Cherryshoes : l’élégance sombre de Lisa MottramCherry
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Après avoir consacré une chronique à Archive et à leur album Glass Minds, la suite logique était de vous parler de Cherryshoes, le projet solo de l’artiste galloise Lisa Mottram. Comme je vous l’avais expliqué à cette occasion, sa voix m’a totalement foudroyé. J’ai donc voulu en savoir davantage sur son parcours musical et grand bien m’en a pris, car ce qu’elle propose est vraiment excellent.
Cherryshoes évolue dans un univers que l’on pourrait rapprocher d’une pop noire, rêveuse et hypnotique. Une musique située quelque part entre la dream pop, le shoegaze, la mélancolie lo-fi et cette manière très particulière de faire flotter les chansons dans une atmosphère presque nocturne.
Le premier titre que j’ai écouté fut Too Late, une chanson extrêmement émouvante, portée par une voix quasiment éthérée. Il y a dans ce titre une pudeur très forte, une façon de ne jamais forcer l’émotion, mais de la laisser apparaître progressivement, jusqu’à ce qu’elle finisse par prendre toute la place.
La discographie de Cherryshoes se compose pour le moment uniquement de singles, ce qui donne à son univers une forme assez particulière. Plutôt que de découvrir un album pensé comme un bloc, on entre ici par fragments, par images, par atmosphères successives.
Chaque titre semble ouvrir une petite fenêtre différente sur le même monde intérieur, avec ses zones d’ombre, ses éclats de lumière et cette mélancolie vaporeuse qui traverse l’ensemble. En écoutant des titres comme Too Late, Losing You, Stay with me ou Take it, j’ai rapidement retrouvé ce qui m’avait touché chez Lisa Mottram avec Archive. Cette voix qui semble flotter au-dessus de la musique, mais qui parvient pourtant à transmettre énormément d’émotion. Cherryshoes ne cherche pas à en mettre plein les oreilles. Les chansons prennent leur temps, avancent avec douceur, et c’est justement ce qui les rend aussi attachantes.
J’ai également un vrai faible pour le premier single que Lisa avait publié en 2017, Ride On. Deux titres y sont présents : Ride On et Justice, qui sont beaucoup moins mélancoliques que les morceaux les plus récents, mais tout aussi bons et percutants. Ces deux titres sont davantage tournés vers une électro-pop sombre, avec une pulsation plus marquée et une énergie plus directe.
Ride On possède déjà ce côté hypnotique que l’on retrouve dans l’univers de Cherryshoes, mais avec une approche plus rythmée. Le titre avance sans trop en faire, porté par une ambiance nocturne et par cette voix qui semble flotter au-dessus de la musique. Justice, de son côté, se montre encore un peu plus nerveux, presque plus immédiat, tout en conservant cette élégance sombre qui fait le charme du projet.
Ce qui est intéressant avec ce premier single, c’est qu’il permet de voir que Cherryshoes ne s’est pas construit uniquement autour de la mélancolie. Il y a aussi chez Lisa Mottram une vraie capacité à proposer des titres plus dynamiques, plus accrocheurs, sans perdre cette atmosphère particulière qui rend sa musique immédiatement reconnaissable.
Autre titre qui m’a marqué : Don’t Hold Your Breath, à la durée très courte, puisqu’il ne dépasse pas les 2’04. Le morceau sonne plus expérimental, moins mélancolique que ses titres les plus récents, mais toujours porté par la voix éthérée de Lisa Mottram. J’aime beaucoup le jeu de guitare, avec ses sonorités claires et légèrement rétro, qui m’a même évoqué par moments The Shadows, comme une petite touche vintage glissée dans un univers pourtant beaucoup plus sombre et étrange.
Je vais vous parler d’un dernier titre : Play Boy. C’est difficile de ne pas évoquer les autres morceaux, tant ils sont vraiment bons, mais il faut bien faire des choix pour rédiger cette chronique. Très accrocheuse, un peu rétro et assez douce, cette chanson ferait selon moi un très beau titre pour un début de soirée en tête à tête, avec cette ambiance à la fois légère et intime.
Pour conclure, Cherryshoes est une très belle découverte et un vrai coup de cœur. Je suis vraiment heureux d’avoir voulu en savoir davantage sur le parcours de Lisa Mottram après ma chronique consacrée à Archive.
Sa voix m’avait déjà totalement conquis sur Glass Minds, mais avec Cherryshoes, j’ai découvert une facette encore plus personnelle de son univers. Ses morceaux ne dégagent pas tous la même chose : certains serrent le cœur, d’autres sont plus accrocheurs, plus rétro ou plus expérimentaux. Sa discographie peut sembler fragmentée au premier abord, mais elle reste pourtant très cohérente, comme si chaque titre ajoutait une nouvelle nuance à son univers.
Si vous aimez les voix aériennes, les ambiances sombres et rêveuses, ainsi que les titres qui vous restent en tête sans avoir besoin d’en faire des tonnes, je vous conseille fortement de découvrir Cherryshoes. Je vous invite aussi à fouiller du côté de Bandcamp SoundCloud et même YouTube, où l’on trouve d’autres morceaux absents des plateformes de streaming habituelles. Mention spéciale à Vampires, qui est vraiment géniale.
Vous pouvez suivre et soutenir Cherryshoes sur Bandcamp, Instagram, Facebook, SoundCloud et YouTube.
