Découverte musicale : VAAGUE, un voyage électronique qui surprend.
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Découverte musicale du jour avec le très bon Antoine Pierre et son projet VAAGUE, grâce à Camille de La Mission. Avant de démarrer, une présentation s’impose :
Derrière VAAGUE se cache le batteur belge Antoine Pierre, musicien reconnu pour son approche résolument moderne de la batterie. Entre instrument acoustique, samples captés en direct et capteurs intégrés à son jeu, il a développé une manière unique d’envisager la performance : sans boucle, sans playback, tout en mouvement. Après avoir exploré le downtempo puis une esthétique plus club, VAAGUE revient avec SHORTCUT, un EP qui plonge dans le UK Garage, la Drum & Bass et le Post-Dubstep.
Ce qui m’a le plus séduit avec SHORTCUT, c’est ce travail de découpage, de transformation et de manipulation des échantillons de batterie d’Antoine, pour créer une matière électronique organique. Étant fan de Jean-Michel Jarre et de son excellent album Zoolook, j’y retrouve le même état d’esprit, ainsi que cette créativité dans le traitement des échantillons, des samples, et dans la manière de distordre les notes et les voix. Ici, les samples qu’utilise VAAGUE sont aussi de véritables pépites surprenantes : une trompe de chasse, des extraits de voix désinvoltes, des pianos préparés, des cloches… Il suffit de tendre l’oreille, et c’est un régal.
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VAAGUE (c) Juliane Schütz
Les morceaux plus “évidents” de l’EP (Shortcut Jenny, Talk It Up ou Swirl) prolongent l’évolution du projet depuis ses débuts : des rythmes plus incisifs, des idées plus directes, mais toujours cet humour discret, ces petits décalages qui font la signature de VAAGUE. Mon titre préféré est Shortcut Jenny, que je trouve ultra incisif, percutant, mais également très dansant. J'aime beaucoup également le premier titre Modern Jazz très pêchu et qui annonce bien l'ambiance de ce qui nous attend.
Krill et Swirl sont deux interludes qui ouvrent des brèches dans l’EP : de petites fenêtres suspendues, presque fragiles, qui éclairent autrement l’univers de VAAGUE. Elles viennent de “Kintsugi”, une performance créée avec la chorégraphe Isabella Soupart et la danseuse Elsa Tagawa: un spectacle qui évoque la cassure, la réparation, les lignes qui se recollent. Dans Shortcut, ces interludes jouent ce rôle à merveille : ce sont des respirations, des éclats de silence en mouvement.
Puis arrive Himalaya, sans doute le morceau le plus émouvant de l’EP. Les couches de chœurs se déposent comme de la neige fraîche, et le piano de Shai Maestro ouvre une profondeur inattendue. Son solo final glisse avec une douceur qui serre le cœur. C’est simple, beau, et ça surprend dans ce contexte plus rythmique.
Pour conclure, SHORTCUT n’est pas de ces EP qui renversent d’un coup, mais il possède une force plus discrète : celle de la curiosité, de la matière vivante, des idées qui se faufilent et reviennent. Antoine Pierre y explore, détourne, transforme, tout en gardant cette signature hybride qui lui est propre. Résultat : un EP qui ne cherche pas à briller à tout prix, mais qui s’installe doucement, avec intelligence et sensibilité. Et c’est exactement ce qui me plaît ici. Un immense merci à Camille de m’avoir offert l’opportunité de découvrir VAAGUE !
Vous pouvez suivre et soutenir VAAGUE sur le : Site officiel, Facebook, Instagram et Bandcamp
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VAAGUE (c) Juliane Schütz