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Aux notes enchantées
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Salut, moi c’est Steeve ! 42 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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chronique musicale
15 mai 2026

Le Garçon de l’Automne – Ode to the Lost : un voyage entre mythes, deuil et renaissance

 

 

Magnifique. C’est le premier adjectif qui m’est venu à la fin de ma première écoute d’Ode to the Lost, le dernier album de Le Garçon de l’Automne.

Déjà, je trouve la pochette toujours aussi sublime : elle reste, pour moi, parmi les plus belles de ces dernières années. Je suis totalement fan de ses couleurs pastel et de son visuel, à la fois doux et évocateur.

 

L’album s’ouvre de façon magistrale avec Blue Souls, chanté en anglais qui aborde le thème de la résilience : peu importe ce qu’on traverse, on se relève, les âmes meurtries “reviennent à la vie”. Ce morceau m’a aussi permis de découvrir Alexia (Wegferend, Ilum Sin) : sa voix, cristalline et profondément touchante, donne à l’album un départ absolument idéal. Ode to the Lost ne pouvait pas mieux commencer.

 

On enchaîne avec L’Ankou, premier single révélé par Quentin en octobre dernier. Une chanson en hommage à l’une des figures majeures de la mythologie bretonne : le serviteur de la Mort, chargé de collecter les âmes des défunts. Le morceau est très dynamique, porté par une ambiance gothique relevée d’airs celtiques. C’est une chanson fascinante, l’une de mes préférées de l’album, et les chants des enfants (Ismaël & Arielle Caspani) sur le refrain final sont de toute beauté.

 

 

Avec Et Gris, Quentin aborde l’amour impossible entre deux personnes : ce genre d’histoire dramatique qui existe depuis l’aube des temps et continue d’exister. Un amour qui fait naître mille futurs possibles pour mieux les laisser s’éteindre. Tout se dissout doucement, jusqu’à cette image poignante des “yeux bleus” qui perdent leur éclat, comme un espoir qui se décolore. 

 

On enchaîne avec Sirventes, l’un de mes titres préférés de l’album ! À l’origine, un sirventes est une sorte de poème chanté par des troubadours au Moyen Âge, entre le XIIe et le XIIIe siècle, principalement dans le sud de la France. Un genre délibérément politique et satirique, écrit pour dénoncer la corruption, la cupidité ou l’orgueil.

Mais ici, Quentin s’en empare pour évoquer des violences physiques et psychologiques qu’il a subies. Il écrit dans le livret que cela venait “d’une personne qui voulait qu’il la traite comme une princesse”, et lui dédie ce sirventes avec une ironie amère. Je trouve que c'est remarquablement bien écrit, tout en finesse et en élégance

 

Nous poursuivons notre voyage musical avec When the Wind is Alone, un joli titre entièrement chanté en anglais. Il raconte une attente tragique : une femme, Lily, guette le retour de l’homme qu’elle aime, parti en mer… mais le vent n’apporte aucun signe, aucun son, aucune nouvelle. Tout reste suspendu, comme si la mer avait avalé l’espoir avec lui. Quentin en avait composé la base début 2020, avant de la mettre de côté. Le morceau a finalement été repris et retravaillé en 2024, avec de nouveaux arrangements et de nouvelles paroles.

 

 

Le morceau suivant, She is the Sea, est l’un des titres les plus émouvants de l’album. Cette chanson est liée au deuil de sa grande sœur, décédée d’un cancer. Quentin a également fait appel au groupe Emian sur She is the Sea, une collaboration qui sublime magnifiquement le morceau. C’est un véritable chef-d’œuvre de plus de neuf minutes, quasi instrumental, qui me rappelle Cesair dans sa première partie.

La seconde moitié, elle, m’a complètement transporté : on y entend un texte en breton, traduit par E. Morice, porté par une ambiance qui sonne très Alan Stivell. Et l’utilisation de la harpe y est pour beaucoup : elle donne à l’ensemble une grâce et une profondeur bouleversantes.

 

La piste suivante, Baba Yaga, est également l’une de mes chansons préférées, et le titre m’intriguait énormément avant même l’écoute. Baba Yaga est une figure marquante de la mythologie slave, que j’avais déjà croisée dans le jeu vidéo The Witcher 3, dans la saison 2 de la série The Witcher, et même à travers Yubaba dans Le Voyage de Chihiro, personnage dont elle est clairement inspirée.

Je trouve le morceau magnifique, porté avec brio par Sophie Le Ray, une très bonne amie bulgare de Quentin, qui a également écrit les paroles. Cela m’a permis de retrouver le bulgare, une langue que j’avais déjà entendue avec The Mystery of the Bulgarian Voices, notamment lors de leur collaboration avec Lisa Gerrard, et j’adore. Cela m’a aussi donné envie de replonger dans cette culture musicale, fascinante et trop peu mise en avant.

 

S’ensuit la magnifique Emma’s Waltz, un titre instrumental, air traditionnel finlandais, et l’un des premiers morceaux sur lesquels Quentin s’est entraîné à jouer de la vielle. Pour l’occasion, il a invité Guillaume Levy, qui intervient au bodhrán, à la mandoline et au bouzouki irlandais, rendant le morceau particulièrement riche sur le plan instrumental. Une collaboration qui sonne naturellement, comme si ce titre avait toujours fait partie de leur univers. 

 

 

Le neuvième titre d’Ode to the Lost, Ars Moriendi, est très certainement l’un de mes morceaux préférés, notamment pour son côté profondément mystique. Dès l’introduction, le chant d’un chœur masculin m’a totalement happé : il m’évoque des chants grégoriens, mais aussi ceux qu’on entend souvent dans les films fantastiques, et j’ai eu des frissons dès les premiers instants.

Ars Moriendi signifie “l’art de mourir” : Quentin se réfère ici à des textes du XVe siècle, conçus comme des guides expliquant comment “bien mourir”, notamment en rejetant les tentations au moment de quitter ce monde. Le passage est déclamé en latin, ce qui confère une dimension incantatoire une dimension incroyablement incantatoire au morceau et le résultat est vraiment somptueux !

 

Le dixième titre, Koppije, est une sublime chanson a cappella, aussi intrigante que captivante. Comme indiqué dans le livret, il s’agit d’un chant traditionnel arbëreshë, une communauté d’origine albanaise installée en Italie depuis les XVe et XVIe siècles. C’est une chanson d’amour dans laquelle un homme demande la main d’une femme.

Adorant les morceaux a cappella, celui-ci fait clairement partie de mes préférés de l’album : Quentin y réalise un travail vocal remarquable.

 

Je ne reviendrai pas en détail sur Le Chant du Cygne, ni sur Above the Lake, puisque j’ai déjà partagé mon avis à leur sujet dans mes chroniques dédiées (à retrouver ici et ici). En revanche, une chose ne change pas : je ne m’en lasse toujours pas depuis leur sortie en single, et leur place dans l’album prend encore plus de sens dans l’ensemble.

 

 

L’album se conclut sur la très belle Rising, offrant un final lumineux qui porte son nom à la perfection ! Dans le livret, Quentin décrit ce morceau comme une véritable élévation : la rencontre d’un amour “vrai” qui te fait tout reconsidérer, comme si tu ouvrais les yeux pour la première fois. Une conclusion qui n’efface pas les ombres traversées auparavant, mais qui les transforme, en laissant Ode to the Lost sur une sensation de renaissance et d’apaisement total.

 

Pour conclure cette chronique, Le Garçon de l’Automne nous offre un sublime deuxième album, après Leaves Are Falling (sorti en 2020) et son EP Prelude to Farewell (sorti en 2024), dont j’avais rédigé une chronique ici. Ode to the Lost est extrêmement poétique, touchant et d'une richesse musicale et culturelle vraiment fascinante. On en ressort remué, parfois bouleversé, mais aussi avec une sensation d’apaisement. Mes gros coups de cœur restent She is the Sea, Sirventes, Baba Yaga, Kopije et Ars Moriendi mais aucun titre ne m'a déçu, ils sont tous très bons. Je le recommande à celles et ceux qui aiment les albums qui racontent, qui font voyager, et qui ne laissent pas indifférent. Un grand bravo à Quentin pour cet excellent travail, et merci pour ce sublime voyage.

 

Vous pouvez suivre et soutenir Le Garçon de l'automne sur Facebook, InstagramBandcamp et Patreon

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4 février 2026

Découverte musicale : Birtawil et la lente hypnose de Sento

© Charlotte Pneumonie

 

Nouvelle découverte musicale, grâce à Aurélien et Quentin de Watts Next?, en ce début 2026 avec Birtawil, qui m'a conquis dès les premiers instants d'écoute ! Mais avant de débuter ma chronique, un petite présentation s'impose :

 

Birtawil est le projet solo instrumental de Xavier Godart, né en 2013 à Bordeaux. Dès ses débuts, le projet s’inscrit dans une recherche de dépouillement, de répétition et d’obscurité, avec une approche radicalement minimaliste faite de lenteur, de textures instables et de tensions sourdes. À partir de 2020, Birtawil se durcit : les rythmiques électroniques et les synthétiseurs viennent contaminer la guitare, imposant une esthétique plus industrielle, plus abrasive et plus hostile.

 

Il y a une règle à laquelle je ne déroge jamais lorsque je découvre un nouveau projet musical : ne pas me fermer, et surtout ne pas nourrir d’attentes ou d’exigences, si ce n’est celle de me laisser vibrer intérieurement. Que l’écoute me fasse ressentir quelque chose, provoque des émotions, plus ou moins intenses.

Mon but n’est pas de faire du remplissage à foison, ce ne serait tout simplement pas moi. Peu importe le style musical, l’essentiel est que la musique me parle dès les premières notes. Et ce fut clairement le cas ici avec Birtawil et le titre Sento, premier single extrait de l’album Dua Min, attendu pour le 27 février prochain.

 

 

Ce que j’ai adoré avec Sento, c’est cette montée en puissance progressive et la tension constante qui s’en dégage. L’ambiance y est froidement hypnotique, portée par des guitares saturées dont je suis particulièrement friand, le tout sur un fond électro-indus rugueux (un style auquel j’ai longtemps été attaché avant de plonger pleinement dans le dark-folk).

 

Le clip accompagnant Sento, est à l’image des prestations scéniques du projet : la musique est prolongée par des projections vidéos composées de collages de vieux documentaires d’archives (fragments d’images dégradées et fantomatiques qui étendent l’espace sonore dans une dimension visuelle hypnotique).

 

 

Birtawil est une superbe découverte pour moi, le genre de projet musical qui me galvanise et sait me cueillir là où je ne l’attends pas. Au vu de la qualité de Sento, je suis persuadé que Dua Min me touchera profondément s’il s’inscrit dans la même lignée, et qu’il figurera sans difficulté parmi mes tops albums de 2026.

 

Vous pouvez suivre et soutenir le travail de Birtawil sur son : Site officiel, Bandcamp (l'album y est en précommande en format numérique et K7!), Facebook et Instagram

 

 

2 février 2026

Gervaise - La Pudeur : la confession d’une guerrière fragile

 

En novembre dernier, je vous partageais ma découverte de la touchante Gervaise à travers son single Hello.
Aujourd’hui, il est temps de s’attarder sur son premier album, publié le 30 janvier dernier, et intitulé La Pudeur. Mais pour les retardataires (ou celles et ceux qui n’avaient pas lu ma précédente chronique), voici une courte présentation de l’artiste :

 

Gervaise, ce n’est pas un pseudo, mais son véritable prénom et ça ne s’invente pas.
Artiste pop aux accents électro et urbains, elle évolue dans un univers où les paradoxes cohabitent avec naturel : exigeante et sensible, pop et chanson.

 

Révélée avec l’EP Chair Tendre, Gervaise y affirmait déjà une vision forte du féminin, évoquant sans détour ses failles, ses complexes et ses zones de fragilité, un travail salué par de nombreux médias.

Habituée de la scène, qu’elle considère comme une véritable safe place, Gervaise y a forgé une solide expérience, forte de plus d’une centaine de concerts et récompensée à plusieurs reprises, notamment lors de l’édition 2023 du Mans Pop Festival.

 

Depuis, son rapport au corps et à l’intime continue de nourrir son expression artistique, notamment à travers des échanges et projets plus personnels.

 

En toute franchise, avec La Pudeur, Gervaise signe un très bel album et livre un travail d’une grande justesse. Elle y décrit avec sincérité ses combats intimes, dévoilant pleinement cette figure de guerrière fragile qui traverse l’ensemble du disque.

 

©Léa Rouaud

 

L’album s’ouvre sur le puissant titre Journal intime, sans doute celui qui m’a le plus parlé, et dans lequel je me suis aussi le plus retrouvé. Gervaise y évoque des choses du quotidien en apparence anodines (comme arrêter le sucre) mais aussi des blessures beaucoup plus profondes : la maltraitance paternelle, le face-à-face avec son reflet dans le miroir, cette violence intime qui pousse à se trouver dégueulasse, ce besoin presque vital d’être aimé, simplement. À l’écoute, j’ai souvent eu les larmes au bord des yeux. 

 

Autre titre fort et, ô combien important, Fuck mon corps s’impose comme une véritable chanson manifeste. Gervaise y dénonce sans détour les diktats de la société actuelle (qu’ils aillent se faire voir où il pleut, pour reprendre ses mots), son culte permanent de la minceur et cette tendance destructrice à ne jamais aimer son enveloppe corporelle, à lui trouver sans cesse des défauts.

 

Mais au-delà du constat, le titre ouvre surtout la voie vers une forme de réconciliation avec soi-même. Cette nécessité, presque vitale, d’être « un peu plus love de soi », comme elle le chante, et de se rappeler que le corps n’est pas là uniquement pour être joli, mais aussi pour vivre, ressentir et exister. Un message libérateur, qui s’adresse aussi bien aux girls qu’aux boysLa chanson est accompagné d'un très beau clip de tous les corps féminins qui affirment leur vie, ainsi que leur différence

 

 

Parmi mes derniers titres préférés figure Vendeur de rose, une chanson sur l’amour que Gervaise attend et dont elle questionne l’existence. Je trouve le texte magnifique et puissamment poétique :
« L’amour est un vendeur de roses, j’imagine tes yeux pleins de ciels, où le soleil est éternel » ou encore « Viens froisser le rouge à mes lèvres ». Autant de phrases qui touchent droit au cœur et confèrent au morceau une douceur mélancolique particulièrement marquante. Je vous partage la version live, que je trouve superbe et encore plus touchante : 

 

 

Mention spéciale également à Un homme, où les codes sont renversés avec finesse : l’homme devient l’objet du désir. Gervaise y imagine une muse au masculin, un corps, une histoire, et pose un regard amoureux sensible et délicat.

 

D’autres thèmes forts et sensibles sont également abordés par Gervaise, tels que la maladie invisible ainsi que les liens et l’amour profonds qu’elle porte à sa sœur, toujours traités avec pudeur (Ultrasensible), la santé mentale et ces luttes intérieures silencieuses qui jalonnent le quotidien (Je vais bien, J’m’ennuie), mais aussi la fugacité de la vie et cette mort qui peut surgir à n’importe quel moment (Flirt avec l’orage, titre aux sonorités électro-urbaines).

 

Malgré mes légères appréhensions à l’écoute de ce premier album (tant d’artistes livrent d’excellents singles avant de proposer un album finalement plat et peu marquant) Gervaise m’a pleinement convaincu, s’impose comme un véritable coup de cœur !

Cette « Jeanne d’Arc de la pop » signe avec La Pudeur un excellent début, mêlant sincérité et sensibilité, portée par une véritable âme de guerrière. Un premier album solide, qui pose des bases fortes et prometteuses dans le paysage de la musique pop.

 

Vous pouvez suivre et soutenir Gervaise sur : Facebook, Instagram, YouTube et TikTok. Et pour vous procurer l'album, c'est par ici ! 

22 janvier 2026

Le Chant du Cygne : une parenthèse féérique avant Ode to the Lost

 

 

En attendant la sortie de son nouvel album Ode to the Lost, prévue pour le 4 février prochain (toujours en disponible en précommande), Le Garçon de l'Automne dévoilé un nouveau single intitulé Le Chant du Cygne.

 

Entièrement instrumental, ce morceau se présente comme une balade mélancolique à la beauté délicatement féérique. Les notes de harpe s’entrelacent avec élégance aux envolées de flûte et aux accents de bouzouki irlandais, créant une atmosphère immersive et apaisante. L’ensemble évoque des paysages vastes et brumeux, rappelant l’univers de The Hobbit et notamment le mythique Misty Mountains.

 

Le clip qui accompagne le titre sublime encore cette impression, grâce à de superbes images et des panoramas majestueux. Le résultat est profondément poétique, presque hors du temps.

L’attente autour de Ode to the Lost s’en trouve encore renforcée.

 

Vous pouvez suivre et soutenir Le Garçon de l'automne sur Facebook, InstagramBandcamp et Patreon

 

 

 

21 janvier 2026

The Baxbys : des débuts convaincants avec Human Music

 

 

Petite découverte du jour grâce Camille de La Mission, qui m'a fait découvrir le groupe The Baxbys dont voici la biographie :

 

Formé en 2021 dans les sous-sols d’Amherst, dans le Massachusetts, The Baxbys est un quatuor composé d’Alex Nordlund (chant / guitare), James Miller (guitare solo / chœurs ), Spencer Rosenfeld (basse / claviers) et Chris Sciucco (batterie).

D’abord ancré dans la scène musicale universitaire locale, le groupe s’est rapidement constitué une base de fans fidèle avant d’élargir son terrain de jeu à l’ensemble du Nord-Est des États-Unis. Une évolution qui les a menés à remplir des concerts en tête d’affiche et à autoproduire leurs premières sorties.

 

Ce qui fait la singularité de The Baxbys, c’est leur approche résolument collective de la composition : chaque membre apporte sa pierre à l’édifice, donnant naissance à une discographie riche, vivante et en perpétuel mouvement. Cette créativité partagée se retrouve dans un son porté par des refrains accrocheurs, des guitares superposées et des performances vocales intenses.

 

The Baxbys a sorti le 9 janvier dernier, leur premier Ep intitulé Human Music qui se compose de 5 titres pour une durée d'un peu moins de 16 minutes et le résultat est plutôt convaincant ! Du bon indie rock US efficace, comme j'aime en écouter de temps à autre. Gros coup de coeur pour le titre Goth King, le morceau le plus punchy de l’EP. Une basse bien tranchante, des riffs mordants qui claquent , une batterie discrète mais efficace, c'est nerveux à souhait. La voix d'Alex est très agréable et le refrain reste facilement en tête dès la première écoute. 

 

 

Masses in Glasses, titre d’ouverture de l’EP, constitue une bonne entrée en matière, dans un registre plus décontracté, avec un son qui sent bon le début des années 2000. Les morceaux Julia (I’m Not in This Soul Alone) et Human Music se montrent plus calmes, mais restent sympathiques, portés par de jolies influences indie bien identifiables (The Strokes, Wallows)

 

 

 

Avec Human Music, The Baxbys signent un premier EP prometteur, porté par une identité collective marquée et un indie rock simple mais efficace. J’espère que le groupe proposera à l’avenir d’autres titres aussi percutants que Goth King ; en tout cas, le potentiel est clairement présent.

 

Soutenez Unverkalt et retrouvez leur actualité sur leur : site officiel, Instagram et Facebook

 

 

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14 janvier 2026

Sowulo – NIHT : un rituel sonore immersif

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’ai encore jamais rédigé de chronique consacrée à l’excellent projet Sowulo. Et pourtant, j’ai régulièrement eu de véritables coups de cœur pour certains de ses titres, comme Brego in Breoste, Spatle Æghwas, Eaxlgestealla ou encore Full Mōna
Il était donc grand temps de réparer cet oubli et de leur consacrer enfin une chronique. Avant de débuter, une présentation s'impose avec la biographie issue du site officiel :

 

Sowulo est l’œuvre musicale évocatrice du multi-instrumentiste Faber Horbach, mêlant la philosophie spirituelle de l’Europe du Nord ancienne aux cycles perpétuels de l’univers.

À travers l’utilisation d’un large éventail d’instruments historiques, de mélodies mélancoliques et de textes philosophiques chantés en vieil anglais (anglo-saxon), Sowulo façonne un paysage sonore immersif, invitant l’auditeur à entreprendre un véritable voyage intérieur.

Le projet tisse une identité musicale singulière en combinant les sonorités d’instruments tels que le carnyx (instrument à vent celte), la nyckelharpa, la harpe celtique, les tambours chamaniques, les cors, le bouzouki irlandais, la tagelharpa, la lyre, l’alto, ainsi que diverses techniques vocales traditionnelles.

 

Le nom Sowulo, qui signifie « Soleil » en proto-germanique, résume parfaitement l’essence du projet. À mesure que nous gravitons autour de l’astre solaire, se révèle la nature cyclique de la vie : l’alternance du jour et de la nuit, le passage des quatre saisons, la naissance et la mort, ainsi que la danse éternelle entre déclin et renouveau.

 

Sur le dernier album NIHT, le dernier le line-up est le suivant :

  • Faber Horbach : Bouzouki, chant et nyckelharpa
  • Micky Huijsmans : Chant
  • Chloe Alicia : Harpe celtique
  • Koen van Egmond : Flûte
  • Klaartje Julia : Viola
  • Pan Gruens : Davul

 

NIHT, qui signifie « nuit », est le sixième album de Sowulo. Conçu suite à une perte personnelle de Faber, l’album embrasse la nuit en tant que professeur et la lune en tant que guide.

 

L'album s'ouvre avec Niwe Mōna, porté par la voix sublime et habitée de Micky Huijsmans, l’auditeur est plongé dans une atmosphère où se mêlent douceur, profondeur et recueillement. D'ailleurs, elle est omniprésente sur l’album, sans doute plus que sur les précédentes sorties de Sowulo. Une présence vocale qui fait toute la différence et se révèle être un véritable régal auditif, tant sa voix est remarquable, profondément expressive et en parfaite osmose avec Faber, donnant naissance à des moments réellement sublimes sur l’ensemble de l’album. Leur alchimie est évidente dès le second titre, Seolfren Sicol, morceau fort porté par de puissantes percussions, mais aussi par des notes de harpe cristallines, dont l’équilibre et le rendu sont particulièrement réussis.

 

Avec Āsteorfan (mourir), Faber nous offre le premier moment fort de l’album. Ce titre, tout comme le suivant Sōl ond Māni, a été tissé à partir du deuil, de la mythologie et de la transformation, en s’appuyant sur des instruments brisés et des voix primales pour affronter la mort de l’ego et le vide laissé par la disparition de la lumière. La chanson est accompagnée par un sublime clip, dans lequel Micky incarne une personnification de la nuit en portant un sublime masque de papillon crée par l'artiste Oktawia Watras ! L'émotion est palpable tout du long, Faber et Micky y vivent la chanson avec une intensité authentique.

 

 

Sōl ond Māni puise son inspiration dans la mythologie scandinave en évoquant la relation intime entre la disparition de la lumière et celle de la vie. Le morceau s’appuie sur le mythe du Soleil et de la Lune pourchassés par deux loups jusqu’au Ragnarök, moment où leur lumière s’éteint et plonge le monde dans le Fimbulwinter, une ère de ténèbres et de conflits.

En 2024, Faber a perdu à la fois son père et son beau-père. Leur absence résonne tout au long de la chanson à travers les cordes d’une nyckelharpa brisée. Cet instrument, proche du violon, est tombé accidentellement au sol à l’issue de l’une des performances live de Sowulo, laissant une empreinte sonore aussi fragile que chargée de sens.

 

Durant la chanson, Faber utilise également l’un de mes instruments préférés : le rhombe. Cette lame plate, en bois, en os ou en pierre, attachée à une corde, produit, lorsqu’on la fait tourner au-dessus de la tête, un vrombissement grave et hypnotique, presque tellurique, dont l’intensité varie selon la vitesse et la longueur de la corde.

Le titre est principalement interprété par Micky, jusqu’au refrain où Faber la rejoint pour un duo mémorable, à la fois puissant et profondément émouvant. Le clip qui accompagne Sōl ond Māni prolonge cette intensité avec une esthétique majestueuse et poétique.

 

 

On arrive ensuite sur l’un de mes deux titres préférés de l’album avec Full Mōna, second single dévoilé par Sowulo. Véritable chanson épique, le morceau est dédié à la pleine lune, honorée comme une source de lumière et de guidance au cœur de l’obscurité.  Le refrain est particulièrement accrocheur, porté par un Mōna répété en boucle par Micky, tandis que Faber opte pour un chant guttural brut, contrastant fortement avec la douceur de sa voix.

 

Mon second titre préféré est donc Miċele Steorran, l’un des plus beaux morceaux de Sowulo à mes oreilles, de par la pureté et la tranquillité qui s’en dégagent. Les paroles, interprétées en anglo-saxon, évoquent la nuit et son ciel étoilé, où l’obscurité devient un refuge plutôt qu’une menace. On se sent littéralement enveloppé par l’atmosphère du morceau, qui apporte un profond apaisement et une véritable paix intérieure. C’est, tout simplement, un câlin émotionnel.

 

 

Le morceau suivant, Monaþblod (« sang de lune »), s’ancre profondément dans les cycles naturels et le corps féminin. À travers des paroles chantées en vieil anglais, le titre évoque le flux et le reflux, l’alternance entre croissance et décroissance, faisant du sang menstruel un symbole sacré plutôt qu’un tabou.

 

Monaþblod célèbre ainsi la sagesse ancestrale du corps féminin, présenté comme porteur d’un savoir ancien, intuitif et cyclique. La voix de Micky, puissante et brute, agit ici comme une invocation, honorant ce « temps du sang » et invitant à écouter ce qu’il a à transmettre. Le morceau s’inscrit pleinement dans une dimension rituelle, où le rythme lunaire, la fertilité et la spiritualité ne font plus qu’un.

 

Nihtēagan est un sublime morceau introspectif qui invite à accepter l'ombre présente en chacun de nous, en allant au plus profond de soi pour affronter ce qui s’y cache, s’y construit et y revient. e duo Micky / Faber continue d’imposer une intensité grandiose et particulièrement prenante.

 

On arrive sur Carnyx, un des morceaux les plus intrigants et incroyable qu'il m'ait été donné d'entendre ! Un titre 100% instrumental, dédié à cet instrument à vent celte du même nom. Cet instrument était utilisé pour t terroriser l'ennemi sur les champs de batailles durant l'âge de fer (source geo.fr). A titre personnel, je ne le trouve pas terrorisant mais très impressionnant. Vous pouvez avoir un aperçu de l'instrument ici.

 

Après Carnyx, Eald Mōna constitue le second morceau instrumental de l’album et s’inscrit sous le signe de l’ancienne lune, évoquant ce moment de bilan où l’on célèbre autant les dons que les leçons reçues. Sa lumière déclinante invite à laisser derrière soi ce qui n’a plus lieu d’être, afin d’ouvrir un espace à ce qui reste à venir.

 

L’album se poursuit avec Heolstor Sċeadu et Genihtian, deux morceaux qui, à mes oreilles, se révèlent un peu moins prenants et émotionnellement moins impactants que le reste de NIHT, et qui tirent légèrement le voyage musical de l’album en longueur.

 

NIHT s’achève sur l’outro Genihtian, qui signifie en anglo-saxon quelque chose comme « devenir nuit » ou « être plongé dans la nuit ». Cette conclusion marque la fin du rituel, un retour à l’obscurité totale et au néant.

La nuit devient ici un état d’unité et de dissolution, nécessaire à la régénération. C’est dans cette absence de forme que s’opère la transformation, prélude à une future renaissance, à l’image d’un cycle de mort et de réincarnation.

 

NIHT s'impose comme un album immersif, cohérent et porté par une richesse musicale, mais également par l'incroyable alchimie entre Micky et Faber ! C'est un album qui s’écoute comme un rituel nocturne traversé par la perte, l’introspection et la renaissance.

 

Suivez et retrouvez l'actualité de Sowulo sur leur : Site officiel, Facebook, Instagram, Bandcamp et pour vous procurez NIHT et autres articles rendez-vous sur le site du merchandising

 

 

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