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Aux notes enchantées

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Salut, moi c’est Steeve ! 42 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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25 juillet 2025

Quand la musique devient émotion – bienvenue sur Aux Notes Enchantées.

Quand la musique devient émotion – bienvenue sur Aux Notes Enchantées.
Bonjour à toi, cher·e visiteur·se, Je m'appelle Steeve, passionné de musique depuis toujours, et je suis ravi de t’accueillir ici, sur Aux Notes Enchantées. Ce blog est né de l’envie de partager mes coups de cœur musicaux, de faire découvrir des artistes...
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3 juillet 2026

Archive - Glass Minds : l’évidence après le déclic

 

 

Il est des groupes qu’il faut parfois du temps pour aimer pleinement, pour entrer dans leur univers et apprécier toute la richesse de leur démarche artistique. Pour moi, Archive fait clairement partie de ceux-là.

 

J’ai découvert le groupe en 2003 avec le film Michel Vaillant, que j’avais beaucoup aimé, et dont j’avais adoré la bande originale signée Archive. Quelques jours plus tard, je me rends à la médiathèque Louis Nucéra de Nice pour emprunter Take My Head, un album que j’avais bien apprécié, en particulier les titres You Make Me Feel, Take My Head, The Way You Love Me et Love In Summer.

 

Dans la foulée, j’emprunte You All Look the Same to Me et là, douche froide. Je n’accroche absolument pas. Je trouve Again trop long, Numb assez moyen, et le reste ne m’emballe pas davantage. Je ne retrouve pas le tranchant, l’énergie et le punch de la bande originale de Michel Vaillant. À ce moment-là, je reste donc davantage sur une déception que sur une véritable envie de creuser leur discographie.

 

Les années passent, et je ne cherche pas spécialement à me replonger dans l’univers du groupe. Une exception tout de même, en 2015, avec la sortie de Restriction. J’ai alors un vrai coup de cœur pour le titre Crushed, qui me rappelle furieusement l’ambiance de la bande originale de Michel Vaillant. Malheureusement, le reste de l’album ne me touche pas plus que cela.

 

Puis, en septembre 2025, sort Look At Us. Et là, le titre me foudroie complètement. Dès l’introduction, avec ces notes de guitare qui claquent d’entrée de jeu, puis la voix de Lisa Mottram qui arrive très rapidement, je suis immédiatement happé par le morceau. Comme si Archive venait soudainement de trouver la bonne porte d’entrée pour me faire revenir vers eux. 

 

Ce morceau agit alors comme un véritable déclic. Après Look At Us, je ressens le besoin de revenir vers Archive, mais cette fois avec une oreille différente, plus disponible, peut-être aussi plus prête à accepter les longueurs, les silences, les montées progressives et cette manière si particulière qu’a le groupe de prendre son temps pour installer une émotion.

 

Je décide donc de reprendre leur discographie, et là, surprise assez savoureuse : ce qui m’avait totalement laissé sur le bord de la route vingt ans plus tôt me frappe désormais de plein fouet. Again, que je trouvais beaucoup trop long à l’époque, me paraît aujourd’hui absolument magistral. Un morceau ample, habité, qui déploie sa tension avec une patience folle, jusqu’à devenir presque hypnotique.

 

Et c’est finalement toute la richesse du répertoire d’Archive qui s’est ouverte à moi. Leur capacité à passer du trip-hop au rock progressif, de l’électronique à des atmosphères plus cinématographiques, sans jamais perdre cette intensité émotionnelle, m’apparaît aujourd’hui comme l’une de leurs grandes forces.

 

Il n’y a finalement que Londinium avec lequel j’ai encore un peu plus de mal à entrer pleinement. Non pas que l’album soit mauvais, bien au contraire, mais son univers plus trip-hop, plus ancré dans les années 90, me parle moins spontanément que les œuvres où Archive laisse davantage exploser ses montées instrumentales, ses tensions et ses élans presque vertigineux.

 

 

Revenons maintenant au sujet principal avec Glass Minds.

 

L’album s’ouvre avec Broken Bits, une piste instrumentale à l’ambiance inquiétante, presque apocalyptique. Le son des cors y résonne comme une sirène d’alarme sourde, annonçant d’emblée un climat lourd et menaçant. Puis arrivent des nappes électro entêtantes et répétitives, qui viennent renforcer la noirceur du morceau.

À son écoute, je m’imagine au volant d’une voiture traversant des paysages urbains totalement en ruine, comme si le monde venait de basculer et qu’il ne restait plus que des fragments de lumière au milieu des décombres.

 

On enchaîne ensuite avec Glass Minds, porté par un rythme lent et martial, sur lequel viennent se déposer quelques notes de piano, discrètes mais très évocatrices. Mais ce qui me bouleverse surtout ici, c’est la voix de Lisa.

Je la trouve d’une beauté incroyable, capable d’osciller entre une sensibilité presque fragile et une puissance vocale qui surgit sans prévenir. Lorsqu’elle s’élève à la fin de la phrase “White noise blasting through me just like a banshee”, en libérant toute sa puissance vocale sur le mot “banshee”, j’en ai littéralement la chair de poule. Comme si sa voix venait incarner elle-même ce cri spectral évoqué par les paroles.

À ce moment-là, je suis totalement conquis, happé par cette interprétation intense et par le charme vocal de Lisa, qui donne au morceau une beauté aussi fragile que bouleversante.

 

En parlant de morceau bouleversant, Patterns l’est tout autant, grâce notamment au talent de l’inégalable Pollard Berrier, accompagné ici par Dave Pen. Pollard a cette immense capacité à te prendre au plus profond des tripes, en mêlant avec brio puissance, fragilité et déchirement.

L’introduction est sublime, entre le bruit des vagues qui s’écrasent sur les galets et une mélodie au piano d’une douceur délicate. Le titre dure un peu plus de huit minutes, et c’est un pur régal auditif. Archive y prend le temps de déployer son atmosphère, de faire monter l’émotion progressivement, sans jamais perdre en intensité.
 

Puis vient le fameux Look At Us, probablement le titre le plus rock et le plus punchy de l’album, et à mes oreilles, proche de la perfection absolue.

Depuis sa sortie comme premier single de Glass Mind en septembre 2025, il fait quasiment partie des titres que j’écoute le plus chaque mois, selon mes rétrospectives mensuelles Tidal. Look At Us est devenu pour moi une véritable chanson doudou. Celle qui me réconforte quand ça ne va pas spécialement bien, mais aussi celle que j’écoute lorsque je suis de bonne humeur, comme pour renforcer encore davantage ce sentiment de bien-être.

 

Depuis que j’écoute de la musique, les titres capables de me faire autant d’effet et de m’accompagner aussi fortement, quel que soit mon état d’esprit, sont rares. Et Look At Us fait clairement partie de ceux-là. Je pense que le combo entre la mélodie et la voix de Lisa y est pour beaucoup. L’osmose est totale, de la première à la dernière seconde, et tout me semble parfaitement à sa place : l’énergie, l’émotion, la puissance rock du morceau et cette lumière vocale qui le rend si addictif.
 

 

 

On retrouve également Lisa sur l’excellent So Far From Losing You, qu’elle chante avec Pollard. L’harmonie vocale entre les deux interprètes fonctionne à merveille, pour un résultat absolument fantastique. Le titre impressionne aussi par sa richesse sonore, avec ses sonorités électroniques couplées à une basse profonde et à une batterie percutante, avant que les cuivres ne s’élèvent et lui apportent une dimension grandiose, presque majestueuse.
 

Mais c’est surtout sur le magnifique The Love The Light que Lisa fait, une dernière fois sur l’album, des merveilles. Il y a quelque chose dans sa voix qui enveloppe pleinement, qui apaise autant qu’elle transperce le cœur. Cette douce fragilité, profondément poignante, donne au morceau une émotion à la fois bouleversante et hypnotisante, et en fait l’un des grands moments de l’album.

 

Il serait injuste de ma part de dire que seule Lisa Mottram me touche aussi profondément, car Pollard Berrier possède lui aussi cette capacité à me bouleverser avec une force incroyable. Il possède quelque chose d’unique dans sa voix, une intensité presque magique, capable de me prendre aux tripes sur When You’re This Down, So Far From Losing You, mais surtout sur la bouleversante City Walls. J’étais pourtant très réticent à l’idée d’écouter ce titre au départ, en raison de son clip réalisé en IA, mais la force émotionnelle de la chanson a fini par totalement prendre le dessus.

 

C’est sur ce titre que l’émotion délicate portée par Pollard me semble la plus forte, jusqu’à devenir presque déchirante. D’après un article que j’ai lu sur le site Albumrock.net, City Walls ferait suite au décès de sa maman, atteinte de démence, et évoquerait le fait de se retrouver piégé au sein de son propre esprit. En l’écoutant, les larmes me sont montées aux yeux plus d’une fois.

 

 

Il y a également Shine Out Power, que je trouve absolument sublime, cette fois interprétée par Dave Pen. Sa voix m’a collé des frissons, tandis que musicalement, le titre m’a fait penser à Falaise, issu de la bande originale de Michel Vaillant.
 

J’ai également été agréablement conquis par Heads Are Gonna Roll, morceau au versant hip-hop plus marqué, sur lequel Jimmy Collins apporte un flow nerveux et frontal, parfaitement adapté à la noirceur dystopique de l’ensemble. Puissant et très engagé, il semble dénoncer une société obsédée par le contrôle, la normalisation, la surveillance et l’effacement progressif des émotions humaines. Moins bouleversant vocalement que d’autres morceaux de l’album, il n’en reste pas moins très fort dans son propos et dans sa noirceur urbaine.

 

L’album se conclut avec Where I Am, interprété par Dave Pen, qui laisse une impression à la fois fragile, épuisée et profondément humaine. Les paroles semblent évoquer un amour abîmé par le ressentiment, un lien qui pèse autant qu’il résiste encore. Une conclusion intense, qui referme Glass Mind sans véritable apaisement, comme si l’album nous laissait au cœur d’une lutte intérieure.
 

Pour conclure, Glass Minds est un album magistral d’Archive. Le duo Darius Keeler et Danny Griffiths y fait des merveilles, en construisant un disque d’une richesse sonore impressionnante, porté par des interprètes en état de grâce. Lisa Mottram, Pollard Berrier et Dave Pen y apportent chacun une couleur vocale différente, mais toujours avec cette même capacité à toucher au plus profond.

 

Amorcé par le choc Look At Us, Glass Minds aura pleinement renforcé mon intérêt, mais aussi mon amour musical pour Archive. Ce groupe que j’avais longtemps gardé à distance s’impose désormais à moi comme une évidence. Un album intense, habité, bouleversant, qui se ressent autant qu’il s’écoute.

 

Je tiens également à vous recommander l’Expanded Edition, qui contient la magnifique Orchestral FM4 Radio Session, durant laquelle Archive est accompagné par le prestigieux Orchestre symphonique de la radio de Vienne. Je vous mets la vidéo ci-dessous, car elle vaut vraiment la peine d’être écoutée et regardée.
 

Vous pouvez suivre et soutenir Archive sur leur PatreonInstagram, Facebook, YouTube, X, TikTok, ainsi que sur leur boutique officielle.

 

29 juin 2026

Sangham : entre puissance, fragilité et prise de conscience

 

 

Aujourd'hui place au groupe Sangham que j'avais découvert quelques semaines avant mon hospitalisation de mars dernier et grâce à l'excellent compte Instagram de Naryka. Si vous êtes fans de metal, foncez découvrir son univers : il regorge de très belles découvertes et de groupes qui méritent clairement qu’on tende l’oreille.

 

Sangham est un groupe de metal moderne et progressif qui a vu le jour en 2020 à Marseille. Il se compose de :

 

  • Christelle Meunier (chants)
  • Cyril Lhuillier (guitares et chants)
  • Florian Le Bozec (batterie)
  • Calliste Vignali (basse)

 

Le nom du groupe provient du sanskrit “sangama”, qui désigne une confluence, et plus précisément la rencontre de trois fleuves sacrés en Inde : le Gange, la Yamuna et la Sarasvatî. Cette union entre plusieurs cours d’eau incarne aussi la rencontre du visible et de l’invisible, du physique et du spirituel. Dans la tradition hindoue, ce lieu est considéré comme un espace de purification et de libération comme l’explique le site Ekongkar Yoga

 

Je trouve que cette symbolique colle particulièrement bien à l’univers de Sangham, tant leur musique semble elle aussi chercher un point de rencontre : entre puissance et fragilité, tension et apaisement, matière brute et élévation intérieure.

 

 

 

 

J’ai découvert Sangham avec le titre Listen, un morceau très intime écrit par Christelle. Comme elle l’explique sur le compte Instagram du groupe, cette chanson est née à la suite d’une maladie de l’oreille, le cholestéatome, et de deux opérations qui lui ont fait perdre une grande partie de son audition.

 

À travers Listen, Christelle évoque le rapport que nous entretenons, en tant qu’êtres humains, avec la maladie, la vieillesse et la mort. Un sujet profondément sensible, abordé sans pathos, mais avec une sincérité qui touche immédiatement.

Musicalement, c’est du lourd : les riffs sont tranchants, incisifs, et donnent au morceau une puissance qui fait vraiment plaisir à entendre. Vocalement, Christelle impressionne par son efficacité et sa capacité à nous captiver dès les premiers instants. Elle enchaîne avec brio les passages en chant clair et en chant saturé, un mélange qui me plaît de plus en plus dans le metal au fil des années.

Côté puissance et saturation, Cyril n’est pas en reste non plus et apporte lui aussi une vraie intensité au morceau.
 

 

 

 

 

 

“Our Vain Pleasure” est un titre engagé, qui dénonce l’exploitation animale et la violence systémique dissimulée derrière nos habitudes de consommation. Sangham y questionne notre rapport au plaisir, au confort, et cette facilité que nous avons parfois à détourner le regard.

La chanson et le clip sont d’une qualité remarquable et se révèlent extrêmement bouleversants. Sur le plan vocal, le morceau repose sur un contraste saisissant entre des couplets empreints de fragilité, portés par le chant clair de Christelle, dont certaines nuances m’évoquent par moments Sharon den Adel, et des refrains beaucoup plus bruts, où les chants saturés de Cyril expriment la rage et la douleur.

 

Ce contraste donne au titre une intensité particulièrement forte, avec une émotion qui reste palpable du début à la fin et atteint son paroxysme dans les passages les plus puissants.
 

Le clip, quant à lui, est magistral et d’une justesse incroyable. Réalisé de manière à ne jamais laisser le spectateur à distance, il me semble presque impossible de ne rien ressentir durant son visionnage.

 

La vidéo, réalisée par Elise Meunier, aka Lili Youri Tchekhov, propose une immersion dans un univers dystopique où le personnage traverse une succession d’expériences marquées par la peur et la dépossession de soi. À travers une mise en scène symbolique et dérangeante, elle invite le spectateur à se placer du point de vue d’un être exploité, de sa naissance à sa mise à mort. Le résultat est pleinement bouleversant, mais aussi très dérangeant. Il faut avoir le cœur bien accroché pour aller jusqu’au bout du clip, en particulier lors de sa dernière partie, qui intègre des images issues de L214, FUTUR Association, SOKO Tierschutz et Espèces sans issue. Ces images donnent au propos une force supplémentaire et rendent impossible toute mise à distance confortable.

 

Je tiens également à souligner la performance phénoménale d’Olivia Verner, qui incarne avec une intensité bouleversante cet être exploité, malmené tout au long du clip. Sa présence et son  expressivité rendent le visionnage encore plus éprouvant, tant elle parvient à transmettre la peur, la vulnérabilité et la dépossession de soi. Je vous invite également à découvrir son compte Instagram, où l’on peut mesurer tout son talent de danseuse et de performeuse au rope dart.

 

 

Je ne suis pas végan, mais cette vidéo a eu le mérite de me faire à nouveau réfléchir à la question de l’exploitation animale, et aux souffrances infligées à des êtres vivants au nom de nos habitudes de consommation. Il fut une époque où je mangeais de la viande quotidiennement, en particulier de la viande rouge. Ces dernières années, après m’être renseigné sur les réalités de l’élevage intensif, j’ai drastiquement réduit ma consommation, au point de ne plus manger de viande qu’environ une fois tous les quinze jours.

 

Ce n’est sans doute pas parfait, et je pourrais probablement faire mieux. Mais ce clip rappelle justement que le plus important est peut-être de ne pas détourner le regard, de continuer à se questionner, et d’accepter que certaines prises de conscience se fassent aussi progressivement.

 

Ce que j’apprécie aussi chez Sangham, c’est cette volonté de ne pas lisser son propos. À une époque où beaucoup de choses semblent devenir de plus en plus aseptisées, et où l’on entend parfois que les artistes ne devraient pas exprimer leurs opinions, cette démarche me paraît importante.

 

La musique n’a jamais été uniquement un simple divertissement. Elle peut aussi être un espace de colère, de questionnement, de prise de conscience et de résistance. Les artistes sont aussi des citoyens, avec une sensibilité, un regard sur le monde et le droit d’exprimer ce qui les traverse, tant que cela ne sert pas à relayer des idées haineuses ou oppressives.

 

Avec Our Vain Pleasure, Sangham ne propose pas seulement un morceau puissant : le groupe utilise aussi sa musique pour interroger nos habitudes, nos angles morts et notre rapport au vivant. Et c’est précisément ce qui rend ce titre aussi marquant.

Dans cette continuité, on peut également noter que Sangham propose actuellement un t-shirt Our Vain Pleasure en édition limitée (en commande ici), dont le visuel s’inscrit directement dans le message porté par le morceau. 60 % des bénéfices des ventes seront reversés à FUTUR, une association engagée pour les animaux à travers des actions de sensibilisation, de terrain, de sauvetage, mais aussi de promotion du véganisme. Une belle manière de soutenir le groupe tout en prolongeant concrètement le propos du titre.
 

 

 

Avec Listen et Our Vain Pleasure, Sangham dévoile deux premiers aperçus particulièrement forts de son prochain album, The Radiant Crown, attendu pour octobre 2026. Deux titres très différents dans leur approche, mais traversés par une même intensité, entre introspection, engagement, colère, fragilité et quête de sens.

 

Si Listen touche par son intimité et sa manière d’aborder la maladie, la vieillesse et la mort, Our Vain Pleasure frappe de plein fouet par son propos engagé et son clip profondément dérangeant. Ces deux morceaux montrent un groupe capable de conjuguer puissance musicale, sincérité émotionnelle et regard critique sur le monde qui nous entoure.

 

Autant dire que The Radiant Crown fait déjà partie des albums que j’attends avec une grande impatience. Si Sangham poursuit dans cette direction, ce second disque pourrait bien marquer une étape majeure dans son parcours, et confirmer tout le potentiel d’un groupe français à suivre de très près.
 

 

Vous pouvez suivre et soutenir Sangham sur leur Bandcamp, Instagram, Facebook, YouTube, ainsi Soundcloud

26 juin 2026

Denuit : entre noirceur, poésie et lumière

 

 

À la recherche du temps perdu. Aujourd'hui, je vais enfin vous parler du duo Denuit, que je suis plus ou moins attentivement depuis déjà quelques années et auquel j'aurais dû consacrer une chronique bien plus tôt.

Je les ai découverts en 2022 grâce au partage Facebook d'une amie, avec le titre I'm Bleeding, qui m'avait immédiatement séduit. Mais il faut bien reconnaître que j'ai parfois tendance à m'éparpiller, à me concentrer sur certains styles musicaux plus que d'autres, sans compter quelques turbulences dans ma vie personnelle ces dernières années.

 

Comme le dit l'expression, mieux vaut tard que jamais. Et quoi de mieux que la sortie de leur nouveau single, Echo from Hell, pour enfin réparer cet oubli ?

 

 

Denuit est un duo français de darkwave formé en 2017 à Montpellier par Ivi Topp (synthés) et Lis Araignée (chant, claviers, flûte, gong). Après un premier album remarqué, Black Sun, paru en 2021, le groupe s'est progressivement imposé comme l'une des formations les plus captivantes de la scène darkwave française. Aujourd'hui, Denuit compte quatre albums à son actif, et un cinquième, Nothing lasts | forever, paraîtra sur les principales plateformes de streaming aux alentours d'octobre/novembre. Il sera prochainement possible de se procurer l'album en format CD sur le site officiel du groupe ainsi que sur leur Bandcamp.

 

 

Il y a beaucoup de choses que j'apprécie chez Denuit. Musicalement, le duo livre une darkwave à la fois sombre, percutante et redoutablement efficace. Aucune mélodie ne me laisse de marbre et chacune d'elles me donne irrésistiblement envie de danser.

 

Mais ce qui me touche tout autant, c'est la voix si singulière de Lis. Par moments, elle me rappelle celle de Siouxsie, tout en conservant une identité qui lui est propre. Avec la même aisance, elle chante en français comme en anglais et porte des textes empreints de noirceur, de poésie et d'une discrète lueur d'espoir : "J'ai oublié ton odeur / Mais pas tes yeux / Le gris couleur tempête / Celle qui te va le mieux" (Cendre), "Empoisonne-moi, mon cœur est ouvert / Plantes-y un couteau / Fais-le battre à nouveau" (Tiens-moi, Le monde tombe) ou encore "Sometimes I love you to death / After all, you're my lighthouse / Our souls are now bound together / Destined to merge ecstatically / In the blessed hellfire for all eternity" (I'm Bleeding).

 

 

 

À cela s'ajoute un procédé vocal que je trouve particulièrement réussi : Lis superpose régulièrement sa voix principale, posée dans les graves, à une seconde ligne plus aérienne dans les aigus. Ce jeu de contrastes apporte une véritable profondeur aux morceaux et participe pleinement à l'identité sonore de Denuit.

Echo from Hell, quatrième single extrait de Nothing lasts | forever, ne fait pas exception. Après le très mélodique et entêtant Tiens-moi, le monde tombe, le duo revient avec un titre plus frontal, teinté de sonorités EBM et intégralement interprété en anglais. Echo from Hell frappe aussi par la puissance de ses paroles, où s'affirme une volonté de reprendre possession de son propre corps : "Don’t touch me / I am not here / I don’t want you near / My body is only mine / My blood runs only in my veins"
 

 

Avec Echo from Hell, Denuit rappelle une nouvelle fois ce qui fait la force de son univers : une darkwave à la fois dansante, sombre et habitée, portée par une identité vocale immédiatement reconnaissable. Mais au-delà de ce nouveau single, c’est bien l’ensemble du parcours du duo qui mérite que l’on s’y attarde. Depuis Black Sun, Denuit creuse son propre sillon avec constance, intensité et une sincérité qui traverse aussi bien les mélodies que les textes. Après avoir trop longtemps repoussé le moment de leur consacrer une chronique, je peux désormais l’affirmer sans hésiter : Denuit fait partie de mes incontournables musicaux.

 

Pour suivre l'actualité de Denuit et soutenir le duo, rendez-vous sur leur : Site officiel, leur Bandcamp, ainsi que sur leurs pages Facebook, InstagramYouTube, TikTok et Patreon ! 

23 juin 2026

Faeloria : la beauté d'une rencontre musicale inattendue

 

 

Aujourd'hui, j'ai très envie de vous partager le projet musical de Faeloria, qui a pris vie il y a seulement quelques mois, mais qui possède déjà tout d'une grande artiste. Je l'ai découverte complètement par hasard en faisant défiler Instagram, et ce fut une très belle surprise.

 

Faeloria est un projet dark folk créé par Kécia Paquin Lafaille. À travers ses compositions, l’artiste invite l’auditeur à un voyage introspectif où se mêlent ombre et lumière, émotion et spiritualité. Une musique délicate et atmosphérique, qui semble chercher à révéler ce qui se cache au plus profond de nous-mêmes.

 

Actuellement, Faeloria a publié deux chansons : Ostara et Algiz. Elle a également collaboré avec le talentueux Gealdýr sur le titre Wyrmbana II. Sur son compte Instagram, on peut aussi découvrir plusieurs extraits, tous plus merveilleux les uns que les autres. 

 

 

 

Dès les premières notes, Faeloria nous embarque dans un univers à la fois doux, mystérieux et profondément immersif. Les nappes synthétiques planantes renforcent la dimension onirique des compositions et invitent à la contemplation, tandis que le tambour chamanique présent sur Ostara m'évoque les battements d'un cœur.

 

Le côté immersif est pleinement exploité sur Algiz avec le croassement d'un corbeau en introduction et l'utilisation d'une tagelharpa, qui est définitivement l'un de mes instruments préférés. Le morceau dégage une magnifique atmosphère chamanique qui m'emporte à chaque écoute.

 

Faeloria possède une beauté et une puissance vocales incroyables, qui me donnent la chair de poule à chaque écoute, une sensation encore renforcée lorsque je branche mon casque. Pour moi, elle fait partie des plus belles voix de la scène dark folk actuelle, avec certaines intonations qui peuvent évoquer, par moments, la talentueuse Lisa Gerrard.

 

Faeloria est clairement une artiste que je vais suivre attentivement, en espérant la sortie d’un EP en fin d’année ou au début de l’année prochaine. Je vous laisse avec OstaraAlgiz et le magnifique clip de Wyrmbana II : branchez votre casque, si vous en avez un, respirez profondément, fermez les yeux et laissez-vous guider à travers ces trois fabuleux titres.

 

Vous pouvez suivre et soutenir le travail de Faeloria sur son : Site officiel, Facebook, Instagram, Bandcamp, Soundcloud, TikTok et X . Je vous invite également à découvrir son compte Instagram emerald.tatoo car ses réalisations sont tout simplement somptueuses et méritent d'être vues. Dommage pour moi qu'elle vive au Canada et non en France !

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2026

Landroid - Constellation : un voyage cosmique au cœur des liens invisibles

 

 

Ça y est !! Landroid est bel et bien de retour avec un nouvel album intitulé Constellation, sept ans après l’excellent Imperial Dunes !

 

Pour accompagner cette sortie, Landroid a eu la géniale idée de proposer à sa communauté une expérience immersive durant cinq jours, complétée par l’envoi d’un passeport numérique. Celui-ci dévoilait la liste des onze titres, leurs paroles, ainsi que différentes énigmes et missions particulièrement ludiques. Chaque jour, un nouveau mail nous invitait également à découvrir les coulisses de la création de Constellation : l’arrivée de Nigel au sein du groupe, les premières idées de chansons enregistrées par Cooper sous forme de notes vocales, les carnets d’écriture de Hank the Dragon ou encore une capsule temporelle nous emmenant à la découverte du passé musical de chacun des membres.

 

Faute de temps et d’organisation personnelle, je n’ai malheureusement pas pu participer pleinement à cette aventure. J’ai néanmoins trouvé cette initiative particulièrement intéressante et enrichissante, malgré un petit bémol : les vidéos partagées par le groupe ne proposaient que des sous-titres en anglais, ce qui pouvait rendre leur compréhension parfois difficile.
 

Avant toute chose, il est important de préciser que Constellation n’est pas un simple album, mais un album-concept construit autour des liens qui nous unissent. Il évoque ces fils invisibles qui nous relient à notre passé, à notre avenir et aux personnes qui façonnent notre existence. À l’image d’étoiles dispersées dans le ciel nocturne, chacun suit sa propre trajectoire. Pourtant, lorsque celles-ci se croisent et se rejoignent, elles finissent par dessiner quelque chose de plus vaste : une constellation.

 

L’arrivée de Nigel Roman au sein de Landroid s’intègre d’ailleurs parfaitement dans l’univers de Constellation. Loin de donner l’impression d’une présence extérieure ou simplement additionnelle, il participe pleinement à la nouvelle ampleur narrative de l’album. Son apport renforce autant la dimension humaine du récit, centrée sur deux amants pris dans une spirale irréversible, que sa portée plus mythologique liée à Yaldabaoth et à cette création imparfaite dont les conséquences échappent à celui qui l’a déclenchée. L’alchimie avec Cooper est également l’une des grandes réussites de l’album : les deux sont véritablement en osmose, leurs voix et leurs sensibilités se répondant avec une belle évidence.

 

À travers cette nouvelle dynamique, Landroid gagne en relief et en profondeur. Les voix, les points de vue et les émotions semblent se répondre comme différentes étoiles d’une même carte céleste, donnant à l’album une cohérence encore plus forte.
 

Constellation s’ouvre avec The Beginning, un morceau puisant dans le récit gnostique de la création du monde. Celui-ci met en scène Yaldabaoth, un être imparfait qui, se croyant seul maître de l’univers, façonne le monde matériel malgré les avertissements des puissances divines qui lui sont supérieures.

 

Derrière cette dimension cosmique apparaît déjà la question centrale de l’album : que se passe-t-il lorsque l’on déclenche quelque chose qu’il devient impossible d’arrêter ?

Le récit quitte alors les origines de l’univers pour se resserrer autour de deux amants. Après avoir braqué une banque, ils se retrouvent confrontés à un coup de feu qui fera irréversiblement basculer leur existence. Deux histoires en apparence très éloignées, mais traversées par la même peur : celle des conséquences d’un acte sur lequel il n’est plus possible de revenir.

 

 

Tout au long de son écoute, je n’ai pu m’empêcher de trouver ce deuxième album de Landroid terriblement poétique et touchant, autant par ses paroles et les thèmes abordés que par sa dimension musicale.

Parmi ces thématiques, le groupe évoque avec une grande justesse les héritages invisibles, notamment avec Autonomous, qui interroge le poids du passé, la figure paternelle et la nécessité de trouver sa propre voie.

 

Mais Constellation parle surtout de l’amour comme lien, refuge et vertige, à travers des titres comme Say My Name, Nine Moons, When You Close Your Eyes ou encore Stay.

Dans cette partie de l’album, Landroid explore différentes nuances du sentiment amoureux : l’attirance, le manque, la mémoire et cette peur de voir l’autre nous échapper.

Say My Name possède une dimension plus immédiate et charnelle, tandis que Nine Moons s’impose comme l’une des plus belles respirations de l’album. Plus proche de la ballade, le titre touche par sa mélancolie lumineuse et cette sensation d’éloignement que l’on tente malgré tout de traverser. When You Close Your Eyes prolonge cette idée en laissant apparaître les fantômes du passé, ces souvenirs amoureux qui continuent d’habiter les lieux, les gestes et les silences.

Plutôt que d’exister séparément, ces chansons semblent former une même constellation intime autour du désir, de l’absence et de la persistance des souvenirs.

 

Et justement, Stay occupe une place particulière dans l’album, puisqu’il s’agit sans doute de mon titre préféré de Constellation. Peut-être parce qu’il évoque cette immense peur de voir l’autre s’éloigner, même lorsqu’il est encore présent à nos côtés. On y ressent une supplication intime, presque désespérée, magnifiquement portée par Nigel, qui fait selon moi des merveilles sur cette chanson. Comme si le simple fait de demander à l’autre de rester devenait déjà un aveu de fragilité. Le refrain, construit autour de cette supplication simple, "Stay / Please stay / I’ll do anything", résume à lui seul toute la fragilité du morceau.

 

 

Landroid y capte avec beaucoup de justesse ce moment trouble où l’amour ne suffit plus forcément à retenir quelqu’un, mais où l’on continue malgré tout à tendre la main. Dans le cadre de Constellation, Stay devient alors l’une des étoiles les plus sensibles de l’album : celle qui rappelle que les liens qui nous unissent peuvent être puissants, mais aussi terriblement vulnérables.

 

Musicalement, j’adore également sa ligne de basse énergique et hypnotisante. Cooper y fait preuve d’une grande maîtrise : cette basse apporte selon moi toute la profondeur du morceau, comme un mouvement intérieur qui maintient la chanson en tension permanente.

Cette importance accordée à la basse se prolonge sur Say My Name, où elle continue d’occuper une place essentielle. Elle donne au morceau une pulsation plus charnelle, presque magnétique, comme si elle venait traduire physiquement l’attirance entre les deux personnages. Après la supplication fragile de Stay, Say My Name semble prolonger ce même lien sous une forme plus fiévreuse et immédiate.

La basse devient alors l’un des fils invisibles de l’album, reliant les chansons entre elles autant qu’elle relie les émotions des protagonistes.

 

 

 

Hank the Dragon trouve également une place importante dans cette traversée émotionnelle. Déjà marquant lors de sa sortie, le titre prend encore plus de sens une fois replacé au cœur de Constellation. Il ne fonctionne plus seulement comme un morceau magnifique, efficace et terriblement addictif, mais comme une pièce essentielle du puzzle imaginé par Landroid.

Dans le contexte de l’album, Hank the Dragon semble prolonger les questionnements autour de l’erreur, de la fragilité et de cette possibilité de retomber amoureux malgré les blessures. Il y a dans ce titre quelque chose de profondément humain : cette impression d’avoir cassé quelque chose, de ne pas toujours savoir comment réparer, mais de continuer malgré tout à chercher une forme de lumière au milieu des morceaux éparpillés.

 

 

 

Cette fragilité se prolonge ensuite sur Sometimes, autre moment particulièrement touchant de Constellation. Cooper y chante tout en douceur, avec cette impression de venir nous cueillir presque sans prévenir. Sa voix avance avec une grande délicatesse, comme si l’émotion n’avait pas besoin d’être forcée pour nous atteindre.

Musicalement, le morceau conserve cette basse profonde et scotchante, qui maintient l’ensemble dans une forme de gravité intime. Nigel intervient quant à lui en chœur de manière discrète, presque en arrière-plan, mais suffisamment pour apporter une couleur supplémentaire au titre. Cette présence subtile renforce la dimension fragile et spirituelle de Sometimes, qui interroge la foi, la peur et cette forme d’amour invisible auquel il faut accepter de croire sans toujours le comprendre.

 

 

Cette dimension spirituelle trouve son aboutissement avec The Ending, qui vient refermer la boucle ouverte par The Beginning. Landroid y relie la mort des deux amants à une forme de fin du monde, non pas pensée comme une catastrophe, mais comme une libération. Dans la lecture gnostique qui accompagne l’album, le monde matériel créé par Yaldabaoth est imparfait et temporaire. Lorsque les âmes retrouvent leur lumière intérieure, elles peuvent alors se détacher de cette réalité et retourner vers le Plérôme, ce royaume de plénitude spirituelle évoqué dès le début du voyage.

 

Dans ce contexte, The Ending ne sonne pas comme une conclusion brutale, mais comme une dissolution progressive. Après les choix irréversibles, les héritages invisibles, les amours fragiles et les souvenirs qui persistent, le morceau donne l’impression que tout revient à la source. La fin devient alors moins une disparition qu’un passage, comme si Constellation achevait son récit en transformant la perte en retour vers quelque chose de plus vaste.
 

Pour conclure cette chronique, Constellation est un excellent album, profondément touchant, pour lequel j’ai un énorme coup de cœur. C’est un voyage musical qui s’écoute d’une seule traite, porté par une cohérence remarquable et une forte constance du début à la fin. Chaque titre semble trouver naturellement sa place dans l’ensemble, comme si Landroid avait pris le temps de construire un univers où rien n’est laissé au hasard.

Le groupe conserve cette ambiance lynchienne qui faisait déjà partie de son identité sur Imperial Dunes, mais la pousse ici encore plus loin. Tout paraît plus abouti, plus maîtrisé, plus immersif. Constellation possède cette capacité à installer des images mentales très fortes, entre rêve étrange, romance blessée, fuite en avant et vertige cosmique.

 

Sept ans après Imperial Dunes, Landroid ne se contente donc pas de revenir avec un nouvel album. Le groupe élargit son univers, affirme une nouvelle dynamique et signe une œuvre ambitieuse sans jamais perdre son cœur émotionnel. L’arrivée de Nigel apporte une vraie profondeur supplémentaire, tandis que l’alchimie avec Cooper renforce l’intensité de l’ensemble. Greg, de son côté, reste essentiel à cet équilibre : sa présence participe à cette identité sonore si particulière, à la fois élégante, mystérieuse et profondément immersive.

Avec ses mélodies accrocheuses, ses basses profondes, ses voix parfaitement complémentaires et son concept aussi poétique que fascinant, Constellation fait partie de ces albums qui gagnent encore en puissance au fil des écoutes. Un album sensible, immersif et terriblement attachant, qui confirme que Landroid est bel et bien de retour, et de la plus belle des manières.
 

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