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Aux notes enchantées

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Salut, moi c’est Steeve ! 42 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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25 juillet 2025

Quand la musique devient émotion – bienvenue sur Aux Notes Enchantées.

Quand la musique devient émotion – bienvenue sur Aux Notes Enchantées.
Bonjour à toi, cher·e visiteur·se, Je m'appelle Steeve, passionné de musique depuis toujours, et je suis ravi de t’accueillir ici, sur Aux Notes Enchantées. Ce blog est né de l’envie de partager mes coups de cœur musicaux, de faire découvrir des artistes...
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13 juillet 2026

Cherryshoes : l’élégance sombre de Lisa Mottram

 

Après avoir consacré une chronique à Archive et à leur album Glass Minds, la suite logique était de vous parler de Cherryshoes, le projet solo de l’artiste galloise Lisa Mottram. Comme je vous l’avais expliqué à cette occasion, sa voix m’a totalement foudroyé. J’ai donc voulu en savoir davantage sur son parcours musical et grand bien m’en a pris, car ce qu’elle propose est vraiment excellent.

 

Cherryshoes évolue dans un univers que l’on pourrait rapprocher d’une pop noire, rêveuse et hypnotique. Une musique située quelque part entre la dream pop, le shoegaze, la mélancolie lo-fi et cette manière très particulière de faire flotter les chansons dans une atmosphère presque nocturne.

 

Le premier titre que j’ai écouté fut Too Late, une chanson extrêmement émouvante, portée par une voix quasiment éthérée. Il y a dans ce titre une pudeur très forte, une façon de ne jamais forcer l’émotion, mais de la laisser apparaître progressivement, jusqu’à ce qu’elle finisse par prendre toute la place.
 

 

 

 

La discographie de Cherryshoes se compose pour le moment uniquement de singles, ce qui donne à son univers une forme assez particulière. Plutôt que de découvrir un album pensé comme un bloc, on entre ici par fragments, par images, par atmosphères successives.

 

Chaque titre semble ouvrir une petite fenêtre différente sur le même monde intérieur, avec ses zones d’ombre, ses éclats de lumière et cette mélancolie vaporeuse qui traverse l’ensemble. En écoutant des titres comme Too Late, Losing You, Stay with me ou Take it, j’ai rapidement retrouvé ce qui m’avait touché chez Lisa Mottram avec Archive. Cette voix qui semble flotter au-dessus de la musique, mais qui parvient pourtant à transmettre énormément d’émotion. Cherryshoes ne cherche pas à en mettre plein les oreilles. Les chansons prennent leur temps, avancent avec douceur, et c’est justement ce qui les rend aussi attachantes.
 

J’ai également un vrai faible pour le premier single que Lisa avait publié en 2017, Ride On. Deux titres y sont présents : Ride On et Justice, qui sont beaucoup moins mélancoliques que les morceaux les plus récents, mais tout aussi bons et percutants. Ces deux titres sont davantage tournés vers une électro-pop sombre, avec une pulsation plus marquée et une énergie plus directe.

 

Ride On possède déjà ce côté hypnotique que l’on retrouve dans l’univers de Cherryshoes, mais avec une approche plus rythmée. Le titre avance sans trop en faire, porté par une ambiance nocturne et par cette voix qui semble flotter au-dessus de la musique. Justice, de son côté, se montre encore un peu plus nerveux, presque plus immédiat, tout en conservant cette élégance sombre qui fait le charme du projet.

 

 

 

Ce qui est intéressant avec ce premier single, c’est qu’il permet de voir que Cherryshoes ne s’est pas construit uniquement autour de la mélancolie. Il y a aussi chez Lisa Mottram une vraie capacité à proposer des titres plus dynamiques, plus accrocheurs, sans perdre cette atmosphère particulière qui rend sa musique immédiatement reconnaissable.
 

 

 

Autre titre qui m’a marqué : Don’t Hold Your Breath, à la durée très courte, puisqu’il ne dépasse pas les 2’04. Le morceau sonne plus expérimental, moins mélancolique que ses titres les plus récents, mais toujours porté par la voix éthérée de Lisa Mottram. J’aime beaucoup le jeu de guitare, avec ses sonorités claires et légèrement rétro, qui m’a même évoqué par moments The Shadows, comme une petite touche vintage glissée dans un univers pourtant beaucoup plus sombre et étrange.
 

 

 

Je vais vous parler d’un dernier titre : Play Boy. C’est difficile de ne pas évoquer les autres morceaux, tant ils sont vraiment bons, mais il faut bien faire des choix pour rédiger cette chronique. Très accrocheuse, un peu rétro et assez douce, cette chanson ferait selon moi un très beau titre pour un début de soirée en tête à tête, avec cette ambiance à la fois légère et intime.

 

 

Pour conclure, Cherryshoes est une très belle découverte et un vrai coup de cœur. Je suis vraiment heureux d’avoir voulu en savoir davantage sur le parcours de Lisa Mottram après ma chronique consacrée à Archive.

 

Sa voix m’avait déjà totalement conquis sur Glass Minds, mais avec Cherryshoes, j’ai découvert une facette encore plus personnelle de son univers. Ses morceaux ne dégagent pas tous la même chose : certains serrent le cœur, d’autres sont plus accrocheurs, plus rétro ou plus expérimentaux. Sa discographie peut sembler fragmentée au premier abord, mais elle reste pourtant très cohérente, comme si chaque titre ajoutait une nouvelle nuance à son univers.

 

Si vous aimez les voix aériennes, les ambiances sombres et rêveuses, ainsi que les titres qui vous restent en tête sans avoir besoin d’en faire des tonnes, je vous conseille fortement de découvrir Cherryshoes. Je vous invite aussi à fouiller du côté de Bandcamp SoundCloud et même YouTube, où l’on trouve d’autres morceaux absents des plateformes de streaming habituelles. Mention spéciale à Vampires, qui est vraiment géniale.
 

Vous pouvez suivre et soutenir Cherryshoes sur Bandcamp, Instagram, Facebook, SoundCloud et YouTube.

 

 

3 juillet 2026

Archive - Glass Minds : l’évidence après le déclic

 

 

Il est des groupes qu’il faut parfois du temps pour aimer pleinement, pour entrer dans leur univers et apprécier toute la richesse de leur démarche artistique. Pour moi, Archive fait clairement partie de ceux-là.

 

J’ai découvert le groupe en 2003 avec le film Michel Vaillant, que j’avais beaucoup aimé, et dont j’avais adoré la bande originale signée Archive. Quelques jours plus tard, je me rends à la médiathèque Louis Nucéra de Nice pour emprunter Take My Head, un album que j’avais bien apprécié, en particulier les titres You Make Me Feel, Take My Head, The Way You Love Me et Love In Summer.

 

Dans la foulée, j’emprunte You All Look the Same to Me et là, douche froide. Je n’accroche absolument pas. Je trouve Again trop long, Numb assez moyen, et le reste ne m’emballe pas davantage. Je ne retrouve pas le tranchant, l’énergie et le punch de la bande originale de Michel Vaillant. À ce moment-là, je reste donc davantage sur une déception que sur une véritable envie de creuser leur discographie.

 

Les années passent, et je ne cherche pas spécialement à me replonger dans l’univers du groupe. Une exception tout de même, en 2015, avec la sortie de Restriction. J’ai alors un vrai coup de cœur pour le titre Crushed, qui me rappelle furieusement l’ambiance de la bande originale de Michel Vaillant. Malheureusement, le reste de l’album ne me touche pas plus que cela.

 

Puis, en septembre 2025, sort Look At Us. Et là, le titre me foudroie complètement. Dès l’introduction, avec ces notes de guitare qui claquent d’entrée de jeu, puis la voix de Lisa Mottram qui arrive très rapidement, je suis immédiatement happé par le morceau. Comme si Archive venait soudainement de trouver la bonne porte d’entrée pour me faire revenir vers eux. 

 

Ce morceau agit alors comme un véritable déclic. Après Look At Us, je ressens le besoin de revenir vers Archive, mais cette fois avec une oreille différente, plus disponible, peut-être aussi plus prête à accepter les longueurs, les silences, les montées progressives et cette manière si particulière qu’a le groupe de prendre son temps pour installer une émotion.

 

Je décide donc de reprendre leur discographie, et là, surprise assez savoureuse : ce qui m’avait totalement laissé sur le bord de la route vingt ans plus tôt me frappe désormais de plein fouet. Again, que je trouvais beaucoup trop long à l’époque, me paraît aujourd’hui absolument magistral. Un morceau ample, habité, qui déploie sa tension avec une patience folle, jusqu’à devenir presque hypnotique.

 

Et c’est finalement toute la richesse du répertoire d’Archive qui s’est ouverte à moi. Leur capacité à passer du trip-hop au rock progressif, de l’électronique à des atmosphères plus cinématographiques, sans jamais perdre cette intensité émotionnelle, m’apparaît aujourd’hui comme l’une de leurs grandes forces.

 

Il n’y a finalement que Londinium avec lequel j’ai encore un peu plus de mal à entrer pleinement. Non pas que l’album soit mauvais, bien au contraire, mais son univers plus trip-hop, plus ancré dans les années 90, me parle moins spontanément que les œuvres où Archive laisse davantage exploser ses montées instrumentales, ses tensions et ses élans presque vertigineux.

 

 

Revenons maintenant au sujet principal avec Glass Minds.

 

L’album s’ouvre avec Broken Bits, une piste instrumentale à l’ambiance inquiétante, presque apocalyptique. Le son des cors y résonne comme une sirène d’alarme sourde, annonçant d’emblée un climat lourd et menaçant. Puis arrivent des nappes électro entêtantes et répétitives, qui viennent renforcer la noirceur du morceau.

À son écoute, je m’imagine au volant d’une voiture traversant des paysages urbains totalement en ruine, comme si le monde venait de basculer et qu’il ne restait plus que des fragments de lumière au milieu des décombres.

 

On enchaîne ensuite avec Glass Minds, porté par un rythme lent et martial, sur lequel viennent se déposer quelques notes de piano, discrètes mais très évocatrices. Mais ce qui me bouleverse surtout ici, c’est la voix de Lisa.

Je la trouve d’une beauté incroyable, capable d’osciller entre une sensibilité presque fragile et une puissance vocale qui surgit sans prévenir. Lorsqu’elle s’élève à la fin de la phrase “White noise blasting through me just like a banshee”, en libérant toute sa puissance vocale sur le mot “banshee”, j’en ai littéralement la chair de poule. Comme si sa voix venait incarner elle-même ce cri spectral évoqué par les paroles.

À ce moment-là, je suis totalement conquis, happé par cette interprétation intense et par le charme vocal de Lisa, qui donne au morceau une beauté aussi fragile que bouleversante.

 

En parlant de morceau bouleversant, Patterns l’est tout autant, grâce notamment au talent de l’inégalable Pollard Berrier, accompagné ici par Dave Pen. Pollard a cette immense capacité à te prendre au plus profond des tripes, en mêlant avec brio puissance, fragilité et déchirement.

L’introduction est sublime, entre le bruit des vagues qui s’écrasent sur les galets et une mélodie au piano d’une douceur délicate. Le titre dure un peu plus de huit minutes, et c’est un pur régal auditif. Archive y prend le temps de déployer son atmosphère, de faire monter l’émotion progressivement, sans jamais perdre en intensité.
 

Puis vient le fameux Look At Us, probablement le titre le plus rock et le plus punchy de l’album, et à mes oreilles, proche de la perfection absolue.

Depuis sa sortie comme premier single de Glass Mind en septembre 2025, il fait quasiment partie des titres que j’écoute le plus chaque mois, selon mes rétrospectives mensuelles Tidal. Look At Us est devenu pour moi une véritable chanson doudou. Celle qui me réconforte quand ça ne va pas spécialement bien, mais aussi celle que j’écoute lorsque je suis de bonne humeur, comme pour renforcer encore davantage ce sentiment de bien-être.

 

Depuis que j’écoute de la musique, les titres capables de me faire autant d’effet et de m’accompagner aussi fortement, quel que soit mon état d’esprit, sont rares. Et Look At Us fait clairement partie de ceux-là. Je pense que le combo entre la mélodie et la voix de Lisa y est pour beaucoup. L’osmose est totale, de la première à la dernière seconde, et tout me semble parfaitement à sa place : l’énergie, l’émotion, la puissance rock du morceau et cette lumière vocale qui le rend si addictif.
 

 

 

On retrouve également Lisa sur l’excellent So Far From Losing You, qu’elle chante avec Pollard. L’harmonie vocale entre les deux interprètes fonctionne à merveille, pour un résultat absolument fantastique. Le titre impressionne aussi par sa richesse sonore, avec ses sonorités électroniques couplées à une basse profonde et à une batterie percutante, avant que les cuivres ne s’élèvent et lui apportent une dimension grandiose, presque majestueuse.
 

Mais c’est surtout sur le magnifique The Love The Light que Lisa fait, une dernière fois sur l’album, des merveilles. Il y a quelque chose dans sa voix qui enveloppe pleinement, qui apaise autant qu’elle transperce le cœur. Cette douce fragilité, profondément poignante, donne au morceau une émotion à la fois bouleversante et hypnotisante, et en fait l’un des grands moments de l’album.

 

Il serait injuste de ma part de dire que seule Lisa Mottram me touche aussi profondément, car Pollard Berrier possède lui aussi cette capacité à me bouleverser avec une force incroyable. Il possède quelque chose d’unique dans sa voix, une intensité presque magique, capable de me prendre aux tripes sur When You’re This Down, So Far From Losing You, mais surtout sur la bouleversante City Walls. J’étais pourtant très réticent à l’idée d’écouter ce titre au départ, en raison de son clip réalisé en IA, mais la force émotionnelle de la chanson a fini par totalement prendre le dessus.

 

C’est sur ce titre que l’émotion délicate portée par Pollard me semble la plus forte, jusqu’à devenir presque déchirante. D’après un article que j’ai lu sur le site Albumrock.net, City Walls ferait suite au décès de sa maman, atteinte de démence, et évoquerait le fait de se retrouver piégé au sein de son propre esprit. En l’écoutant, les larmes me sont montées aux yeux plus d’une fois.

 

 

Il y a également Shine Out Power, que je trouve absolument sublime, cette fois interprétée par Dave Pen. Sa voix m’a collé des frissons, tandis que musicalement, le titre m’a fait penser à Falaise, issu de la bande originale de Michel Vaillant.
 

J’ai également été agréablement conquis par Heads Are Gonna Roll, morceau au versant hip-hop plus marqué, sur lequel Jimmy Collins apporte un flow nerveux et frontal, parfaitement adapté à la noirceur dystopique de l’ensemble. Puissant et très engagé, il semble dénoncer une société obsédée par le contrôle, la normalisation, la surveillance et l’effacement progressif des émotions humaines. Moins bouleversant vocalement que d’autres morceaux de l’album, il n’en reste pas moins très fort dans son propos et dans sa noirceur urbaine.

 

L’album se conclut avec Where I Am, interprété par Dave Pen, qui laisse une impression à la fois fragile, épuisée et profondément humaine. Les paroles semblent évoquer un amour abîmé par le ressentiment, un lien qui pèse autant qu’il résiste encore. Une conclusion intense, qui referme Glass Mind sans véritable apaisement, comme si l’album nous laissait au cœur d’une lutte intérieure.
 

Pour conclure, Glass Minds est un album magistral d’Archive. Le duo Darius Keeler et Danny Griffiths y fait des merveilles, en construisant un disque d’une richesse sonore impressionnante, porté par des interprètes en état de grâce. Lisa Mottram, Pollard Berrier et Dave Pen y apportent chacun une couleur vocale différente, mais toujours avec cette même capacité à toucher au plus profond.

 

Amorcé par le choc Look At Us, Glass Minds aura pleinement renforcé mon intérêt, mais aussi mon amour musical pour Archive. Ce groupe que j’avais longtemps gardé à distance s’impose désormais à moi comme une évidence. Un album intense, habité, bouleversant, qui se ressent autant qu’il s’écoute.

 

Je tiens également à vous recommander l’Expanded Edition, qui contient la magnifique Orchestral FM4 Radio Session, durant laquelle Archive est accompagné par le prestigieux Orchestre symphonique de la radio de Vienne. Je vous mets la vidéo ci-dessous, car elle vaut vraiment la peine d’être écoutée et regardée.
 

Vous pouvez suivre et soutenir Archive sur leur PatreonInstagram, Facebook, YouTube, X, TikTok, ainsi que sur leur boutique officielle.

 

29 juin 2026

Sangham : entre puissance, fragilité et prise de conscience

 

 

Aujourd'hui place au groupe Sangham que j'avais découvert quelques semaines avant mon hospitalisation de mars dernier et grâce à l'excellent compte Instagram de Naryka. Si vous êtes fans de metal, foncez découvrir son univers : il regorge de très belles découvertes et de groupes qui méritent clairement qu’on tende l’oreille.

 

Sangham est un groupe de metal moderne et progressif qui a vu le jour en 2020 à Marseille. Il se compose de :

 

  • Christelle Meunier (chants)
  • Cyril Lhuillier (guitares et chants)
  • Florian Le Bozec (batterie)
  • Calliste Vignali (basse)

 

Le nom du groupe provient du sanskrit “sangama”, qui désigne une confluence, et plus précisément la rencontre de trois fleuves sacrés en Inde : le Gange, la Yamuna et la Sarasvatî. Cette union entre plusieurs cours d’eau incarne aussi la rencontre du visible et de l’invisible, du physique et du spirituel. Dans la tradition hindoue, ce lieu est considéré comme un espace de purification et de libération comme l’explique le site Ekongkar Yoga

 

Je trouve que cette symbolique colle particulièrement bien à l’univers de Sangham, tant leur musique semble elle aussi chercher un point de rencontre : entre puissance et fragilité, tension et apaisement, matière brute et élévation intérieure.

 

 

 

 

J’ai découvert Sangham avec le titre Listen, un morceau très intime écrit par Christelle. Comme elle l’explique sur le compte Instagram du groupe, cette chanson est née à la suite d’une maladie de l’oreille, le cholestéatome, et de deux opérations qui lui ont fait perdre une grande partie de son audition.

 

À travers Listen, Christelle évoque le rapport que nous entretenons, en tant qu’êtres humains, avec la maladie, la vieillesse et la mort. Un sujet profondément sensible, abordé sans pathos, mais avec une sincérité qui touche immédiatement.

Musicalement, c’est du lourd : les riffs sont tranchants, incisifs, et donnent au morceau une puissance qui fait vraiment plaisir à entendre. Vocalement, Christelle impressionne par son efficacité et sa capacité à nous captiver dès les premiers instants. Elle enchaîne avec brio les passages en chant clair et en chant saturé, un mélange qui me plaît de plus en plus dans le metal au fil des années.

Côté puissance et saturation, Cyril n’est pas en reste non plus et apporte lui aussi une vraie intensité au morceau.
 

 

 

 

 

 

“Our Vain Pleasure” est un titre engagé, qui dénonce l’exploitation animale et la violence systémique dissimulée derrière nos habitudes de consommation. Sangham y questionne notre rapport au plaisir, au confort, et cette facilité que nous avons parfois à détourner le regard.

La chanson et le clip sont d’une qualité remarquable et se révèlent extrêmement bouleversants. Sur le plan vocal, le morceau repose sur un contraste saisissant entre des couplets empreints de fragilité, portés par le chant clair de Christelle, dont certaines nuances m’évoquent par moments Sharon den Adel, et des refrains beaucoup plus bruts, où les chants saturés de Cyril expriment la rage et la douleur.

 

Ce contraste donne au titre une intensité particulièrement forte, avec une émotion qui reste palpable du début à la fin et atteint son paroxysme dans les passages les plus puissants.
 

Le clip, quant à lui, est magistral et d’une justesse incroyable. Réalisé de manière à ne jamais laisser le spectateur à distance, il me semble presque impossible de ne rien ressentir durant son visionnage.

 

La vidéo, réalisée par Elise Meunier, aka Lili Youri Tchekhov, propose une immersion dans un univers dystopique où le personnage traverse une succession d’expériences marquées par la peur et la dépossession de soi. À travers une mise en scène symbolique et dérangeante, elle invite le spectateur à se placer du point de vue d’un être exploité, de sa naissance à sa mise à mort. Le résultat est pleinement bouleversant, mais aussi très dérangeant. Il faut avoir le cœur bien accroché pour aller jusqu’au bout du clip, en particulier lors de sa dernière partie, qui intègre des images issues de L214, FUTUR Association, SOKO Tierschutz et Espèces sans issue. Ces images donnent au propos une force supplémentaire et rendent impossible toute mise à distance confortable.

 

Je tiens également à souligner la performance phénoménale d’Olivia Verner, qui incarne avec une intensité bouleversante cet être exploité, malmené tout au long du clip. Sa présence et son  expressivité rendent le visionnage encore plus éprouvant, tant elle parvient à transmettre la peur, la vulnérabilité et la dépossession de soi. Je vous invite également à découvrir son compte Instagram, où l’on peut mesurer tout son talent de danseuse et de performeuse au rope dart.

 

 

Je ne suis pas végan, mais cette vidéo a eu le mérite de me faire à nouveau réfléchir à la question de l’exploitation animale, et aux souffrances infligées à des êtres vivants au nom de nos habitudes de consommation. Il fut une époque où je mangeais de la viande quotidiennement, en particulier de la viande rouge. Ces dernières années, après m’être renseigné sur les réalités de l’élevage intensif, j’ai drastiquement réduit ma consommation, au point de ne plus manger de viande qu’environ une fois tous les quinze jours.

 

Ce n’est sans doute pas parfait, et je pourrais probablement faire mieux. Mais ce clip rappelle justement que le plus important est peut-être de ne pas détourner le regard, de continuer à se questionner, et d’accepter que certaines prises de conscience se fassent aussi progressivement.

 

Ce que j’apprécie aussi chez Sangham, c’est cette volonté de ne pas lisser son propos. À une époque où beaucoup de choses semblent devenir de plus en plus aseptisées, et où l’on entend parfois que les artistes ne devraient pas exprimer leurs opinions, cette démarche me paraît importante.

 

La musique n’a jamais été uniquement un simple divertissement. Elle peut aussi être un espace de colère, de questionnement, de prise de conscience et de résistance. Les artistes sont aussi des citoyens, avec une sensibilité, un regard sur le monde et le droit d’exprimer ce qui les traverse, tant que cela ne sert pas à relayer des idées haineuses ou oppressives.

 

Avec Our Vain Pleasure, Sangham ne propose pas seulement un morceau puissant : le groupe utilise aussi sa musique pour interroger nos habitudes, nos angles morts et notre rapport au vivant. Et c’est précisément ce qui rend ce titre aussi marquant.

Dans cette continuité, on peut également noter que Sangham propose actuellement un t-shirt Our Vain Pleasure en édition limitée (en commande ici), dont le visuel s’inscrit directement dans le message porté par le morceau. 60 % des bénéfices des ventes seront reversés à FUTUR, une association engagée pour les animaux à travers des actions de sensibilisation, de terrain, de sauvetage, mais aussi de promotion du véganisme. Une belle manière de soutenir le groupe tout en prolongeant concrètement le propos du titre.
 

 

 

Avec Listen et Our Vain Pleasure, Sangham dévoile deux premiers aperçus particulièrement forts de son prochain album, The Radiant Crown, attendu pour octobre 2026. Deux titres très différents dans leur approche, mais traversés par une même intensité, entre introspection, engagement, colère, fragilité et quête de sens.

 

Si Listen touche par son intimité et sa manière d’aborder la maladie, la vieillesse et la mort, Our Vain Pleasure frappe de plein fouet par son propos engagé et son clip profondément dérangeant. Ces deux morceaux montrent un groupe capable de conjuguer puissance musicale, sincérité émotionnelle et regard critique sur le monde qui nous entoure.

 

Autant dire que The Radiant Crown fait déjà partie des albums que j’attends avec une grande impatience. Si Sangham poursuit dans cette direction, ce second disque pourrait bien marquer une étape majeure dans son parcours, et confirmer tout le potentiel d’un groupe français à suivre de très près.
 

 

Vous pouvez suivre et soutenir Sangham sur leur Bandcamp, Instagram, Facebook, YouTube, ainsi Soundcloud

26 juin 2026

Denuit : entre noirceur, poésie et lumière

 

 

À la recherche du temps perdu. Aujourd'hui, je vais enfin vous parler du duo Denuit, que je suis plus ou moins attentivement depuis déjà quelques années et auquel j'aurais dû consacrer une chronique bien plus tôt.

Je les ai découverts en 2022 grâce au partage Facebook d'une amie, avec le titre I'm Bleeding, qui m'avait immédiatement séduit. Mais il faut bien reconnaître que j'ai parfois tendance à m'éparpiller, à me concentrer sur certains styles musicaux plus que d'autres, sans compter quelques turbulences dans ma vie personnelle ces dernières années.

 

Comme le dit l'expression, mieux vaut tard que jamais. Et quoi de mieux que la sortie de leur nouveau single, Echo from Hell, pour enfin réparer cet oubli ?

 

 

Denuit est un duo français de darkwave formé en 2017 à Montpellier par Ivi Topp (synthés) et Lis Araignée (chant, claviers, flûte, gong). Après un premier album remarqué, Black Sun, paru en 2021, le groupe s'est progressivement imposé comme l'une des formations les plus captivantes de la scène darkwave française. Aujourd'hui, Denuit compte quatre albums à son actif, et un cinquième, Nothing lasts | forever, paraîtra sur les principales plateformes de streaming aux alentours d'octobre/novembre. Il sera prochainement possible de se procurer l'album en format CD sur le site officiel du groupe ainsi que sur leur Bandcamp.

 

 

Il y a beaucoup de choses que j'apprécie chez Denuit. Musicalement, le duo livre une darkwave à la fois sombre, percutante et redoutablement efficace. Aucune mélodie ne me laisse de marbre et chacune d'elles me donne irrésistiblement envie de danser.

 

Mais ce qui me touche tout autant, c'est la voix si singulière de Lis. Par moments, elle me rappelle celle de Siouxsie, tout en conservant une identité qui lui est propre. Avec la même aisance, elle chante en français comme en anglais et porte des textes empreints de noirceur, de poésie et d'une discrète lueur d'espoir : "J'ai oublié ton odeur / Mais pas tes yeux / Le gris couleur tempête / Celle qui te va le mieux" (Cendre), "Empoisonne-moi, mon cœur est ouvert / Plantes-y un couteau / Fais-le battre à nouveau" (Tiens-moi, Le monde tombe) ou encore "Sometimes I love you to death / After all, you're my lighthouse / Our souls are now bound together / Destined to merge ecstatically / In the blessed hellfire for all eternity" (I'm Bleeding).

 

 

 

À cela s'ajoute un procédé vocal que je trouve particulièrement réussi : Lis superpose régulièrement sa voix principale, posée dans les graves, à une seconde ligne plus aérienne dans les aigus. Ce jeu de contrastes apporte une véritable profondeur aux morceaux et participe pleinement à l'identité sonore de Denuit.

Echo from Hell, quatrième single extrait de Nothing lasts | forever, ne fait pas exception. Après le très mélodique et entêtant Tiens-moi, le monde tombe, le duo revient avec un titre plus frontal, teinté de sonorités EBM et intégralement interprété en anglais. Echo from Hell frappe aussi par la puissance de ses paroles, où s'affirme une volonté de reprendre possession de son propre corps : "Don’t touch me / I am not here / I don’t want you near / My body is only mine / My blood runs only in my veins"
 

 

Avec Echo from Hell, Denuit rappelle une nouvelle fois ce qui fait la force de son univers : une darkwave à la fois dansante, sombre et habitée, portée par une identité vocale immédiatement reconnaissable. Mais au-delà de ce nouveau single, c’est bien l’ensemble du parcours du duo qui mérite que l’on s’y attarde. Depuis Black Sun, Denuit creuse son propre sillon avec constance, intensité et une sincérité qui traverse aussi bien les mélodies que les textes. Après avoir trop longtemps repoussé le moment de leur consacrer une chronique, je peux désormais l’affirmer sans hésiter : Denuit fait partie de mes incontournables musicaux.

 

Pour suivre l'actualité de Denuit et soutenir le duo, rendez-vous sur leur : Site officiel, leur Bandcamp, ainsi que sur leurs pages Facebook, InstagramYouTube, TikTok et Patreon ! 

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23 juin 2026

Faeloria : la beauté d'une rencontre musicale inattendue

 

 

Aujourd'hui, j'ai très envie de vous partager le projet musical de Faeloria, qui a pris vie il y a seulement quelques mois, mais qui possède déjà tout d'une grande artiste. Je l'ai découverte complètement par hasard en faisant défiler Instagram, et ce fut une très belle surprise.

 

Faeloria est un projet dark folk créé par Kécia Paquin Lafaille. À travers ses compositions, l’artiste invite l’auditeur à un voyage introspectif où se mêlent ombre et lumière, émotion et spiritualité. Une musique délicate et atmosphérique, qui semble chercher à révéler ce qui se cache au plus profond de nous-mêmes.

 

Actuellement, Faeloria a publié deux chansons : Ostara et Algiz. Elle a également collaboré avec le talentueux Gealdýr sur le titre Wyrmbana II. Sur son compte Instagram, on peut aussi découvrir plusieurs extraits, tous plus merveilleux les uns que les autres. 

 

 

 

Dès les premières notes, Faeloria nous embarque dans un univers à la fois doux, mystérieux et profondément immersif. Les nappes synthétiques planantes renforcent la dimension onirique des compositions et invitent à la contemplation, tandis que le tambour chamanique présent sur Ostara m'évoque les battements d'un cœur.

 

Le côté immersif est pleinement exploité sur Algiz avec le croassement d'un corbeau en introduction et l'utilisation d'une tagelharpa, qui est définitivement l'un de mes instruments préférés. Le morceau dégage une magnifique atmosphère chamanique qui m'emporte à chaque écoute.

 

Faeloria possède une beauté et une puissance vocales incroyables, qui me donnent la chair de poule à chaque écoute, une sensation encore renforcée lorsque je branche mon casque. Pour moi, elle fait partie des plus belles voix de la scène dark folk actuelle, avec certaines intonations qui peuvent évoquer, par moments, la talentueuse Lisa Gerrard.

 

Faeloria est clairement une artiste que je vais suivre attentivement, en espérant la sortie d’un EP en fin d’année ou au début de l’année prochaine. Je vous laisse avec OstaraAlgiz et le magnifique clip de Wyrmbana II : branchez votre casque, si vous en avez un, respirez profondément, fermez les yeux et laissez-vous guider à travers ces trois fabuleux titres.

 

Vous pouvez suivre et soutenir le travail de Faeloria sur son : Site officiel, Facebook, Instagram, Bandcamp, Soundcloud, TikTok et X . Je vous invite également à découvrir son compte Instagram emerald.tatoo car ses réalisations sont tout simplement somptueuses et méritent d'être vues. Dommage pour moi qu'elle vive au Canada et non en France !

 

 

 

 

 

 

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