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Aux notes enchantées
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Salut, moi c’est Steeve ! 42 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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22 juin 2026

Landroid - Constellation : un voyage cosmique au cœur des liens invisibles

 

 

Ça y est !! Landroid est bel et bien de retour avec un nouvel album intitulé Constellation, sept ans après l’excellent Imperial Dunes !

 

Pour accompagner cette sortie, Landroid a eu la géniale idée de proposer à sa communauté une expérience immersive durant cinq jours, complétée par l’envoi d’un passeport numérique. Celui-ci dévoilait la liste des onze titres, leurs paroles, ainsi que différentes énigmes et missions particulièrement ludiques. Chaque jour, un nouveau mail nous invitait également à découvrir les coulisses de la création de Constellation : l’arrivée de Nigel au sein du groupe, les premières idées de chansons enregistrées par Cooper sous forme de notes vocales, les carnets d’écriture de Hank the Dragon ou encore une capsule temporelle nous emmenant à la découverte du passé musical de chacun des membres.

 

Faute de temps et d’organisation personnelle, je n’ai malheureusement pas pu participer pleinement à cette aventure. J’ai néanmoins trouvé cette initiative particulièrement intéressante et enrichissante, malgré un petit bémol : les vidéos partagées par le groupe ne proposaient que des sous-titres en anglais, ce qui pouvait rendre leur compréhension parfois difficile.
 

Avant toute chose, il est important de préciser que Constellation n’est pas un simple album, mais un album-concept construit autour des liens qui nous unissent. Il évoque ces fils invisibles qui nous relient à notre passé, à notre avenir et aux personnes qui façonnent notre existence. À l’image d’étoiles dispersées dans le ciel nocturne, chacun suit sa propre trajectoire. Pourtant, lorsque celles-ci se croisent et se rejoignent, elles finissent par dessiner quelque chose de plus vaste : une constellation.

 

L’arrivée de Nigel Roman au sein de Landroid s’intègre d’ailleurs parfaitement dans l’univers de Constellation. Loin de donner l’impression d’une présence extérieure ou simplement additionnelle, il participe pleinement à la nouvelle ampleur narrative de l’album. Son apport renforce autant la dimension humaine du récit, centrée sur deux amants pris dans une spirale irréversible, que sa portée plus mythologique liée à Yaldabaoth et à cette création imparfaite dont les conséquences échappent à celui qui l’a déclenchée. L’alchimie avec Cooper est également l’une des grandes réussites de l’album : les deux sont véritablement en osmose, leurs voix et leurs sensibilités se répondant avec une belle évidence.

 

À travers cette nouvelle dynamique, Landroid gagne en relief et en profondeur. Les voix, les points de vue et les émotions semblent se répondre comme différentes étoiles d’une même carte céleste, donnant à l’album une cohérence encore plus forte.
 

Constellation s’ouvre avec The Beginning, un morceau puisant dans le récit gnostique de la création du monde. Celui-ci met en scène Yaldabaoth, un être imparfait qui, se croyant seul maître de l’univers, façonne le monde matériel malgré les avertissements des puissances divines qui lui sont supérieures.

 

Derrière cette dimension cosmique apparaît déjà la question centrale de l’album : que se passe-t-il lorsque l’on déclenche quelque chose qu’il devient impossible d’arrêter ?

Le récit quitte alors les origines de l’univers pour se resserrer autour de deux amants. Après avoir braqué une banque, ils se retrouvent confrontés à un coup de feu qui fera irréversiblement basculer leur existence. Deux histoires en apparence très éloignées, mais traversées par la même peur : celle des conséquences d’un acte sur lequel il n’est plus possible de revenir.

 

 

Tout au long de son écoute, je n’ai pu m’empêcher de trouver ce deuxième album de Landroid terriblement poétique et touchant, autant par ses paroles et les thèmes abordés que par sa dimension musicale.

Parmi ces thématiques, le groupe évoque avec une grande justesse les héritages invisibles, notamment avec Autonomous, qui interroge le poids du passé, la figure paternelle et la nécessité de trouver sa propre voie.

 

Mais Constellation parle surtout de l’amour comme lien, refuge et vertige, à travers des titres comme Say My Name, Nine Moons, When You Close Your Eyes ou encore Stay.

Dans cette partie de l’album, Landroid explore différentes nuances du sentiment amoureux : l’attirance, le manque, la mémoire et cette peur de voir l’autre nous échapper.

Say My Name possède une dimension plus immédiate et charnelle, tandis que Nine Moons s’impose comme l’une des plus belles respirations de l’album. Plus proche de la ballade, le titre touche par sa mélancolie lumineuse et cette sensation d’éloignement que l’on tente malgré tout de traverser. When You Close Your Eyes prolonge cette idée en laissant apparaître les fantômes du passé, ces souvenirs amoureux qui continuent d’habiter les lieux, les gestes et les silences.

Plutôt que d’exister séparément, ces chansons semblent former une même constellation intime autour du désir, de l’absence et de la persistance des souvenirs.

 

Et justement, Stay occupe une place particulière dans l’album, puisqu’il s’agit sans doute de mon titre préféré de Constellation. Peut-être parce qu’il évoque cette immense peur de voir l’autre s’éloigner, même lorsqu’il est encore présent à nos côtés. On y ressent une supplication intime, presque désespérée, magnifiquement portée par Nigel, qui fait selon moi des merveilles sur cette chanson. Comme si le simple fait de demander à l’autre de rester devenait déjà un aveu de fragilité. Le refrain, construit autour de cette supplication simple, "Stay / Please stay / I’ll do anything", résume à lui seul toute la fragilité du morceau.

 

 

Landroid y capte avec beaucoup de justesse ce moment trouble où l’amour ne suffit plus forcément à retenir quelqu’un, mais où l’on continue malgré tout à tendre la main. Dans le cadre de Constellation, Stay devient alors l’une des étoiles les plus sensibles de l’album : celle qui rappelle que les liens qui nous unissent peuvent être puissants, mais aussi terriblement vulnérables.

 

Musicalement, j’adore également sa ligne de basse énergique et hypnotisante. Cooper y fait preuve d’une grande maîtrise : cette basse apporte selon moi toute la profondeur du morceau, comme un mouvement intérieur qui maintient la chanson en tension permanente.

Cette importance accordée à la basse se prolonge sur Say My Name, où elle continue d’occuper une place essentielle. Elle donne au morceau une pulsation plus charnelle, presque magnétique, comme si elle venait traduire physiquement l’attirance entre les deux personnages. Après la supplication fragile de Stay, Say My Name semble prolonger ce même lien sous une forme plus fiévreuse et immédiate.

La basse devient alors l’un des fils invisibles de l’album, reliant les chansons entre elles autant qu’elle relie les émotions des protagonistes.

 

 

 

Hank the Dragon trouve également une place importante dans cette traversée émotionnelle. Déjà marquant lors de sa sortie, le titre prend encore plus de sens une fois replacé au cœur de Constellation. Il ne fonctionne plus seulement comme un morceau magnifique, efficace et terriblement addictif, mais comme une pièce essentielle du puzzle imaginé par Landroid.

Dans le contexte de l’album, Hank the Dragon semble prolonger les questionnements autour de l’erreur, de la fragilité et de cette possibilité de retomber amoureux malgré les blessures. Il y a dans ce titre quelque chose de profondément humain : cette impression d’avoir cassé quelque chose, de ne pas toujours savoir comment réparer, mais de continuer malgré tout à chercher une forme de lumière au milieu des morceaux éparpillés.

 

 

 

Cette fragilité se prolonge ensuite sur Sometimes, autre moment particulièrement touchant de Constellation. Cooper y chante tout en douceur, avec cette impression de venir nous cueillir presque sans prévenir. Sa voix avance avec une grande délicatesse, comme si l’émotion n’avait pas besoin d’être forcée pour nous atteindre.

Musicalement, le morceau conserve cette basse profonde et scotchante, qui maintient l’ensemble dans une forme de gravité intime. Nigel intervient quant à lui en chœur de manière discrète, presque en arrière-plan, mais suffisamment pour apporter une couleur supplémentaire au titre. Cette présence subtile renforce la dimension fragile et spirituelle de Sometimes, qui interroge la foi, la peur et cette forme d’amour invisible auquel il faut accepter de croire sans toujours le comprendre.

 

 

Cette dimension spirituelle trouve son aboutissement avec The Ending, qui vient refermer la boucle ouverte par The Beginning. Landroid y relie la mort des deux amants à une forme de fin du monde, non pas pensée comme une catastrophe, mais comme une libération. Dans la lecture gnostique qui accompagne l’album, le monde matériel créé par Yaldabaoth est imparfait et temporaire. Lorsque les âmes retrouvent leur lumière intérieure, elles peuvent alors se détacher de cette réalité et retourner vers le Plérôme, ce royaume de plénitude spirituelle évoqué dès le début du voyage.

 

Dans ce contexte, The Ending ne sonne pas comme une conclusion brutale, mais comme une dissolution progressive. Après les choix irréversibles, les héritages invisibles, les amours fragiles et les souvenirs qui persistent, le morceau donne l’impression que tout revient à la source. La fin devient alors moins une disparition qu’un passage, comme si Constellation achevait son récit en transformant la perte en retour vers quelque chose de plus vaste.
 

Pour conclure cette chronique, Constellation est un excellent album, profondément touchant, pour lequel j’ai un énorme coup de cœur. C’est un voyage musical qui s’écoute d’une seule traite, porté par une cohérence remarquable et une forte constance du début à la fin. Chaque titre semble trouver naturellement sa place dans l’ensemble, comme si Landroid avait pris le temps de construire un univers où rien n’est laissé au hasard.

Le groupe conserve cette ambiance lynchienne qui faisait déjà partie de son identité sur Imperial Dunes, mais la pousse ici encore plus loin. Tout paraît plus abouti, plus maîtrisé, plus immersif. Constellation possède cette capacité à installer des images mentales très fortes, entre rêve étrange, romance blessée, fuite en avant et vertige cosmique.

 

Sept ans après Imperial Dunes, Landroid ne se contente donc pas de revenir avec un nouvel album. Le groupe élargit son univers, affirme une nouvelle dynamique et signe une œuvre ambitieuse sans jamais perdre son cœur émotionnel. L’arrivée de Nigel apporte une vraie profondeur supplémentaire, tandis que l’alchimie avec Cooper renforce l’intensité de l’ensemble. Greg, de son côté, reste essentiel à cet équilibre : sa présence participe à cette identité sonore si particulière, à la fois élégante, mystérieuse et profondément immersive.

Avec ses mélodies accrocheuses, ses basses profondes, ses voix parfaitement complémentaires et son concept aussi poétique que fascinant, Constellation fait partie de ces albums qui gagnent encore en puissance au fil des écoutes. Un album sensible, immersif et terriblement attachant, qui confirme que Landroid est bel et bien de retour, et de la plus belle des manières.
 

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