dans les couplets et le refrain en français, Bonnie étire presque systématiquement les derniers mots de chaque vers avec une intonation descendante, donnant au chant une couleur hypnotique et désabusée. Ce procédé vocal renforce parfaitement l’ironie mordante du texte, comme si chaque phrase retombait lourdement sur ce “Nouvel Age” calibré et sans relief.

 

 

On arrive sur mon titre préféré de l’album avec A World That Is Yours, qui m’évoque par moments Rammstein, notamment Du Hast, dans cette façon d’installer une pulsation électro en arrière-plan. C’est puissant, indus à mort et explosif à la fois : tout ce que j’adore ! Sur ce morceau, Seven assure les couplets tandis que Bonnie prend en charge le refrain, et l’association fonctionne à merveille. L’ensemble se révèle terriblement efficace, avec une mélodie qui reste immédiatement en tête. Derrière son titre, que l’on pourrait traduire par “Le monde t’appartient”, A World That Is Yours évoque un amour absolu, sans concession, traversé à la fois par les souffrances, les joies et l’espoir. Le morceau ne sonne pas comme un simple hymne lumineux, mais plutôt comme une déclaration intense, où l’amour devient un monde à part entière, avec ses blessures, ses élans, ses cages intérieures et son besoin de liberté. La phrase “Inside a cage I think about how freedom feels” prend alors tout son sens : même au cœur des limites, des doutes ou des douleurs, quelque chose continue de chercher l’air, la lumière et la possibilité d’aimer pleinement.
 

 

 

Place ensuite à Headhunter, reprise du célèbre titre de Front 242. Un choix qui tombe sous le sens tant l’héritage EBM et électro-indus semble dialoguer naturellement avec l’univers de Krystal System. Le groupe ne se contente pas d’un simple hommage : il s’approprie le morceau avec son énergie propre, ses guitares, sa tension et cette manière de faire sonner l’indus de façon à la fois frontale et organique. Sincèrement, la reprise est absolument excellentissime, au point que je la préfère même à l’originale !
 

Poursuivons avec l’hypnotique What If I Fail?, que j’adore également ! La chanson est intégralement chantée par Seven, et c’est d’ailleurs l’une des grandes forces de Krystal System : que ce soit Bonnie ou Seven derrière le micro, le rendu vocal fonctionne à merveille. Il m’arrive assez souvent, dans ce genre de configuration, d’être davantage sensible à l’une des deux voix. Ici, rien de tout cela : les deux apportent quelque chose de fort, de complémentaire, et le résultat est excellent dans les deux cas. Une fois encore, Krystal System signe un refrain qui fait mouche, porté par une mélodie qui s’accroche immédiatement en tête. Côté texte, What If I Fail? aborde le doute sous la forme d’une métaphore maritime. Construire un bateau, lever l’ancre, affronter les tempêtes, les calmes plats et l’incertitude du voyage : tout semble parler d’un départ nécessaire, mais traversé par la peur de tomber, de se tromper de route ou de ne pas arriver à temps. Pourtant, malgré l’horizon vide, une phrase résume toute la force du morceau : “But still I’m sailing”. Malgré le doute, continuer à naviguer.


Déjà abordé lors de ma chronique consacrée au single Éclats Rouges, Skippy Bop mérite tout de même d’être replacé dans l’ensemble de Da Punch. Avec son ton grinçant et son refrain volontairement absurde, le morceau tourne en dérision un monde administratif et entrepreneurial déshumanisé, où tout semble passer par les tickets d’admission, les conditions d’adhésion, les dossiers imparfaits, la restructuration et le rendement optimum. Derrière son apparente légèreté, Skippy Bop cache une critique mordante du langage corporate et de ses formules toutes faites, comme si l’absurde devenait la seule réponse possible face à une machine qui broie les individus avec le sourire.

 

 

Terminons ce voyage musical avec Wonder Who?, qui s’ouvre sur une superbe introduction au piano (et se conclue de la même façon : frissons garantis) avant de basculer vers une ambiance plus synthétique. Le refrain se distingue notamment par un effet vocal cybernétique très original et parfaitement réussi, au point de donner presque l’impression d’entendre une présence mécanique prendre le relais. Clin d’œil volontaire aux êtres cybernétiques de Doctor Who ? Difficile à dire, mais l’effet fonctionne à merveille et apporte au morceau une vraie singularité.

La question “Wonder who is pulling the strings?” revient alors comme une idée fixe : qui tire réellement les ficelles ? Derrière l’apparente simplicité des paroles, le titre laisse planer une sensation plus trouble, presque liée aux mécanismes de l’inconscient. Entre joie, piqûres, mouvement permanent, vitesse et besoin soudain de tout arrêter, Wonder Who? semble interroger cette part invisible de nous-mêmes qui agit, décide, fuit ou se fige sans toujours se laisser comprendre. Une conclusion efficace, presque entêtante, qui clôt l’album sans apporter de réponse claire, mais en laissant résonner une dernière inquiétude.
 

Pour conclure, Da Punch est un excellent album de Krystal System, et même, à mes yeux, le meilleur du groupe. Aucun titre ne semble en dessous d’un autre : l’ensemble fait preuve d’une constance remarquable tout au long de ses 13 morceaux, sans baisse d’intensité ni passage dispensable. Je suis d’autant plus heureux de pouvoir enfin chroniquer un album de Krystal System, tant le groupe fait clairement partie de mes formations préférées. Avec Da Punch, Bonnie, Seven et Phi signent un retour puissant, inspiré et sans concession, à l’image d’un album qui porte décidément son nom à merveille.

 

Vous pouvez pré-commander Da Punch en format physique sur le site d'Alfa Matrix et en format numérique sur le Bandcamp d'Alfa Matrix également ! Vous pouvez suivre Krystal System via leur : site officiel, Facebook et YouTube !

 

 

5 juin 2026

LELEK – Andromeda : l’un des grands moments de l’Eurovision 2026

 

Il y a un peu moins d'un mois avait lieu l’Eurovision 2026, qui se déroulait à Vienne. Bon, je ne suis pas un aficionado de l’émission au point d’en suivre toutes les phases de très près : je me contente généralement de la finale, et encore, je ne la regarde pas toujours en entier. Mais j’aime beaucoup suivre cet événement, car il permet souvent de découvrir des artistes ou des groupes venus d’autres pays, vers lesquels on n’irait pas forcément spontanément.

Même si j’ai bien aimé la chanson victorieuse, Bangaranga de Dara, ainsi que REGARDE ! de Monroe, mes deux gros coups de cœur sont allés au groupe féminin d’ethno-pop LELEK, avec ANDROMEDA, et à Alexandra Căpitănescu avec Choke Me, dans un registre nu-metal.

 

 

Ayant des origines croates de par mon grand-père, je commence donc avec LELEK, un groupe très récent formé en 2024 à Zagreb. Il se compose actuellement de :

 

  • Inka Večerina Perušić
  • Judita Štorga
  • Korina Olivia Rogić
  • Lara Brtan
  • Marina Ramljak

 

J’ai trouvé la performance du groupe incroyablement hypnotique, puissante et esthétiquement sublime. Entre les images projetées en arrière-plan, les jeux d’ombres et de lumières, les flammes surgissant sur et autour de la scène, tout contribuait à créer une ambiance presque mystique. La chorégraphie était magnifique, portée par la présence scénique impressionnante des cinq femmes, à la fois intense, habitée et profondément charismatique.

Mention spéciale également aux faux tatouages reproduits avec soin sur le corps des chanteuses. Ces marques, composées de formes géométriques, de croix, de petits soleils et de lignes, renvoient aux sicanje : des tatouages chrétiens traditionnels portés notamment par les jeunes femmes croates catholiques de Bosnie-Herzégovine et de Dalmatie, jusqu’au XIXe siècle. Au-delà de l’esthétique, ce détail apporte une vraie profondeur symbolique à la prestation, comme si le groupe faisait remonter sur scène une mémoire ancienne, à la fois intime, spirituelle et collective. Je vous invite d’ailleurs à lire ce passionnant article expliquant davantage l'histoire des "sicanje" ou "bocanje"

 

Andromeda est donc un poème qui rend hommage à la force des femmes, tout en rappelant que leur liberté demeure, encore aujourd’hui, menacée. C’est un appel à ne pas laisser le passé dormir dans les livres d’histoire, mais à en tirer une force pour reconnaître les chaînes d’aujourd’hui et bâtir un avenir meilleur.

 

Actuellement, LELEK n’a pas encore d’album à son actif, seulement quelques singles disponibles. Mais après un tel passage en Grande Finale de l’Eurovision, j’espère sincèrement que cette belle exposition leur permettra de franchir un cap et, pourquoi pas, de nous offrir un premier album dans les mois à venir.

 

 

Au départ, je pensais consacrer un seul article à l’Eurovision, en y évoquant mes deux coups de cœur de cette édition. Mais finalement, plus j’avance dans l’écriture, plus une évidence s’impose : LELEK comme Alexandra Căpitănescu méritent chacun leur propre chronique. Rendez-vous donc très prochainement pour vous parler d’Alexandra Căpitănescu !

 

 Pour soutenir LELEK et suivre leurs prochaines actualités, retrouvez le groupe sur: Instagram et YouTube !

25 mai 2026

Unverkalt – Héréditaire : un album viscéral et cinématographique

 

En janvier dernier, je vous évoquais mon coup de foudre pour le groupe Unverkalt et leur single Oath Ov Prometheus, issu de l’album Héréditaire, paru au mois de février. Ayant eu quelques soucis de santé (tout n’est pas encore réglé), je me retrouve à rédiger cette chronique seulement maintenant. Alors, autant être sincère avec vous : ce n’est pas un style que j’ai l’habitude de chroniquer. Mais j’aime tellement cet album que je ne pouvais pas ne pas en parler. J’espère être à la hauteur de cet excellent opus d’Unverkalt, et surtout vous donner envie de l’écouter dans son intégralité.

 

À l’image de sa pochette, Héréditaire est une œuvre d’art saisissante, sombre et spectaculaire.

 

La première chose qui m’a frappé à l’écoute de l'album, c’est son immense richesse, autant sur le plan musical que vocal. Entre leurs racines grecques qui émergent sur Ænæ Lithi (ne me demandez pas de le prononcer, j’en suis bien incapable 😅) ou encore sur I, the Deceit, le groupe oscille parfaitement entre des moments de douceur et des montées de fureur. Et vocalement, Demetria impressionne par sa palette : des passages éthérés et chuchotés, avant de basculer sans prévenir dans des growls puissants. Elle m’a captivé sur l’ensemble des 9 pistes.

 

Cette démonstration artistique, avec toutes ces variations, est parfaitement illustrée dès le premier titre, Die Auslöschung (premier single dévoilé par Unverkalt). Le morceau démarre tout en douceur pendant plus d’une minute, porté par une Demetria à la fois fragile et aérienne, puis vient l’explosion vocale initiée par Eli, d’une efficacité redoutable sur fond de déchaînement musical à t'en retourner les tympans. Sa voix complète parfaitement celle de Demetria, et l’impact est immédiat. D'ailleurs, la chanteuse a expliqué à propos de ce titre qu’il est “à la fois sombre et immersif”, sculpté dans des textures noircies et un rythme presque hypnotique, canalisant un effondrement à la fois personnel et collectif. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti durant les six minutes de ce morceau. 

 

Mention spéciale pour le clip, d’une beauté incroyable. Et il faut aussi souligner que Themis signe des vidéos à l’esthétique extrêmement soignée, toujours aussi somptueuse.

 

 

 

Héréditaire se poursuit avec Oath Ov Prometheus (deuxième single de l’album). Je ne reviendrai pas dessus en profondeur, puisque j’en avais déjà rédigé une chronique. Mais ce titre est toujours aussi jouissif à écouter : aucune lassitude à l’horizon. De plus, je garderai toujours une affection particulière pour ce morceau, puisque c’est avec lui que j’ai découvert Unverkalt et, à la clef, un véritable coup de foudre musical !

 

 

 

Place à la troisième piste de l’album, Ænæ Lithi, qui puise dans les racines grecques du groupe, brillamment interprétée en anglais et en grec ! Cette chanson s’inspire d’une histoire vraie et tragique : celle du Grand Incendie de Smyrne qui a eu lieu en 1922 lors de la guerre gréco-turque et que la grand-mère de Themis lui racontait.

Dans une interview donnée à The MetalList sur YouTube, Themis raconte qu’il a composé ce morceau en même temps que la création de la pochette de l’album. Il explique aussi que cela faisait depuis très longtemps qu’il souhaitait mettre cette histoire en musique, dès le premier album, mais qu’il n’avait jamais trouvé la bonne approche musicale, car c’est une histoire vraie qui l’aide beaucoup, et qu’il voulait être à la hauteur. Il a cependant trouvé le bon moment pour la faire sur Héréditaire, et le fait d’avoir créé l’œuvre d’art de la pochette en même temps que la composition du morceau le rend très heureux. Sincèrement, je trouve cette chanson magnifique et poignante. 

 

On enchaîne l’exploration d’Héréditaire avec A Lullaby for the Descent, qui s’ouvre sur des notes de guitare acoustique, installant une atmosphère mélancolique durant les deux premières minutes, avant le retour de cette fureur vocale, assurée ici par Eli uniquement. De son côté, Demetria reste sur du chant clair et démontre une fois de plus l’étendue de ses talents.


Les guitares saturées sont un régal auditif et, par moments, elles semblent presque pleurer, rendant la chanson particulièrement émouvante. Sur le plan des paroles, le morceau est d’une noirceur poignante : il parle de l’absence, du désespoir et de ce vide qui aspire tout, comme si l’on se dissolvait dans le vide. Et dès le début, ce court passage en grec, “Μην φύγεις” (“Ne pars pas”), à peine audible, sonne comme un murmure discret qui donne le ton de la descente.

 

La chanson s’achève comme elle a débuté, sur des notes de guitare acoustique, cette fois rejointes par une guitare électrique, ce qui renforce encore la mélancolie du titre. C’est le morceau qui m’a le plus bouleversé, et il fait clairement partie de mes préférés de l’album.

 

 

Penumbrian Lament, cinquième piste de l’album, débute de façon lourde et froide, presque grave, avec un côté très post-black metal. L’ambiance est très cinématographique, j’imagine bien une héroïne hyper badass telle que Selene dans Underworld ou Alice dans Resident Evil débarquer de façon charismatique et déterminée, avant de dégainer les armes et de tout ravager sur son passage. Puis vient le déchaînement instrumental et vocal, marqué par le retour des growls de Demetria, avec Eli en renfort par moments.

 

Au bout de deux minutes, retour au calme pour un long passage que je trouve fascinant : l’ambiance reste lourde, avec un côté “bon gros rock”, une voix claire et écorchée, quelques passages chuchotés… sans pour autant délaisser des growls percutants et incisifs. Musicalement, j’ai été saisi par la présence, la puissance et la force de la batterie : ça décoiffe pleinement !

Du côté des paroles, le titre dresse le portrait d’une beauté abîmée, comme une œuvre d’art noircie, froide et pâle, dont les couleurs ont disparu. Unverkalt évoque le chaos, une guerre (réelle ou intérieure) et cette lumière qui faiblit jusqu’à nous mettre à genoux : on cherche une sortie, mais on reste pris dans le labyrinthe et, au final, il ne reste que la chute.

 

Introjects avait déjà eu droit à sa chronique à la sortie du single (à retrouver ici), donc je ne vais pas refaire la même analyse. Mais je tiens quand même à ajouter un détail : j’adore l’intro, portée par une ligne de basse vibrante et tranchante. C’est un véritable régal auditif !

 

 

Poursuivons notre exploration de ce merveilleux album avec I, the Deceit (feat. Sakis Tolis de Rotting Christ), le seul duo de l’album et la première collaboration d’Unverkalt avec un autre artiste ! Alors, je sais, je vais en faire bondir certains, mais je ne connaissais pas du tout Rotting Christ jusqu’à ce jour. Je crois que j’ai vu le nom passer une fois ou deux, mais c’est tout.

Mais en tout cas, quel plaisir de découvrir la voix de Sakis Tolis, qui fait des merveilles avec Demetria, et les deux s’accordent à la perfection ! Je redoutais un peu le côté duo, car j’ai l’impression que c’est devenu très monnaie courante dans le metal, un peu comme un “incontournable” pour beaucoup de groupes, et souvent je trouve le résultat déjà entendu (Within Temptation) ou ultra décevant et fade (Tarja feat. Dani Filth). Mais ici, j’ai été extrêmement agréablement surpris par la qualité de ce duo et du titre !

 

Sur le plan des paroles, I, the Deceit est un uppercut en pleine face ! Le titre pointe du doigt l’indifférence de celles et ceux qui laissent le monde s’effondrer et brûler (et ils sont malheureusement nombreux) non pas par ignorance, mais parce que cela les sert. Demetria explique d’ailleurs que la chanson porte le poids de cette cruauté devenue presque “ordinaire”, intime, comme si elle faisait partie du quotidien. Et musicalement, tout renforce cette sensation de plaie à vif : les guitares semblent palpiter de douleur, l’atmosphère est lourde et noire, et Sakis Tolis crache son mépris sur le refrain avec une intensité incroyable. Pourtant, au milieu de cette tempête, une fissure de lumière apparaît grâce au chant clair de Demetria, avec cette idée d’un cœur commun et d’une vérité encore possible. À noter aussi que certains passages de Sakis Tolis sont chantés en grec, ce qui renforce encore l’identité du morceau et l’ancre parfaitement dans les racines du groupe.

 

La chanson est, une fois de plus, magnifiquement mise en images par Themis. C’est le clip le plus épuré des quatre, mais il regorge toujours de métaphores et de symboles. Demetria apparaît notamment avec une sorte de voile en tulle et les yeux bandés, une image forte qui symbolise parfaitement ceux qui laissent le monde s’effondrer et brûler. Les textures rouges, presque incandescentes, m’ont d’ailleurs immédiatement fait penser à un monde qui explose, qui saigne, qui s’embrase sous nos yeux. Et la dualité entre ces séquences rouges et celles qui sont blanches renforce encore le contraste : comme une fissure de lumière au milieu du chaos, avec cette idée d’un cœur commun et d’une vérité encore possible. Sakis Tolis est également très présent dans le clip : d’abord figé, presque impassible, puis soudain explosif. Que ce soit dans l’ambiance blanche ou rouge, sa gestuelle et son interprétation imposent une tension brute, comme une colère qui ne cherche pas à se cacher.

 

 

Death Is Forever, avant-dernière piste de l’album, est probablement la chanson qui apporte une petite touche de douceur et de romantisme, même si la musique reste puissante et tranchante. C’est également le titre qui a la particularité d’être le plus court de l’album (4’50, contre 5 à 6 minutes pour le reste des chansons d’Héréditaire). C’est aussi l’un des morceaux les moins complexes de l’ensemble, avec un refrain d’une efficacité redoutable : “They rest their bones / They’re absorbed in the dirt / Death is forever / We stand here now / Look how we lay on the ground / Death is forever”.

 

Les couplets et le refrain sont répétés 2 à 3 fois, comme une sorte de mantra, rendant le morceau extrêmement envoûtant. Demetria déploie tout son talent de vocaliste, entre un sublime mélange de chant clair, éthéré et guttural, couplé à la puissance d’Eli et à l’effet d’un chœur en arrière-plan sur certains passages. Ce titre est un pur bonheur !

Côté texte, Death Is Forever est d’une lucidité glaciale. Le refrain martèle l’inévitable, tandis que l’image de “l’eau bénite” qui n’est même plus pure laisse une impression terrible : on cherche à se laver, à se sauver, mais rien n’efface vraiment la fin. Entre l’image des corps “absorbés par la terre” et celle du temps qui nous rend “plus froids, plus pâles, plus vieux”, le morceau laisse une sensation implacable, comme un verdict qu’on n’a pas envie d’entendre, mais qu’on ne peut pas contester.

 

Le voyage musical s’achève avec Maladie de l’Esprit, qui offre les derniers instants de frissons, de douce mélancolie et de rage ultime, et referme à la perfection Héréditaire. L’introduction s’ouvre de façon dramatique sur des notes de bouzouki (du moins, c’est ce qu’il me semble), ce qui rend le morceau ultra captivant dès les premières secondes. Demetria nous cueille une dernière fois avec douceur, apportant une certaine sérénité au premier couplet, avec cette ligne de basse profondément vibrante et ces notes de guitares électriques lointaines : j’en ai eu la chair de poule !

 

Puis tout monte progressivement en puissance à partir du refrain : “Oh aching heart, where are you tonight? / (Oh aching heart, where…) / Oh aching heart, where are you tonight? / You were meant to be that way”, avec la batterie lourde et percutante, les guitares et la basse qui accélèrent de plus en plus. Puis retour au calme avec un effet vocal qui donne l’impression de surgir d’outre-tombe, avant un déchaînement total et maîtrisé pour la dernière partie, qui s’achève sur un merveilleux “Can we make it better? / Better…” en boucle, d’abord porté par Demetria, puis rejoint par Eli.

 

Les paroles de Maladie de l’Esprit racontent une descente intérieure étouffante, faite de mensonges, de repères perdus et de vieilles blessures qui serrent encore trop fort.. Mais au milieu de cette noirceur, le refrain revient comme un mantra, fragile et précieux : “Soon and very soon tears shall dry” (Bientôt, et très bientôt, les larmes sécheront.)

 

Pour conclure cette chronique, Héréditaire est un album monstrueux, il est plus qu'un coup de coeur et c'est l’un des meilleurs que j’ai écoutés à ce jour ! Il jouit d’une richesse incroyable à tous les niveaux : musical, vocal et culturel. J’ai lu que le groupe avait poussé davantage l’expérimentation sur cet album, et cela se ressent pleinement, tout en gardant une très forte cohérence entre les morceaux. Ce sont ces différentes facettes offertes par le groupe qui m’ont totalement conquis et qui ont renforcé le coup de foudre que j’ai eu pour eux en début d’année ! Au fil des différentes écoutes que j’ai effectuées pour rédiger cette chronique, je me suis rendu compte que mes titres préférés changeaient systématiquement. Il m’est totalement impossible de choisir un ou deux morceaux plutôt que d’autres, tant l’album se montre cohérent et inspiré dans son ensemble. 

 

Un immense bravo à Unverkalt pour ce magnifique travail et ce merveilleux album, à Demetria pour la pureté et la puissance de son incroyable voix (qui fait désormais partie de mes chanteuses préférées), à Eli pour sa fureur vocale, ainsi qu’à Themis pour son travail artistique grandiose !

 

Je vous mets en bonus le Live Studio Performance du titre Oath Ov Prometheus, que je trouve vraiment excellent. Joscha y rejoint Demetria et Eli pour les chœurs gutturaux, et cette performance m’a collé de gros frissons, mais m’a également donné une envie folle d’assister à l’un de leurs concerts ! Enjoy !

 

 

Soutenez Unverkalt et retrouvez leur actualité sur leur site officiel, Facebook, Instagram, BandcampTikTok et YouTube

Leur merchandising est disponible sur leur shop officiel et via le site Season of Mist 

 

 

 

 

Unverkalt et Sakis Tolis. © Silvio Pelegrin

15 mai 2026

Le Garçon de l’Automne – Ode to the Lost : un voyage entre mythes, deuil et renaissance

 

 

Magnifique. C’est le premier adjectif qui m’est venu à la fin de ma première écoute d’Ode to the Lost, le dernier album de Le Garçon de l’Automne.

Déjà, je trouve la pochette toujours aussi sublime : elle reste, pour moi, parmi les plus belles de ces dernières années. Je suis totalement fan de ses couleurs pastel et de son visuel, à la fois doux et évocateur.

 

L’album s’ouvre de façon magistrale avec Blue Souls, chanté en anglais qui aborde le thème de la résilience : peu importe ce qu’on traverse, on se relève, les âmes meurtries “reviennent à la vie”. Ce morceau m’a aussi permis de découvrir Alexia (Wegferend, Ilum Sin) : sa voix, cristalline et profondément touchante, donne à l’album un départ absolument idéal. Ode to the Lost ne pouvait pas mieux commencer.

 

On enchaîne avec L’Ankou, premier single révélé par Quentin en octobre dernier. Une chanson en hommage à l’une des figures majeures de la mythologie bretonne : le serviteur de la Mort, chargé de collecter les âmes des défunts. Le morceau est très dynamique, porté par une ambiance gothique relevée d’airs celtiques. C’est une chanson fascinante, l’une de mes préférées de l’album, et les chants des enfants (Ismaël & Arielle Caspani) sur le refrain final sont de toute beauté.

 

 

Avec Et Gris, Quentin aborde l’amour impossible entre deux personnes : ce genre d’histoire dramatique qui existe depuis l’aube des temps et continue d’exister. Un amour qui fait naître mille futurs possibles pour mieux les laisser s’éteindre. Tout se dissout doucement, jusqu’à cette image poignante des “yeux bleus” qui perdent leur éclat, comme un espoir qui se décolore. 

 

On enchaîne avec Sirventes, l’un de mes titres préférés de l’album ! À l’origine, un sirventes est une sorte de poème chanté par des troubadours au Moyen Âge, entre le XIIe et le XIIIe siècle, principalement dans le sud de la France. Un genre délibérément politique et satirique, écrit pour dénoncer la corruption, la cupidité ou l’orgueil.

Mais ici, Quentin s’en empare pour évoquer des violences physiques et psychologiques qu’il a subies. Il écrit dans le livret que cela venait “d’une personne qui voulait qu’il la traite comme une princesse”, et lui dédie ce sirventes avec une ironie amère. Je trouve que c'est remarquablement bien écrit, tout en finesse et en élégance

 

Nous poursuivons notre voyage musical avec When the Wind is Alone, un joli titre entièrement chanté en anglais. Il raconte une attente tragique : une femme, Lily, guette le retour de l’homme qu’elle aime, parti en mer… mais le vent n’apporte aucun signe, aucun son, aucune nouvelle. Tout reste suspendu, comme si la mer avait avalé l’espoir avec lui. Quentin en avait composé la base début 2020, avant de la mettre de côté. Le morceau a finalement été repris et retravaillé en 2024, avec de nouveaux arrangements et de nouvelles paroles.

 

 

Le morceau suivant, She is the Sea, est l’un des titres les plus émouvants de l’album. Cette chanson est liée au deuil de sa grande sœur, décédée d’un cancer. Quentin a également fait appel au groupe Emian sur She is the Sea, une collaboration qui sublime magnifiquement le morceau. C’est un véritable chef-d’œuvre de plus de neuf minutes, quasi instrumental, qui me rappelle Cesair dans sa première partie.

La seconde moitié, elle, m’a complètement transporté : on y entend un texte en breton, traduit par E. Morice, porté par une ambiance qui sonne très Alan Stivell. Et l’utilisation de la harpe y est pour beaucoup : elle donne à l’ensemble une grâce et une profondeur bouleversantes.

 

La piste suivante, Baba Yaga, est également l’une de mes chansons préférées, et le titre m’intriguait énormément avant même l’écoute. Baba Yaga est une figure marquante de la mythologie slave, que j’avais déjà croisée dans le jeu vidéo The Witcher 3, dans la saison 2 de la série The Witcher, et même à travers Yubaba dans Le Voyage de Chihiro, personnage dont elle est clairement inspirée.

Je trouve le morceau magnifique, porté avec brio par Sophie Le Ray, une très bonne amie bulgare de Quentin, qui a également écrit les paroles. Cela m’a permis de retrouver le bulgare, une langue que j’avais déjà entendue avec The Mystery of the Bulgarian Voices, notamment lors de leur collaboration avec Lisa Gerrard, et j’adore. Cela m’a aussi donné envie de replonger dans cette culture musicale, fascinante et trop peu mise en avant.

 

S’ensuit la magnifique Emma’s Waltz, un titre instrumental, air traditionnel finlandais, et l’un des premiers morceaux sur lesquels Quentin s’est entraîné à jouer de la vielle. Pour l’occasion, il a invité Guillaume Levy, qui intervient au bodhrán, à la mandoline et au bouzouki irlandais, rendant le morceau particulièrement riche sur le plan instrumental. Une collaboration qui sonne naturellement, comme si ce titre avait toujours fait partie de leur univers. 

 

 

Le neuvième titre d’Ode to the Lost, Ars Moriendi, est très certainement l’un de mes morceaux préférés, notamment pour son côté profondément mystique. Dès l’introduction, le chant d’un chœur masculin m’a totalement happé : il m’évoque des chants grégoriens, mais aussi ceux qu’on entend souvent dans les films fantastiques, et j’ai eu des frissons dès les premiers instants.

Ars Moriendi signifie “l’art de mourir” : Quentin se réfère ici à des textes du XVe siècle, conçus comme des guides expliquant comment “bien mourir”, notamment en rejetant les tentations au moment de quitter ce monde. Le passage est déclamé en latin, ce qui confère une dimension incantatoire une dimension incroyablement incantatoire au morceau et le résultat est vraiment somptueux !

 

Le dixième titre, Koppije, est une sublime chanson a cappella, aussi intrigante que captivante. Comme indiqué dans le livret, il s’agit d’un chant traditionnel arbëreshë, une communauté d’origine albanaise installée en Italie depuis les XVe et XVIe siècles. C’est une chanson d’amour dans laquelle un homme demande la main d’une femme.

Adorant les morceaux a cappella, celui-ci fait clairement partie de mes préférés de l’album : Quentin y réalise un travail vocal remarquable.

 

Je ne reviendrai pas en détail sur Le Chant du Cygne, ni sur Above the Lake, puisque j’ai déjà partagé mon avis à leur sujet dans mes chroniques dédiées (à retrouver ici et ici). En revanche, une chose ne change pas : je ne m’en lasse toujours pas depuis leur sortie en single, et leur place dans l’album prend encore plus de sens dans l’ensemble.

 

 

L’album se conclut sur la très belle Rising, offrant un final lumineux qui porte son nom à la perfection ! Dans le livret, Quentin décrit ce morceau comme une véritable élévation : la rencontre d’un amour “vrai” qui te fait tout reconsidérer, comme si tu ouvrais les yeux pour la première fois. Une conclusion qui n’efface pas les ombres traversées auparavant, mais qui les transforme, en laissant Ode to the Lost sur une sensation de renaissance et d’apaisement total.

 

Pour conclure cette chronique, Le Garçon de l’Automne nous offre un sublime deuxième album, après Leaves Are Falling (sorti en 2020) et son EP Prelude to Farewell (sorti en 2024), dont j’avais rédigé une chronique ici. Ode to the Lost est extrêmement poétique, touchant et d'une richesse musicale et culturelle vraiment fascinante. On en ressort remué, parfois bouleversé, mais aussi avec une sensation d’apaisement. Mes gros coups de cœur restent She is the Sea, Sirventes, Baba Yaga, Kopije et Ars Moriendi mais aucun titre ne m'a déçu, ils sont tous très bons. Je le recommande à celles et ceux qui aiment les albums qui racontent, qui font voyager, et qui ne laissent pas indifférent. Un grand bravo à Quentin pour cet excellent travail, et merci pour ce sublime voyage.

 

Vous pouvez suivre et soutenir Le Garçon de l'automne sur Facebook, InstagramBandcamp et Patreon

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13 février 2026

Interview – A Tergo Lupi (FR/EN)

 

 

Aujourd’hui est un jour un peu particulier pour moi, car je partage avec vous la seconde interview publiée sur Aux Notes Enchantées.


En 2017, le groupe Cesair m’avait fait l’immense gentillesse de m’accorder la toute première interview du blog. Et en cette année 2026, c’est avec une vraie fierté que je vous propose celle réalisée avec A Tergo Lupi, qui a eu la générosité de répondre à mes questions.

 

J’ai découvert le duo italien en 2022. Ce fut un coup de cœur immédiat, qui ne s’est jamais démenti et qui, au contraire, s’est renforcé au fil des années.

 

J’avais très envie d’en apprendre davantage sur eux : la signification d’A Tergo Lupi, leur parcours musical avant ce projet, leur processus créatif. Je leur ai donc proposé de répondre à quelques questions, une invitation qu’ils ont acceptée avec une grande bienveillance.

 

Avant de vous laisser découvrir cet échange, un immense merci à Fabio et Camilla pour leur temps, leur bienveillance et la précision de leurs réponses.

 

Installez-vous confortablement, les réponses qui suivent méritent une lecture attentive. 


Pour ne léser personne, je publie la version originale en anglais sous la traduction française. (Original English version below.)

 

 

1. Pour celles et ceux qui vous découvrent à travers cette interview, pouvez-vous vous présenter brièvement ?


Salut Steeve !
Tout d’abord, merci pour cette interview. Nous sommes Fabio et Camilla, partenaires dans la vie comme dans le projet musical et visuel A Tergo Lupi.
Nous sommes italiens et vivons au pied des montagnes des Apennins.

 

 

 

 

2. Que signifie A Tergo Lupi, et pourquoi avoir choisi un nom aussi évocateur ?


« A Tergo Lupi » provient d’un adage latin :
« A fronte praecipitium, a tergo lupi »
« Devant toi, le précipice ; derrière toi, les loups. »

 

À l’époque, nous n’avions pas encore pleinement conscience de ce que nous étions en train de construire. Lorsque nous avons dû choisir un nom pour le projet, nous traversions une période d’incertitude. Ces mots semblaient parfaitement capturer notre état d’esprit et convenaient à un projet qui ne faisait que commencer, malgré les difficultés.

 

Même aujourd’hui, avec le recul du temps, ce nom reste pour nous à la fois un avertissement et un encouragement. Il nous rappelle que les solutions faciles, les chemins confortables ou les passés déjà résolus sont rares. On ne peut pas toujours sauter par-dessus les précipices, mais on peut faire face aux loups.

 

3. Comment le projet est-il né ? Qui en a été à l’initiative et qu’est-ce qui a déclenché votre envie de créer ensemble ?


Nous avons commencé à faire de la musique ensemble pour nous-mêmes lorsque nous nous sommes rencontrés en 2011. Nous avions toujours eu envie de créer quelque chose à deux.

 

Les débuts plus sérieux remontent à 2017, peu avant la naissance d’A Tergo Lupi. À cette période, nous sommes tombés amoureux d’instruments comme la tagelharpa et les tambours sur cadre. Il y avait énormément d’inspiration dans l’air, liée à l’émergence d’un nouveau genre musical que nous ressentions presque physiquement. En parallèle, notre désir et notre besoin de faire de la musique n’avaient jamais été aussi forts.

 

Camilla travaillait déjà comme luthière (avec Ebanisteria Musicale C.M. Ferrari), et nos premières compositions ainsi que nos premières vidéos ont été créées pour présenter ses instruments sur YouTube et d’autres plateformes sociales. Très rapidement, cela a évolué vers quelque chose de plus vaste.

 

 

 

4. Quels étaient vos parcours artistiques avant A Tergo Lupi ?

 

Fabio :


J’ai ressenti le besoin de faire de la musique aussi loin que je me souvienne. Enfant, j’adorais inventer des rythmes et des mélodies en utilisant tout ce qui me tombait sous la main (claviers, boîtes, casseroles…), que j’enregistrais sur un vieux magnétophone à cassettes.

 

À la fin des années 90 et au début des années 2000, j’ai eu accès à des logiciels de production musicale, ce qui m’a permis de faire mes premiers pas dans la création musicale à proprement parler.

Les années suivantes, j’ai continué à produire de la musique par plaisir, en explorant de nombreux genres.

 

Entre 2006 et 2010, j’ai fait partie d’un groupe rock/alternatif/électronique en tant que claviériste et programmeur. Ce fut sans doute l’expérience la plus formatrice et la plus enrichissante avant A Tergo Lupi. Elle m’a permis d’apprendre et d’affiner des techniques d’enregistrement et de mixage, tout en prenant énormément de plaisir à jouer sur scène.

 

Camilla :


J’ai commencé à étudier la musique très jeune. J’ai eu la chance de naître dans une famille de musiciens et de passionnés de musique. Mon parcours a d’abord été centré sur les instruments à vent (cuivres et flûte), que je jouais dans l’harmonie de ma ville, avant de s’ouvrir à d’autres instruments et univers musicaux.

 

À l’adolescence, je suis entrée au conservatoire pour étudier le piano, où j’ai passé plusieurs années. C’est durant cette période que j’ai commencé à composer mes premières pièces. Aujourd’hui encore, le piano reste l’instrument sur lequel je m’appuie toujours pour composer.

 

Je dois beaucoup à ma formation classique, tout autant qu’aux nombreux musiciens merveilleux que j’ai rencontrés, aussi bien dans ce cadre qu’en dehors.

 

Après quelques expériences plus modestes, auxquelles je reste très attachée, j’ai commencé à expérimenter différentes choses avec Fabio lorsque nous nous sommes rencontrés en 2011.

 

5. Quelles influences (musicales, culturelles ou spirituelles) nourrissent votre univers ?


Bien sûr, une influence importante sur notre musique vient du neofolk. Nous avons une longue liste de groupes, musiciens et projets que nous aimons, mais nous mentionnons toujours Einar Selvik en premier. Son travail a été, et demeure, le plus lumineux de tous.

 

Nous puisons également notre inspiration auprès de nombreux artistes qui ne sont pas nécessairement proches (voire très éloignés) de notre style, mais qui sont fondamentaux pour nourrir notre travail et nous pousser à toujours progresser. Ces influences évoluent avec le temps, mais parmi nos références communes intemporelles figurent Nine Inch Nails, Tool, Nick Cave, Rammstein, Ataraxia, et bien d’autres.

 

6. Comment se déroule généralement la création d’un morceau chez vous ? Partez-vous des paroles, d’un rythme, d’une émotion ?


Souvent, nos morceaux naissent d’un besoin d’exprimer, de communiquer et de traduire en musique quelque chose qui nous hante, nous tourmente ou reste présent dans notre esprit (parfois même de façon positive).

 

Concrètement, nous n’avons pas de point de départ défini : certains morceaux commencent par des rythmes, d’autres par des mélodies improvisées ou intuitives, ou encore par des sons et des atmosphères.

Aujourd’hui, grâce à nos smartphones, nous avons la chance d’avoir toujours un enregistreur à portée de main, et il nous arrive de capturer des idées aux moments et dans les lieux les plus inattendus.

 

Jusqu’à présent, nous ne sommes jamais partis des paroles, car pour nous, les mots suivent un processus particulier.

 

7. Travaillez-vous toujours ensemble, ou certaines idées émergent-elles séparément avant d’être réunies ?


Nous pourrions dire que toutes nos idées commencent séparément, mais elles sont toujours développées ensemble.

 

8. Vous utilisez plusieurs langues dans vos chansons (anglais, italien, islandais, suédois, latin). Comment choisissez-vous la langue d’un morceau ? Est-ce instinctif, symbolique, ou lié au thème ?


Dans notre processus créatif, les paroles arrivent presque toujours en dernier.

 

La structure musicale vient généralement en premier, et peut déjà inclure les lignes vocales. Nous consacrons énormément de temps aux mélodies chantées, rejetant d’innombrables idées jusqu’à trouver celle qui répond à nos attentes et exprime au mieux le sens, l’atmosphère et les émotions que nous cherchons à transmettre.

 

Durant cette phase, nous utilisons souvent des mots provisoires, inexistants, car nous souhaitons privilégier les sonorités, les voyelles, les consonnes et les rythmes syllabiques les plus adaptés. Nous essayons de traiter la voix comme un instrument qui s’intègre et s’entrelace avec les autres, plutôt que comme un élément posé au-dessus.

 

Les paroles sont ensuite écrites sur cette base. Elles doivent non seulement transmettre ce que nous voulons exprimer, mais aussi respecter des critères très exigeants de sonorité, de rythme et de structure. C’est en tout cas vers cela que nous tendons, et cela demande beaucoup de temps.

 

Parfois, nous choisissons une langue plutôt qu’une autre parce que ses sonorités et ses structures s’accordent mieux au morceau et permettent d’exprimer plus efficacement ce que nous voulons transmettre musicalement.

 

Il existe aussi des exceptions, comme « Wind Kommt » ou « Kominn Heim », pour lesquelles nous avons choisi des langues que nous aimons (l’allemand et l’islandais) avant même d’écrire les paroles. Bien sûr, il y a de nombreuses autres langues magnifiques que nous aimerions utiliser, mais dans la limite de nos capacités, nous sélectionnons celles pour lesquelles nous pensons pouvoir atteindre une bonne prononciation, avec l’aide de locuteurs natifs.

 

« Anma » et « Préia » ont été chantées dans nos dialectes respectifs, qui font profondément partie de nous, mais qui disparaissent malheureusement peu à peu. Comme beaucoup d’autres langues et dialectes locaux, ils sont fragilisés. Nous avons voulu leur rendre hommage en tant que patrimoine culturel fragile et lien avec nos racines.

 

 

 

 

9. Que représente Howl pour vous ? Est-ce un album de rupture, de renaissance, ou une nouvelle étape dans votre parcours artistique ?


Pour nous, Howl représente une étape supplémentaire dans le chemin entamé avec Hide.

 

10. Chaque single dévoilé jusqu’à présent (In Veins, Heimweh, Furia) possède une identité très forte. Comment avez-vous abordé la cohérence globale de l’album ?


Il est peut-être amusant de savoir qu’après avoir terminé Furia, nous avons mis de côté (voire abandonné) cinq morceaux qui étaient pourtant déjà bien avancés, fruits de plusieurs mois de travail. Nous ne les trouvions plus cohérents avec la direction que nous avions décidé de suivre, et nous avons donc choisi de repartir de zéro.

 

Cela dit, pour répondre plus précisément à la question, nous ne travaillons pas sur l’album dans son ensemble. Chaque morceau demande du temps et une réflexion approfondie, et nous préférons nous y consacrer pleinement, en immersion totale, jusqu’à ce qu’il prenne complètement forme.

 

De cette manière, il nous arrive de travailler sur différents morceaux à plusieurs mois d’intervalle, même s’ils sont tous destinés à faire partie du même album.

 

Howl a nécessité environ deux années de travail et est le résultat d’un cheminement linéaire, plutôt que d’un thème central unique.

 

 

 

 

11. Comment décidez-vous qu’un morceau devienne un single pour A Tergo Lupi ? Est-ce un choix instinctif ou réfléchi ?


Nous dirions qu’il s’agit avant tout d’un choix instinctif. Nous sélectionnons les morceaux que nous estimons les plus représentatifs de ce que nous faisons à un moment donné.

Dans le cas de Furia, Irae et Chimera, ces titres étant étroitement liés et conçus comme une sorte de « voyage en trois parties », nous tenions particulièrement à les relier également à travers leurs vidéos respectives.

 

12. Y a-t-il un morceau de Howl qui a été particulièrement complexe à composer ou à finaliser ? Si oui, pourquoi ?


Nous dirions probablement Chimera. Pour créer les chœurs, nous avons dû enregistrer un très grand nombre de voix. Malheureusement, même lorsqu’il s’agit de chœurs importants, les voix sont toujours exclusivement les nôtres, ce qui implique un travail considérable.

Nous aimons intégrer des chœurs dans presque tous nos morceaux, mais dans ce cas précis, ils traversent l’intégralité de la chanson. Il a donc fallu trouver de nouvelles approches pour les gérer à la fois dans l’arrangement et dans le mixage.

 

 

 

13. Comment choisissez-vous les lieux où vous tournez vos clips ? S’agit-il d’endroits que vous connaissez déjà, ou partez-vous en repérage à la recherche de paysages en résonance avec l’âme de vos chansons ?


Nous consacrons beaucoup de temps à la recherche de lieux susceptibles de devenir le décor idéal pour nos idées. Nous nous rendons physiquement sur place pour effectuer des repérages, prendre des photos et filmer des essais afin de voir comment les paysages rendent à l’écran. Nous analysons également la lumière selon les conditions météorologiques et les différents moments de la journée.

 

Au fil du temps, nous avons eu la chance de découvrir des endroits que nous aimons et où nous prenons plaisir à revenir. Mais nous ne cessons jamais d’explorer, surtout lorsque nous cherchons des lieux capables de raconter, d’exprimer et de se connecter profondément au morceau que nous voulons représenter.

 

Étant seulement deux, nous devons aussi tenir compte de la faisabilité : atteindre ces lieux en transportant notre matériel, nos costumes et nos instruments.

 

Les vidéos de Furia et Irae, par exemple, ont nécessité de nombreux trajets à pied, chacun portant entre 20 et 30 kg (costumes, équipement vidéo, instruments, nourriture…), sur des sentiers de montagne ni courts ni faciles.

 

Nous devons donc toujours planifier plusieurs allers-retours et organiser soigneusement les scènes à tourner, en tenant compte de la météo.

 

14. Quelle est la prochaine étape pour A Tergo Lupi ? Envisagez-vous une tournée ou peut-être d’ouvrir pour un artiste ou un groupe qui vous inspire ?


Malheureusement, pour le moment, il ne nous est pas possible de planifier des concerts en raison de problèmes de santé affectant l’un d’entre nous.

 

Nous ne savons pas encore quand ni comment nous pourrons recommencer à envisager des performances live, mais nous espérons en avoir l’opportunité à l’avenir.

 

Pour l’instant, nous nous concentrons sur la prochaine vidéo.

 

15. Avez-vous un message pour vos fans, notamment votre public français, ainsi que pour celles et ceux qui vous découvriront à travers cette interview ?


Il est toujours difficile de trouver les mots justes pour exprimer à quel point nous sommes heureux de la présence, du soutien et de l’amour que nous avons reçus jusqu’à présent. Le public français nous a toujours fait sentir aimés, et nous sommes profondément reconnaissants pour ce cadeau.

 

Nous avons même eu la chance de rencontrer de véritables amis en chemin, ce qui n’a pas de prix.

 

Nous souhaitons remercier toutes celles et ceux qui écoutent notre musique, qui nous suivent, nous soutiennent et restent proches de nous, toutes les personnes qui apprécient notre travail : merci du fond du cœur.

 

À celles et ceux qui nous découvriront à travers cette interview, nous ne pouvons que vous remercier si vous décidez de donner une chance à nos chansons ; cela signifie énormément pour nous. Nous espérons sincèrement que vous apprécierez notre musique. 😊

 

16. Et enfin, que peut-on vous souhaiter pour 2026 ?


Nous travaillons actuellement sur une nouvelle vidéo.

Nous espérons également pouvoir reprendre certaines collaborations que nous avions mises en pause pendant la réalisation de l’album.

 

Un immense merci à vous deux pour le temps que vous avez accordé à cette interview. Je vous suis profondément reconnaissant pour votre générosité et votre disponibilité.


Merci encore à vous !

 

Retrouvez et suivez l'actu d'A Tergo Lupi sur leur : Site officiel Facebook, Instagram, Bandcamp et le Shop

 

À lire aussi sur Aux Notes Enchantées :

 

Ma chronique de l’album Howl : ici

Ma chronique de l’album Hide : ici

 

 

 

 

 

 

English version below

 

1.    Hello Fabio and Camilla !  Could you briefly introduce yourselves for those who are discovering you through this interview ?


Hi Steeve ! First of all, thank you for this interview. We're Fabio and Camilla, partners in life and in the music/visual project A Tergo Lupi. We're Italian, we live at the foot of the Apennines mountains.

 

 

2.    What does A Tergo Lupi mean, and why did you choose such an evocative name ?

 

“A Tergo Lupi” comes from a Latin saying : “A fronte praecipitium, a tergo lupi”: in front of you, the precipice; behind you, the wolves. 

 

At the time, we weren’t yet fully aware of what we were building. When we had to choose a name for the project, we were going through a period of uncertainty. These words seemed to capture how we felt and felt appropriate for a project that was just beginning, despite its difficulties.

 

Even now that time has passed, the name stay with us as both a warning and encouragement. It reminds us that easy solutions, comfortable paths or resolved pasts, are rare. You can’t always jump over cliffs, but wolves can be faced.


3. How was the project born? Who initiated it, and what sparked your desire to create together ?

 

We started making music together just for ourselves when we met in 2011, we had always wanted to create something together.


A more serious beginning can be traced back to 2017, shortly before the birth of “A Tergo Lupi.”
At that time, we fell in love with instruments like the tagelharpa and frame drums. There was so much inspiration in the air for a new genre that was evolving, we could feel it physically. Alongside this, our desire and need to make music had never been stronger than it was in that moment.

 

Camilla was already working as instrument maker (with « Ebanisteria Musicale C.M. Ferrari ») and our first songs and videos were created to show her instruments through YouTube and other social channels. Very quickly, this evolved into something more.


4. What were your artistic backgrounds before A Tergo Lupi ?


Fabio:

 

I’ve had a need to make music ever since I can remember. As a child, I loved inventing rhythms and melodies, using whatever was at hand (keyboards, boxes, pots and pans) and recording them on an old cassette recorder.


Around the late ’90s and early 2000s, I got access to some music production software, which allowed me to take my first steps into actual music production.
In the following years, I continued producing music for fun, exploring all kinds of genres.


Between 2006 and 2010, I was part of a rock/alternative/electronic band as a keyboardist and programmer. It was perhaps the most formative and enjoyable experience before A Tergo Lupi. It allowed me to learn and refine recording and mixing techniques, while also having a great time performing live.

 

Camilla:

 

I started studying music at a young age, I was lucky to be born into a family of musicians and music lovers. My learning path initially focused on wind instruments (woodwinds), which I played in my town’s band, but it soon moved towards other instruments and music.


As a teenager, I entered the conservatory to study piano, where I spent several years, and it was during this time that I began trying my hand at composing my first pieces. The piano is still today the instrument I always rely on for composing.


I owe a lot to classical studies, and equally so to the many wonderful musicians I have met both inside and outside that context.


After a few small experiences that I still cherish, I began experimenting with different things together with Fabio when we met in 2011.

 

5. Which influences (musical, cultural, or spiritual) nourish your universe?


Of course, an important influence on our music comes from neofolk. We have a long list of bands, musicians, and projects that we love, and we can’t help but always mention Einar Selvik first. His work has been, and still is, the brightest of all.


We also have many sources of inspiration, including musicians and artists who aren’t closely related (or even distant) to our style, yet are fundamental in nourishing our work and pushing us to always strive for improvement and growth. These influences may change over time, but some of our timeless shared favorites include Nine Inch Nails, Tool, Nick Cave, Rammstein, Ataraxia, and more.

 

6. How does the creation of a track usually unfold for you? Do you start from lyrics, rhythm, an emotion ?

 


Often, our songs are born from the need to express, communicate, and translate into music something that is haunting, tormenting us, or lingering in our mind (even in a positive way, sometimes).
Concretely, we don’t have a defined starting point: some songs begin with rhythms, others with improvised or intuited melodies, or even from sounds and atmospheres.


Nowadays, we’re fortunate enough to always have a recorder with us thanks to our smartphones, and sometimes we find ourselves recording ideas at the most unexpected times and places.
So far, we’ve never started from the lyrics, because for us, the words follow a particular process.

 

7. Do you always work together, or do some ideas emerge separately before being combined ?

 


We could say that all our ideas start out separately, but are always developed together.

 

8. You use several languages in your songs (English, Italian, Icelandic, Swedish, Latin). How do you choose the language of a piece? Is it instinctive, symbolic, or linked to the theme ?


In our creative process, the lyrics almost always come at the end.
Usually, the musical structure comes first, which may already include the vocal melodies. We spend an enormous amount of time on vocal lines, discarding countless ideas until we find the one that answers our questions and best expresses the meaning, the atmosphere, and the emotions, in short, what we are trying to communicate.


During this phase, we often use provisional, non-existent words because we want to prioritize sound, vowels, consonants, and syllabic patterns that feel most appropriate. We try to treat the voice as an instrument that fits in and intertwines with the other instruments in the song, rather than as something layered on top of them separately.


Based on this, the lyrics are then written. They must not only convey what we are trying to communicate with the song but also meet often very stringent criteria of sound, vowels, rhythm, and consonants.
At least, this is what we strive for, and it requires a lot of time.


Sometimes we choose one language over another because we feel its sounds, structures, and characteristics blend better into the song, allowing it to express more effectively what we want to convey musically.


There are also exceptions, such as «Wind Kommt» or «Kominn Heim», for which we chose languages we love (German and Icelandic) even before writing the lyrics. Of course, there are many other beautiful languages we would love to use, but within the limits of our abilities, we try to select those for which we believe we can achieve good pronunciation (with the assistance of native speakers).


“Anma” and “Préia” have been sung in our respective dialects, which are a very profound part of us but, unfortunately, are rapidly disappearing today. This fate has affected many local languages and dialects in recent years. We wanted to pay homage to ours as a fragile cultural heritage and as a bond with our roots.


9. What does Howl represent to you? Is it an album of rupture, rebirth, or a new stage in your artistic path ?


For us, it represents a step forward in the journey that began with Hide.

 

10. Each single released so far — In Veins, Heimweh, Furia — has a very strong identity. How did you approach the overall coherence of the album ?


It might be funny to know that, after finishing Furia, we took five songs that were already well on their way to being completed, the fruit of months of work, and “trashed” them, because we no longer felt they were consistent with the direction we had decided to take, and we chose to start again from scratch.


But we understand the intent of the question, and the reality is that we don’t work on the entire album as a whole. Each song requires time and thought, and we prefer to work on it in full immersion until it takes shape completely.


In doing so, we often find ourselves working months apart on different songs, even though they will all be part of the same album.


Howl took about two years to be made and is the result of a linear path rather than a central theme.

 

11. How do you decide which track becomes a single for A Tergo Lupi? Is it an instinctive or a deliberate choice?


We would say it’s a more instinctive choice,  we choose the songs that we feel are most representative of what we’re doing at that moment.
In the case of Furia, Irae, and Chimera, being strictly connected and conceived as a sort of “three-part journey,” we were particularly keen to link them also through their respective videos.

 

12. Is there a track on Howl that was particularly complex to compose or finalize? If so, why ?


We would probably say Chimera. To create the choirs, we had to record a really large number of voices. Unfortunately, even in the case of large choirs, the voices are always and only ours, so we have to work on them a lot. We like to include choirs in almost all of our songs, but in this case, they run through the entire song, and we had to find new approaches to managing them in the arrangement and mix.

 

13. How do you choose the locations where you film your music videos? Are they places you already know, or do you scout specific landscapes that resonate with the soul of your songs ?


We spend a lot of time looking for places that can serve as the right setting for our ideas, physically visiting locations to scout them taking test photos and footage to see how they come across on camera, and analyzing the light under different weather conditions and at various times of the day.


Over time, we’ve been fortunate to find places that we love and where we enjoy returning, but we never stop exploring, especially when searching for locations that can tell, express, and connect more deeply to the song we’re trying to represent.


Since there are only two of us, we also have to consider the feasibility of reaching these places while carrying our equipment, costumes, and instruments.


Videos like those for Furia and Irae involved numerous trips on foot, carrying 20–30 kg each, including costumes, video equipment, instruments, and food… over mountain paths that were neither short nor easy.


We therefore always have to plan multiple trips and carefully organize the scenes to be filmed, taking the weather into account as well.


    
14. What is the next step for A Tergo Lupi? Do you envision a tour, or perhaps opening for an artist / band that inspires you ?


Unfortunately, at the moment it’s not possible for us to plan concerts due to health issues affecting one of us.
We don’t know when or how we’ll be able to start thinking about live performances, but we hope to have that opportunity in the future.


For now, we are focusing on the next video.


15. Do you have a message for your fans, especially your French audience , as well as for those who will discover you through this interview ?


It’s always difficult to find the right words to express how happy we are for the presence, support, and love we’ve received so far. The French audience has always made us feel loved, and we are so grateful for this gift. We’ve even been lucky enough to find good friends along the way, which is truly priceless.


We want to thank everyone who listens to our music, who follows, supports, and stays close to us, everyone who appreciates our work: thank you with all our hearts.


To those who will get to know us through this interview, we can only thank you if you decide to give our songs a chance; that alone means so much. We truly hope you will enjoy our music. 😊

 

16. And finally, what can we wish you  for 2026 ?


We are currently working on a new video.
We also hope that we’ll be able to resume some collaborations that we had put on hold while making the album.


A heartfelt thank you to both of you for taking the time to answer this interview. I’m deeply grateful for your generosity and your availability.


Thanks so much to you ! 
 

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  • My review of the album Howl: here (french version only)

  • My review of the album Hide: here (french version only)

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