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Aux notes enchantées
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Salut, moi c’est Steeve ! 42 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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29 juin 2026

Sangham : entre puissance, fragilité et prise de conscience

 

 

Aujourd'hui place au groupe Sangham que j'avais découvert quelques semaines avant mon hospitalisation de mars dernier et grâce à l'excellent compte Instagram de Naryka. Si vous êtes fans de metal, foncez découvrir son univers : il regorge de très belles découvertes et de groupes qui méritent clairement qu’on tende l’oreille.

 

Sangham est un groupe de metal moderne et progressif qui a vu le jour en 2020 à Marseille. Il se compose de :

 

  • Christelle Meunier (chants)
  • Cyril Lhuillier (guitares et chants)
  • Florian Le Bozec (batterie)
  • Calliste Vignali (basse)

 

Le nom du groupe provient du sanskrit “sangama”, qui désigne une confluence, et plus précisément la rencontre de trois fleuves sacrés en Inde : le Gange, la Yamuna et la Sarasvatî. Cette union entre plusieurs cours d’eau incarne aussi la rencontre du visible et de l’invisible, du physique et du spirituel. Dans la tradition hindoue, ce lieu est considéré comme un espace de purification et de libération comme l’explique le site Ekongkar Yoga

 

Je trouve que cette symbolique colle particulièrement bien à l’univers de Sangham, tant leur musique semble elle aussi chercher un point de rencontre : entre puissance et fragilité, tension et apaisement, matière brute et élévation intérieure.

 

 

 

 

J’ai découvert Sangham avec le titre Listen, un morceau très intime écrit par Christelle. Comme elle l’explique sur le compte Instagram du groupe, cette chanson est née à la suite d’une maladie de l’oreille, le cholestéatome, et de deux opérations qui lui ont fait perdre une grande partie de son audition.

 

À travers Listen, Christelle évoque le rapport que nous entretenons, en tant qu’êtres humains, avec la maladie, la vieillesse et la mort. Un sujet profondément sensible, abordé sans pathos, mais avec une sincérité qui touche immédiatement.

Musicalement, c’est du lourd : les riffs sont tranchants, incisifs, et donnent au morceau une puissance qui fait vraiment plaisir à entendre. Vocalement, Christelle impressionne par son efficacité et sa capacité à nous captiver dès les premiers instants. Elle enchaîne avec brio les passages en chant clair et en chant saturé, un mélange qui me plaît de plus en plus dans le metal au fil des années.

Côté puissance et saturation, Cyril n’est pas en reste non plus et apporte lui aussi une vraie intensité au morceau.
 

 

 

 

 

 

“Our Vain Pleasure” est un titre engagé, qui dénonce l’exploitation animale et la violence systémique dissimulée derrière nos habitudes de consommation. Sangham y questionne notre rapport au plaisir, au confort, et cette facilité que nous avons parfois à détourner le regard.

La chanson et le clip sont d’une qualité remarquable et se révèlent extrêmement bouleversants. Sur le plan vocal, le morceau repose sur un contraste saisissant entre des couplets empreints de fragilité, portés par le chant clair de Christelle, dont certaines nuances m’évoquent par moments Sharon den Adel, et des refrains beaucoup plus bruts, où les chants saturés de Cyril expriment la rage et la douleur.

 

Ce contraste donne au titre une intensité particulièrement forte, avec une émotion qui reste palpable du début à la fin et atteint son paroxysme dans les passages les plus puissants.
 

Le clip, quant à lui, est magistral et d’une justesse incroyable. Réalisé de manière à ne jamais laisser le spectateur à distance, il me semble presque impossible de ne rien ressentir durant son visionnage.

 

La vidéo, réalisée par Elise Meunier, aka Lili Youri Tchekhov, propose une immersion dans un univers dystopique où le personnage traverse une succession d’expériences marquées par la peur et la dépossession de soi. À travers une mise en scène symbolique et dérangeante, elle invite le spectateur à se placer du point de vue d’un être exploité, de sa naissance à sa mise à mort. Le résultat est pleinement bouleversant, mais aussi très dérangeant. Il faut avoir le cœur bien accroché pour aller jusqu’au bout du clip, en particulier lors de sa dernière partie, qui intègre des images issues de L214, FUTUR Association, SOKO Tierschutz et Espèces sans issue. Ces images donnent au propos une force supplémentaire et rendent impossible toute mise à distance confortable.

 

Je tiens également à souligner la performance phénoménale d’Olivia Verner, qui incarne avec une intensité bouleversante cet être exploité, malmené tout au long du clip. Sa présence et son  expressivité rendent le visionnage encore plus éprouvant, tant elle parvient à transmettre la peur, la vulnérabilité et la dépossession de soi. Je vous invite également à découvrir son compte Instagram, où l’on peut mesurer tout son talent de danseuse et de performeuse au rope dart.

 

 

Je ne suis pas végan, mais cette vidéo a eu le mérite de me faire à nouveau réfléchir à la question de l’exploitation animale, et aux souffrances infligées à des êtres vivants au nom de nos habitudes de consommation. Il fut une époque où je mangeais de la viande quotidiennement, en particulier de la viande rouge. Ces dernières années, après m’être renseigné sur les réalités de l’élevage intensif, j’ai drastiquement réduit ma consommation, au point de ne plus manger de viande qu’environ une fois tous les quinze jours.

 

Ce n’est sans doute pas parfait, et je pourrais probablement faire mieux. Mais ce clip rappelle justement que le plus important est peut-être de ne pas détourner le regard, de continuer à se questionner, et d’accepter que certaines prises de conscience se fassent aussi progressivement.

 

Ce que j’apprécie aussi chez Sangham, c’est cette volonté de ne pas lisser son propos. À une époque où beaucoup de choses semblent devenir de plus en plus aseptisées, et où l’on entend parfois que les artistes ne devraient pas exprimer leurs opinions, cette démarche me paraît importante.

 

La musique n’a jamais été uniquement un simple divertissement. Elle peut aussi être un espace de colère, de questionnement, de prise de conscience et de résistance. Les artistes sont aussi des citoyens, avec une sensibilité, un regard sur le monde et le droit d’exprimer ce qui les traverse, tant que cela ne sert pas à relayer des idées haineuses ou oppressives.

 

Avec Our Vain Pleasure, Sangham ne propose pas seulement un morceau puissant : le groupe utilise aussi sa musique pour interroger nos habitudes, nos angles morts et notre rapport au vivant. Et c’est précisément ce qui rend ce titre aussi marquant.

Dans cette continuité, on peut également noter que Sangham propose actuellement un t-shirt Our Vain Pleasure en édition limitée (en commande ici), dont le visuel s’inscrit directement dans le message porté par le morceau. 60 % des bénéfices des ventes seront reversés à FUTUR, une association engagée pour les animaux à travers des actions de sensibilisation, de terrain, de sauvetage, mais aussi de promotion du véganisme. Une belle manière de soutenir le groupe tout en prolongeant concrètement le propos du titre.
 

 

 

Avec Listen et Our Vain Pleasure, Sangham dévoile deux premiers aperçus particulièrement forts de son prochain album, The Radiant Crown, attendu pour octobre 2026. Deux titres très différents dans leur approche, mais traversés par une même intensité, entre introspection, engagement, colère, fragilité et quête de sens.

 

Si Listen touche par son intimité et sa manière d’aborder la maladie, la vieillesse et la mort, Our Vain Pleasure frappe de plein fouet par son propos engagé et son clip profondément dérangeant. Ces deux morceaux montrent un groupe capable de conjuguer puissance musicale, sincérité émotionnelle et regard critique sur le monde qui nous entoure.

 

Autant dire que The Radiant Crown fait déjà partie des albums que j’attends avec une grande impatience. Si Sangham poursuit dans cette direction, ce second disque pourrait bien marquer une étape majeure dans son parcours, et confirmer tout le potentiel d’un groupe français à suivre de très près.
 

 

Vous pouvez suivre et soutenir Sangham sur leur Bandcamp, Instagram, Facebook, YouTube, ainsi Soundcloud

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