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Aux notes enchantées
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Salut, moi c’est Steeve ! 41 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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14 janvier 2026

Sowulo – NIHT : un rituel sonore immersif

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’ai encore jamais rédigé de chronique consacrée à l’excellent projet Sowulo. Et pourtant, j’ai régulièrement eu de véritables coups de cœur pour certains de ses titres, comme Brego in Breoste, Spatle Æghwas, Eaxlgestealla ou encore Full Mōna
Il était donc grand temps de réparer cet oubli et de leur consacrer enfin une chronique. Avant de débuter, une présentation s'impose avec la biographie issue du site officiel :

 

Sowulo est l’œuvre musicale évocatrice du multi-instrumentiste Faber Horbach, mêlant la philosophie spirituelle de l’Europe du Nord ancienne aux cycles perpétuels de l’univers.

À travers l’utilisation d’un large éventail d’instruments historiques, de mélodies mélancoliques et de textes philosophiques chantés en vieil anglais (anglo-saxon), Sowulo façonne un paysage sonore immersif, invitant l’auditeur à entreprendre un véritable voyage intérieur.

Le projet tisse une identité musicale singulière en combinant les sonorités d’instruments tels que le carnyx (instrument à vent celte), la nyckelharpa, la harpe celtique, les tambours chamaniques, les cors, le bouzouki irlandais, la tagelharpa, la lyre, l’alto, ainsi que diverses techniques vocales traditionnelles.

 

Le nom Sowulo, qui signifie « Soleil » en proto-germanique, résume parfaitement l’essence du projet. À mesure que nous gravitons autour de l’astre solaire, se révèle la nature cyclique de la vie : l’alternance du jour et de la nuit, le passage des quatre saisons, la naissance et la mort, ainsi que la danse éternelle entre déclin et renouveau.

 

Sur le dernier album NIHT, le dernier le line-up est le suivant :

  • Faber Horbach : Bouzouki, chant et nyckelharpa
  • Micky Huijsmans : Chant
  • Chloe Alicia : Harpe celtique
  • Koen van Egmond : Flûte
  • Klaartje Julia : Viola
  • Pan Gruens : Davul

 

NIHT, qui signifie « nuit », est le sixième album de Sowulo. Conçu suite à une perte personnelle de Faber, l’album embrasse la nuit en tant que professeur et la lune en tant que guide.

 

L'album s'ouvre avec Niwe Mōna, porté par la voix sublime et habitée de Micky Huijsmans, l’auditeur est plongé dans une atmosphère où se mêlent douceur, profondeur et recueillement. D'ailleurs, elle est omniprésente sur l’album, sans doute plus que sur les précédentes sorties de Sowulo. Une présence vocale qui fait toute la différence et se révèle être un véritable régal auditif, tant sa voix est remarquable, profondément expressive et en parfaite osmose avec Faber, donnant naissance à des moments réellement sublimes sur l’ensemble de l’album. Leur alchimie est évidente dès le second titre, Seolfren Sicol, morceau fort porté par de puissantes percussions, mais aussi par des notes de harpe cristallines, dont l’équilibre et le rendu sont particulièrement réussis.

 

Avec Āsteorfan (mourir), Faber nous offre le premier moment fort de l’album. Ce titre, tout comme le suivant Sōl ond Māni, a été tissé à partir du deuil, de la mythologie et de la transformation, en s’appuyant sur des instruments brisés et des voix primales pour affronter la mort de l’ego et le vide laissé par la disparition de la lumière. La chanson est accompagnée par un sublime clip, dans lequel Micky incarne une personnification de la nuit en portant un sublime masque de papillon crée par l'artiste Oktawia Watras ! L'émotion est palpable tout du long, Faber et Micky y vivent la chanson avec une intensité authentique.

 

 

Sōl ond Māni puise son inspiration dans la mythologie scandinave en évoquant la relation intime entre la disparition de la lumière et celle de la vie. Le morceau s’appuie sur le mythe du Soleil et de la Lune pourchassés par deux loups jusqu’au Ragnarök, moment où leur lumière s’éteint et plonge le monde dans le Fimbulwinter, une ère de ténèbres et de conflits.

En 2024, Faber a perdu à la fois son père et son beau-père. Leur absence résonne tout au long de la chanson à travers les cordes d’une nyckelharpa brisée. Cet instrument, proche du violon, est tombé accidentellement au sol à l’issue de l’une des performances live de Sowulo, laissant une empreinte sonore aussi fragile que chargée de sens.

 

Durant la chanson, Faber utilise également l’un de mes instruments préférés : le rhombe. Cette lame plate, en bois, en os ou en pierre, attachée à une corde, produit, lorsqu’on la fait tourner au-dessus de la tête, un vrombissement grave et hypnotique, presque tellurique, dont l’intensité varie selon la vitesse et la longueur de la corde.

Le titre est principalement interprété par Micky, jusqu’au refrain où Faber la rejoint pour un duo mémorable, à la fois puissant et profondément émouvant. Le clip qui accompagne Sōl ond Māni prolonge cette intensité avec une esthétique majestueuse et poétique.

 

 

On arrive ensuite sur l’un de mes deux titres préférés de l’album avec Full Mōna, second single dévoilé par Sowulo. Véritable chanson épique, le morceau est dédié à la pleine lune, honorée comme une source de lumière et de guidance au cœur de l’obscurité.  Le refrain est particulièrement accrocheur, porté par un Mōna répété en boucle par Micky, tandis que Faber opte pour un chant guttural brut, contrastant fortement avec la douceur de sa voix.

 

Mon second titre préféré est donc Miċele Steorran, l’un des plus beaux morceaux de Sowulo à mes oreilles, de par la pureté et la tranquillité qui s’en dégagent. Les paroles, interprétées en anglo-saxon, évoquent la nuit et son ciel étoilé, où l’obscurité devient un refuge plutôt qu’une menace. On se sent littéralement enveloppé par l’atmosphère du morceau, qui apporte un profond apaisement et une véritable paix intérieure. C’est, tout simplement, un câlin émotionnel.

 

 

Le morceau suivant, Monaþblod (« sang de lune »), s’ancre profondément dans les cycles naturels et le corps féminin. À travers des paroles chantées en vieil anglais, le titre évoque le flux et le reflux, l’alternance entre croissance et décroissance, faisant du sang menstruel un symbole sacré plutôt qu’un tabou.

 

Monaþblod célèbre ainsi la sagesse ancestrale du corps féminin, présenté comme porteur d’un savoir ancien, intuitif et cyclique. La voix de Micky, puissante et brute, agit ici comme une invocation, honorant ce « temps du sang » et invitant à écouter ce qu’il a à transmettre. Le morceau s’inscrit pleinement dans une dimension rituelle, où le rythme lunaire, la fertilité et la spiritualité ne font plus qu’un.

 

Nihtēagan est un sublime morceau introspectif qui invite à accepter l'ombre présente en chacun de nous, en allant au plus profond de soi pour affronter ce qui s’y cache, s’y construit et y revient. e duo Micky / Faber continue d’imposer une intensité grandiose et particulièrement prenante.

 

On arrive sur Carnyx, un des morceaux les plus intrigants et incroyable qu'il m'ait été donné d'entendre ! Un titre 100% instrumental, dédié à cet instrument à vent celte du même nom. Cet instrument était utilisé pour t terroriser l'ennemi sur les champs de batailles durant l'âge de fer (source geo.fr). A titre personnel, je ne le trouve pas terrorisant mais très impressionnant. Vous pouvez avoir un aperçu de l'instrument ici.

 

Après Carnyx, Eald Mōna constitue le second morceau instrumental de l’album et s’inscrit sous le signe de l’ancienne lune, évoquant ce moment de bilan où l’on célèbre autant les dons que les leçons reçues. Sa lumière déclinante invite à laisser derrière soi ce qui n’a plus lieu d’être, afin d’ouvrir un espace à ce qui reste à venir.

 

L’album se poursuit avec Heolstor Sċeadu et Genihtian, deux morceaux qui, à mes oreilles, se révèlent un peu moins prenants et émotionnellement moins impactants que le reste de NIHT, et qui tirent légèrement le voyage musical de l’album en longueur.

 

NIHT s’achève sur l’outro Genihtian, qui signifie en anglo-saxon quelque chose comme « devenir nuit » ou « être plongé dans la nuit ». Cette conclusion marque la fin du rituel, un retour à l’obscurité totale et au néant.

La nuit devient ici un état d’unité et de dissolution, nécessaire à la régénération. C’est dans cette absence de forme que s’opère la transformation, prélude à une future renaissance, à l’image d’un cycle de mort et de réincarnation.

 

NIHT s'impose comme un album immersif, cohérent et porté par une richesse musicale, mais également par l'incroyable alchimie entre Micky et Faber ! C'est un album qui s’écoute comme un rituel nocturne traversé par la perte, l’introspection et la renaissance.

 

Suivez et retrouvez l'actualité de Sowulo sur leur : Site officiel, Facebook, Instagram, Bandcamp et pour vous procurez NIHT et autres articles rendez-vous sur le site du merchandising

 

 

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