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Aux notes enchantées
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Salut, moi c’est Steeve ! 42 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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23 septembre 2026

Leda Inferi : mon coup de cœur dark folk aux accents méditerranéens

 

 

En août dernier, j’ai découvert Leda Inferi, une artiste de dark folk qui fut pour moi un véritable coup de cœur musical. Généralement, lorsque l’on parle de dark folk, on pense immédiatement à la mythologie nordique. Mais ce n’est pas le cas avec Leda Inferi, qui a choisi de nous faire voyager au cœur des mythologies anciennes de la Méditerranée.

 

C’est ce qui m’a immédiatement le plus séduit dans son projet, avant même d’écouter intégralement son premier morceau, Selene. Comme vous l’avez sûrement remarqué, je suis un grand amateur de dark folk, et je trouve particulièrement intéressant que d’autres mythologies soient explorées. Cela permet de renouveler le genre, d’éviter qu’il ne s’essouffle, sans pour autant lui faire perdre son identité.

 

Ayant aimé les mythologies méditerranéennes bien avant de découvrir la mythologie nordique, ce projet ne pouvait que m’intéresser et me plaire !

 

Mais avant d’aller plus loin, voici une petite présentation de Leda :

 

Leda Inferi est une artiste sicilienne qui mêle dark folk, rituels païens et mythologies anciennes. Inspirée par les cultes à mystères et les divinités du monde grec et méditerranéen, elle construit des paysages sonores immersifs à partir d’harmonies vocales superposées, de respirations, de percussions et de synthétiseurs.

 

Née en Sicile et ayant grandi sur les pentes de l’Etna, elle développe très tôt un lien fort avec la nature, le mythe et l’invisible. Son parcours passe par une formation classique et lyrique avant de s’ouvrir à des pratiques vocales plus expérimentales et aux chants ancestraux de différentes cultures.

 

 

Le premier titre que Leda a publié en juin dernier s’intitule Selene et est consacré à la déesse grecque Séléné. Fille des Titans Hypérion et Théia, elle est également la sœur d’Hélios, dieu du Soleil, et d’Éos, déesse de l’Aurore. Elle descend aussi d’Ouranos, le Ciel, et de Gaïa, la Terre. Chaque nuit, elle voyage à travers le ciel dans son char, tirant la lune derrière elle.

Séléné est la personnification et la déesse de la Lune.

(Source World History Encyclopedia)

 

Leda Inferi présente Selene comme un chant rituel destiné à invoquer la lumière et l’énergie de la Lune. Le morceau évoque cette sensation de danser sous le ciel nocturne, lorsque le corps retrouve son propre rythme au contact de la nature. À travers la figure de Séléné, l’artiste propose un voyage intérieur autour de la conscience de soi, de la liberté et du courage d’être pleinement qui l’on est.

 

Leda évoque également "l’éveil de l’ancienne voix de la déesse grecque de la Lune", renforçant encore cette impression que Selene ne cherche pas simplement à évoquer la déesse, mais véritablement à invoquer sa présence à travers la musique.

 

Je trouve ce titre vraiment incroyable, prenant et envoûtant à la fois, tant musicalement que vocalement grâce à la sublime voix de Leda. L’une des particularités de Selene est d’être chanté en latin, et je trouve le rendu extrêmement intéressant. Cela apporte une couleur différente, assez inhabituelle, qui s’intègre à merveille dans cette ambiance dark folk.

 

Selene est accompagné à merveille par un clip qui prolonge à la perfection cette sensation de rituel et de communion avec la nature. Leda évolue au bord de la mer à travers des mouvements lents qui m’évoquent une danse destinée à invoquer la déesse Séléné. Visuellement, la vidéo se pare de teintes bleues et violettes, tandis que les jeux de surimpression renforcent son atmosphère hypnotique. Les différentes phases de la Lune apparaissent également sur le tambour chamanique de Leda, liant encore davantage l’instrument au caractère rituel du morceau. À plusieurs reprises, l’astre devient presque palpable, notamment lorsque Leda tient entre ses mains une sphère lumineuse évoquant une pleine lune, comme si elle entrait directement en contact avec l’énergie qu’elle invoque.

 

 

Le second titre publié le 18 septembre dernier par Leda Inferi est Hekate, consacré à Hécate, déesse de la mythologie grecque. Selon Hésiode, dans sa Théogonie, elle est la fille de Persès et d’Astéria, et donc la petite-fille des Titans Phoebé et Coeüs. D’autres traditions lui attribuent cependant une filiation différente : Euripide mentionne notamment Léto comme sa mère, tandis que certains auteurs la présentent comme la fille de Zeus et de Déméter, d’Aristaion ou encore de la Nuit.

 

Hécate était également fréquemment associée à Déméter, voire assimilée à elle dans certains cultes. Divinité mystérieuse et ambivalente, Hécate est associée à la magie, à la sorcellerie, à la nuit, aux portes, aux seuils et aux carrefours. Elle est également liée aux chiens de l’enfer, aux fantômes et aux esprits nocturnes. Souvent représentée portant des torches, elle apparaît aussi sous une forme triple, notamment dans les représentations liées aux carrefours, renforçant son image de gardienne des passages et des frontières.

 

(Source World History Encyclopedia)

 

Avec Hekate, Leda Inferi ne se contente pas de rendre hommage à la déesse, puisqu’elle présente son morceau comme une véritable invocation rituelle. Elle s’intéresse particulièrement à Hécate en tant que déesse des carrefours, des seuils et de la magie. Une figure qui accompagne symboliquement les moments de passage et de transformation, comme le résume cette phrase utilisée par Leda pour présenter son titre : "Puisse Hécate marcher à vos côtés à chaque seuil"

 

 

L’artiste ajoute également « Her Voice awakens », « Sa voix s’éveille », une formule qui fait directement écho à Selene, dont la présentation évoquait déjà l’éveil de l’ancienne voix de la déesse lunaire. Un véritable fil conducteur semble ainsi se dessiner entre les deux premiers morceaux de son futur album : invoquer ces divinités et faire symboliquement renaître leurs voix à travers la musique.

 


À partir d’environ 1 min 55, un chant aigu apparaît en arrière-plan et apporte au morceau une dimension encore plus saisissante. Ce passage lyrique m’a instantanément collé de gros frissons et possède quelque chose de véritablement fascinant. Je trouve que l’apport d’une touche de lyrisme dans un morceau de dark folk est très original et s’intègre parfaitement à l’atmosphère de Hekate. Leda m’a d’ailleurs précisé qu’il s’agit bien de sa propre voix, comme toutes celles présentes dans ses morceaux. Et quelle voix, mes amis : elle est vraiment somptueuse ! Diplômée en chant lyrique, elle enregistre elle-même l’ensemble de ses parties vocales et assure également les synthétiseurs et les percussions.

 

Contrairement à Selene, Hekate ne comporte pas véritablement de paroles. Leda y répète le nom de la déesse et l’accompagne de longues vocalises faites de sons et de syllabes sans paroles, qui renforcent encore la dimension rituelle et incantatoire du morceau.

 

Quant au clip, l'atmosphère de celui-ci est bien plus sombre et cérémoniel que Selene 

 

 

 

Leda nous emmène au cœur d’une forêt sombre, tenant un petit trousseau de clés anciennes dans une main et la mue d’un serpent dans l’autre. Deux éléments chargés de symboles : les clés évoquent notamment les passages et les seuils associés à Hécate, tandis que le serpent peut symboliser la sagesse et la transformation. Très vite, l’atmosphère devient profondément rituelle, entre gestes cérémoniels, flammes et silhouettes vêtues de noir. Leda est accompagnée de deux danseuses, Sofia Verco et Stefania Biancone, avec lesquelles elle semble prendre part à une mystérieuse cérémonie.

 

En parlant de Sofia et Stefania, je trouve que leur chorégraphie aux côtés de Leda dégage une grande élégance. Leurs mouvements apportent au clip une véritable grâce et offrent un moment particulièrement captivant à regarder. D’ailleurs, la présence de trois femmes dans le clip peut difficilement ne pas faire penser à la forme triple d’Hécate, dont je parlais précédemment. Associée aux carrefours, la déesse a notamment été représentée dans l’Antiquité sous la forme de trois figures réunies.

 

Plus loin dans le clip, nous retrouvons Leda tenant deux torches, autre élément étroitement associé à l’iconographie d’Hécate. Elles évoquent notamment son rôle de gardienne des passages et sa capacité à éclairer les ténèbres. Sur la fin du clip, Sofia, Stefania et Leda se tiennent par la main, offrant une nouvelle image à trois qui rappelle une fois encore les représentations triples de la déesse.

 

Avec Selene et Hekate, le projet musical de Leda Inferi m’a totalement séduit et s’est imposé comme un véritable coup de cœur ! J’aime énormément cette manière qu’elle a de mêler dark folk, chant lyrique, atmosphères rituelles et mythologies anciennes de la Méditerranée, tout en donnant à chacun de ses morceaux une identité unique et en apportant un renouveau bienvenu à la scène dark folk.

 

Son projet apparaît également d’autant plus personnel lorsque l’on sait qu’elle assure elle-même l’ensemble des voix, mais aussi les synthétiseurs et les percussions. Une maîtrise qui rend son univers encore plus fascinant à mes yeux.

 

Ces deux premiers titres me donnent surtout très envie de découvrir la suite et de voir quelles autres divinités Leda choisira d’invoquer dans son futur album. Une chose est certaine : après Selene et Hekate, je serai au rendez-vous !

 

Vous pouvez suivre et soutenir Leda Inferi sur son Site Officiel, Facebook, Instagram, Bandcamp, Soundcloud, Spotify, Discord, Twitch , TikTok et YouTube

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18 septembre 2026

Sangham - "Reclaim", un hymne écoféministe puissant et incandescent

 

 

En juin dernier, je vous parlais de ma découverte du groupe Sangham, qui fut une véritable révélation metal et un immense coup de cœur ! Le 11 septembre dernier, le groupe a publié un nouveau single intitulé Reclaim, accompagné d’un clip qui sont tout simplement incroyables ! Il s’agit du dernier extrait de The Radiant Crown, qui sortira le 16 octobre prochain.

 

Comme expliqué dans ma précédente chronique, Sangham est un groupe engagé sur de nombreux sujets, notamment la défense de la cause animale et la dénonciation de la maltraitance envers les animaux dans Our Vain Pleasure. C’est une nouvelle fois le cas avec Reclaim, véritable hymne écoféministe.

 

La chanson ne parle pas simplement de reprendre le pouvoir. Elle présente la création, la solidarité et la transmission comme des formes de résistance face aux logiques de domination, qu’elles touchent les femmes, les identités ou le vivant.
 

Dès les premières paroles, Sangham pose une image particulièrement forte : celle d’une fleur qui, malgré sa fragilité, parvient à pousser à travers l’asphalte qui tente de l’étouffer. Une métaphore si centrale qu’elle se retrouve jusque sur la pochette du single, où cette fleur devient presque l’emblème visuel de Reclaim. Pour le groupe, la vulnérabilité n’est pas synonyme de faiblesse : elle peut au contraire se transformer en force et devenir un puissant moteur de résistance. 

 

Le texte devient ensuite beaucoup plus frontal avec « Her uterus is not territory to be conquered ». Le corps féminin n’est pas un territoire à conquérir ou à contrôler, et Reclaim affirme avec force le droit des femmes à reprendre possession de leur corps, de leur voix et de leur liberté.

 

Cette volonté de transformer la vulnérabilité en force se retrouve pleinement dans le clip réalisé par Elise Meunier, alias Lili Youri Tchekhov, que je trouve vraiment magistral ! Reclaim regorge d’images chargées de symboles, et celle qui m’a le plus marqué est sans doute la grenade que Christelle tient entre ses mains. Le groupe m’a précisé qu’elle est utilisée à la fois comme symbole de fécondité, mais aussi pour sa proximité avec la pomme dans la symbolique religieuse, en référence au fruit défendu mangé par Ève. Sangham souhaitait également jouer avec l’évocation du sang, tout en laissant volontairement l’interprétation ouverte.

 

 

Pour ma part, j’y vois également une représentation de l’utérus traversant différentes étapes de la vie d’une femme. Le plan où le sang coule le long du bras de Christelle, tandis qu’un grain s’échappe de la grenade, m’évoque le cycle menstruel et les règles. Plus tard, lorsqu’elle assène violemment un coup de poing au fruit, j’y vois aussi une possible évocation de l’endométriose, avec ces douleurs parfois décrites comme de véritables coups de poignard. Une interprétation personnelle, bien sûr, puisque le groupe a justement choisi de laisser la symbolique ouverte.

 

Pour évoquer la sororité, Sangham a fait le choix de réunir dix artistes féminines de la scène metal française actuelle : Eva (Grandma’s Ashes), Sofia (No Terror In The Bang), Lola (Encounters), Audrey (Ianwill), Nao (Aora Paradox), Amanda (Cyb1rth), Mélodie (Ghetto Paradise), Alaia (Neura), Emmanuelle (Aliore) et Alice (CTRALTSUPPR).

 

En toute transparence avec vous, musicalement, je n’en connais encore aucune. J’avais simplement déjà vu passer le nom de Grandma’s Ashes, sans prendre le temps de les écouter. Une lacune qui sera corrigée très prochainement, tout comme pour les neuf autres groupes !

 

 

 

Leur présence n’est pas uniquement là pour faire joli. Chacune a participé au clip en partageant des moments avec Christelle, qui les met parfaitement en avant et en valeur ! J’aime particulièrement le passage qui précède le dernier couplet, lorsque les dix musiciennes sont filmées une à une en gros plan, de nuit, éclairées par une lumière de feu qui accentue encore la force et la détermination qui se dégagent de leurs visages.

 

Chacune impose une présence très forte à l’écran, avec des regards et des attitudes d’un charisme fou, l’ensemble étant parfaitement porté par une batterie et des guitares ultra percutantes et incisives. Cette succession de visages donne encore plus de poids au message du morceau, comme si chaque femme venait incarner à sa manière cette idée de résistance et de reprise de pouvoir.

 

La partie finale de Reclaim a également été réenregistrée avec les dix chanteuses, offrant à mes yeux le moment le plus fort du titre et le faisant basculer dans une dimension encore plus intense que la version single. Le dernier couplet :

 

Tremble, tremble, inquisitors 
Their mothers whisper to them 
The knowledge of their ancestors
The Pythias have emancipated themselves

 

est d’abord chanté a cappella par les onze chanteuses, le poing levé, à l’exception de Christelle qui brandit une épée rouge sanguinolente. Ce passage offre un premier moment de pure émotion et m’a donné d’immenses frissons. Puis un roulement de batterie vient rompre cette suspension avant que le morceau ne reparte avec une puissance décuplée, donnant au final une dimension presque épique et incantatoire.

 

Pour conclure, Reclaim est un titre fabuleux et l’un de mes préférés de Sangham. Je ne peux également que saluer l’initiative du groupe de mettre en lumière des musiciennes encore sous-représentées et trop souvent invisibilisées au sein de la scène metal. À l’heure où l’extrême droite occupe une place de plus en plus importante dans le paysage politique de nombreux pays et où, en France, le RN se situe très haut dans les intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2027, je trouve ce type de prise de parole artistique particulièrement important. D’autant que les droits des femmes connaissent encore des reculs à travers le monde.

 

Vous pouvez suivre et soutenir Sangham sur leur Bandcamp, Instagram, Facebook, YouTube, ainsi Soundcloud