The Bernadette Maries : « Soft », entre spleen et énergie
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Découverte du moment grâce à Nicolas du label Géographie, qui m’a présenté le très bon groupe The Bernadette Maries, dont le premier album, Soft, est sorti le 18 septembre dernier.
Même si j’ai beaucoup aimé ce premier opus, il m’a fallu plusieurs écoutes avant de réellement entrer dans son univers. Il faut dire que le mois de septembre a été particulièrement riche en découvertes et en nouvelles sorties, ce qui ne m’a pas permis de lui accorder immédiatement toute l’attention qu’il méritait. Mais au fil des écoutes, Soft s’est révélé être un album progressivement prenant, avec une identité suffisamment intéressante pour qu’il me soit impossible de ne pas vous en parler.
Mais avant de vous en parler davantage, voici une présentation de The Bernadette Maries :
The Bernadette Maries est un groupe bruxellois formé en 2024 et composé de Daria, Guy et Romain. Leur musique mêle l’énergie du post-punk, les textures du shoegaze et les structures mélodiques de l’indie rock.
Leur univers aborde aussi bien l’amour que l’existentialisme, le spleen ou encore le sens de nos vies dans un monde qui semble lentement s’effondrer. Le groupe puise son inspiration dans la musique, bien sûr, mais également dans la société, la littérature et le cinéma.
Leur tout premier morceau, « Dream Place », est sorti en septembre 2024, rapidement suivi par « Nouvelle Vague » et « We Know Everything ». Leur premier EP, LvvV, est ensuite paru le 14 février 2025.
Le 3 décembre 2025, le groupe a dévoilé son premier clip, « The Closer You Look », avant la sortie de « ESO » le 29 avril 2026.
En seulement quelques années d’existence, The Bernadette Maries a déjà eu l’occasion de se produire en Belgique, notamment à quatre reprises au Botanique, mais aussi en France et aux Pays-Bas. Le groupe a également partagé la scène avec Bodega, Ditz, English Teacher, The Ex, Gurriers, Maquina, NewDad ou encore Humour.
Leur premier album, comprenant notamment les singles « The Closer You Look », « ESO » et « Missing Bernadette », est annoncé pour le 18 septembre 2026 sur le label Géographie.
Parmi leurs influences musicales figurent notamment They Are Gutting a Body of Water, Sinéad O’Connor, Duster, Julie, Fontaines D.C., My Bloody Valentine, DIIV, Deftones et Cocteau Twins.
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(Romain, Daria et Guy)
Ce qui m’a particulièrement séduit chez The Bernadette Maries, c’est leur palette musicale, qui oscille entre post-punk, shoegaze, pop-rock et quelques sonorités électro. Un mélange riche et varié que le groupe parvient à maîtriser avec une vraie cohérence tout au long de l’album.
L’album porte d’ailleurs particulièrement bien son nom et débute tout en douceur avec le titre éponyme, que j’aime beaucoup pour son atmosphère délicate et la douceur de la voix de Guy. Les chœurs parfaitement assurés par Daria viennent l’accompagner, créant une très belle alchimie entre les deux.
Le premier morceau qui m’a réellement accroché est « Happy Song », deuxième titre de l’album. Malgré son nom, le morceau dégage une atmosphère plutôt mélancolique, presque teintée de spleen, que j’aime beaucoup. Les paroles renforcent d’ailleurs ce contraste : derrière la répétition presque insistante de « It’s just a happy song », le texte évoque plutôt une relation qui aurait pu fonctionner, mais qui semble être passée à côté de quelque chose. J’aime beaucoup cette opposition entre le titre, le refrain et ce qui se dessine réellement dans les paroles, comme si Guy cherchait presque à nous convaincre qu’il s’agit bel et bien d’une chanson joyeuse.
Le troisième titre, « The Closer You Look », fut le premier single dévoilé par le trio bruxellois pour annoncer l’album. C’est un excellent morceau aux accents britpop qui me parle beaucoup et m’évoque par moments Blur, notamment dans son approche mélodique et son côté faussement nonchalant. Derrière cette apparente légèreté, les paroles dessinent pourtant quelque chose de plus mélancolique, avec cette idée qu’il existerait « un meilleur endroit où vivre » et la sensation de devoir laisser quelqu’un, ou quelque chose, derrière soi.
« ESO » est probablement l’un des titres qui m’a le plus marqué sur l’album. Il débute de façon remarquable dans une ambiance très shoegaze, enveloppante et presque cotonneuse, avant de peu à peu se transformer. Dans sa dernière partie, le morceau s’oriente vers quelque chose de beaucoup plus électronique, porté par une rythmique breakbeat aux accents très années 90, qui m’évoque notamment « Ain’t Talkin’ ’Bout Dub » d’Apollo 440.
La chanson se conclut avec la magnifique voix de Daria, qui reprend en boucle le refrain final évoquant des corps flottant et se déplaçant au ralenti, comme suspendus hors du temps. Je trouve cette fin absolument hypnotisante et elle fait clairement partie de mes passages préférés de l’album.
Le clip qui accompagne « ESO » illustre d’ailleurs très bien cette évolution du morceau. Il débute principalement autour du groupe en train de jouer, avec de nombreux plans rapprochés sur les musiciens et leurs instruments, avant de devenir progressivement plus sombre et plus abstrait. Les images d’une ville nocturne, les jeux de lumière et certains plans volontairement plus flous donnent alors à l’ensemble une atmosphère presque onirique, qui correspond particulièrement bien à l’univers du titre.
Autre titre pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur : « Never Been Mine ». Pour moi, c’est clairement le morceau le plus percutant et incisif de Soft. J’adore sa rythmique nerveuse, ainsi que cette façon qu’a le titre de relâcher un peu la pression dans sa partie centrale avant de repartir de plus belle sur la fin.
En découvrant les paroles, j’ai encore plus apprécié le morceau. Derrière cette énergie, le texte est en réalité bien plus désabusé, évoquant une relation dont on cherche à se détacher, avec cette sensation de ne jamais avoir vraiment appartenu au même monde que l’autre. Et malgré tout, il reste encore ce besoin de croire à quelque chose de plus heureux, à une vie meilleure, même si elle semble hors de portée.
La dernière partie de Soft se compose de « Interlude 02 », une piste instrumentale, de « Summer Night », de « Finding Marie », seconde piste instrumentale à l’atmosphère plutôt mélancolique, et de « Missing Bernadette ». Sans m’attarder individuellement sur chacun de ces titres, j’ai particulièrement apprécié la façon dont « Summer Night » et « Missing Bernadette » prolongent cette dimension très humaine qui traverse l’album.
« Summer Night » évoque une relation qui semble toucher à sa fin, entre souvenirs heureux, attachement et cette question qui revient presque comme un doute : avoir réellement fait les choses correctement. « Missing Bernadette », dernier single publié par le groupe avant la sortie de l’album, se montre quant à lui particulièrement touchant dans sa façon d’aborder le manque et le regret de ne pas avoir davantage maintenu le lien avec une personne qui comptait énormément. J’ai également beaucoup aimé le clip qui accompagne la chanson, baignant dans une ambiance assez psychédélique.
Pour conclure cette chronique, The Bernadette Maries est une très belle découverte musicale. Même s’il m’a fallu quelques écoutes pour apprécier pleinement Soft, j’ai pris de plus en plus de plaisir à l’écouter, à me laisser porter par les mélodies composées par le trio, mais aussi par la voix douce et apaisante de Guy, qui apporte une chaleur particulière aux morceaux. Une chose est certaine : je suivrai avec attention l’évolution du groupe. Un grand merci à Nicolas de m’avoir fait découvrir The Bernadette Maries !
Les prochaines dates de The Bernadette Maries sont :
08 OCTOBRE - TRIX (ANTWERPEN, BE)
19 OCTOBRE - NUITS DE CHAMPAGNE - FEST OFF OFF OFF (TROYES, FR)
20 OCTOBRE - LE BOTANIQUE (BRUXELLES, BE)
28 OCTOBRE - POINT ÉPHÉMÈRE (PARIS, FR)
04 NOVEMBRE - FUIFZAAL ELYSEE (OOSTENDE, BE)
05 NOVEMBRE - BARBROOS (GENT, BE)
Vous pouvez suivre et soutenir The Bernadette Maries sur leurs différents réseaux et plateformes : Bandcamp, Facebook, Instagram, Spotify, Tidal, Soundcloud et YouTube