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Aux notes enchantées
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Salut, moi c’est Steeve ! 42 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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Aux Notes Enchantées
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1 décembre 2025

A Tergo Lupi – Howl, un chef-d’œuvre dark-folk

 

Il est des groupes ou des artistes qui, dès la première écoute, nous percutent et nous touchent au plus profond de l’âme. A Tergo Lupi appartient sans conteste à cette catégorie. Avec Howl, leur troisième album, ils livrent une œuvre aussi puissante que bouleversante.

 

Avec Howl, le duo italien ne propose pas un simple album, mais un véritable rite initiatique : un cheminement intérieur où chaque titre marque une étape, une petite mort, une fracture ou une renaissance. Fidèle à son esthétique Dark/Folk profondément organique, A Tergo Lupi tisse une œuvre qui oscille entre instinct animal, spiritualité païenne et vulnérabilité humaine. Durant ce voyage musical, Fabio & Camilla utilisent avec brio différents langages tel que l'anglais, l'italien mais également le suédois, l'islandais et le latin !

À l’écoute de l'album, on traverse tout un spectre d’émotions : la rage, le déracinement, l’effondrement, la reconstruction. Avancer, chuter, se relever, accepter, couper, renaître : le cycle complet d’une métamorphose.

 

Howl s’ouvre magistralement avec Furia (que j'avais déjà chroniqué), troisième single publié mais logiquement première chanson du disque, tant elle incarne l’explosion originelle de l’album. Les éléments s’y soulèvent, la nuit appelle l’ombre et l’ombre appelle la tempête. Entre incantations et visions apocalyptiques, le morceau ne cesse de monter en puissance, se déchaînant après le pont musical jusqu’au dernier souffle, porté par un chant d’une forte intensité par Fabio, soutenu par la présence lumineuse de Camilla. Furia dépeint une rage qui dévore tout, avant de laisser place à la paix ardemment réclamée.

 

 

On enchaîne avec Irae, le dernier single et clip révélés le jour de la sortie d'Howl et de nouveau, c'est un titre somptueux. Après la rage et la tempête, place à la colère lourde et froide. Le tempo est plutôt lent, lourd mais puissant, profondément marqué par le tambour chamanique de Fabio et la tagelharpa de Camilla. D'ailleurs, ce qui me touche le plus dans ce titre, ce sont les deux passages que Camilla chante "Dawning flames breathe on…" et "Old long yearned bliss falls…", sa voix éthérée apporte une touche presque mystique. Elle flotte au-dessus de la rage incarnée par Fabio, comme un voile hypnotisant qui transforme la colère en quelque chose de plus grand, presque rituel. Grâce à elle, Irae ne se contente pas d’exprimer la fureur : il la magnifie, il l’illumine autrement. Frissons garantis. 

 

Irae est magnifiquement accompagné d’un clip somptueux, dans la parfaite continuité de Furia. On y retrouve ces personnages feuillus intrigants de Furia, des chorégraphies splendides et, bien sûr, le charisme incroyable de Fabio et Camilla. L’une des choses que j’admire le plus chez A Tergo Lupi, c’est leur créativité artistique jusque dans leurs visuels : chaque clip est une œuvre à part entière, soignée, unique, d’une beauté folle. Chapeau à eux !

 

 

Notre voyage musical intérieur se poursuit avec Chimera, un morceau qui m’a particulièrement touché, non seulement à l’écoute, mais également en en traduisant les paroles. Cette chanson est une exploration douce et mystique de la mémoire, du désir, et de cette part de soi que l’on cache au monde… et parfois même à soi-même. À travers les tempêtes intérieures, les mirages et les renaissances, Chimera montre comment nos fantômes personnels peuvent devenir des forces de paix lorsqu’on accepte enfin de les libérer.

C’est une chanson de réconciliation, où l’on commence à entrevoir un soi plus vrai, plus apaisé, comme une lumière encore fragile mais déjà déterminée. Un titre profondément intime, qui m'a touché en plein cœur.

 

Place à Brostin Von, un titre en islandais signifiant “Espoir brisé”. C’est probablement l’un des morceaux les plus émouvants de l’album. Il évoque les mensonges que ce soit ceux des autres, mais aussi ceux que l’on se raconte à soi-même, un cœur desséché, des espoirs entièrement brisés et des racines qui brûlent. Et malgré cette sensation de fatigue, de lassitude, de se tenir au bord du précipice, persiste cette volonté de ne pas mourir : continuer à exister, même quand tout se désagrège en nous et autour de nous.

 

 

Avec Embrace, on entre dans le moment douceur et délicatesse d’Howl. Camilla y chante presque toute la première partie, les trois quarts avant le final porté par Fabio, et sa délicate voix donne à l’ensemble une lumière ténue, presque hésitante. Le morceau parle de chemins obscurcis par les ronces, de rêves difficiles à retrouver, de ces ombres qui nous suivent malgré nos efforts pour avancer. C’est un titre plein de retenue, qui fait du bien après le début assez intense de l’album. La tagelharpa de Camilla, omniprésente et très appuyée, apporte une mélancolie profonde, comme si le temps, soudain, se suspendait.

 

La piste suivante, Entwine, s'ouvre sur les percussions de Fabio sur son tambour chamanique, donnant un souffle vif, brut, instinctif. C’est un morceau qui parle d’élan, de courage, de ces jours où l’on ose et de ceux où l’on ploie sous le poids des choses. La nature est au cœur de la chanson : un cœur de bélier, le rythme d’un lièvre, les bois printaniers, autant d’images qui symbolisent un réveil intérieur, le début d’une renaissance. On recoud peu à peu les voiles déchirées (“needle fingers mend my sails”) et on se remet à viser plus haut, plus loin, même avec des ailes en lambeaux. Entwine rappelle simplement ceci : certains jours, on porte le monde sur nos épaules ; d’autres, on réussit à s’élancer loin, à quitter l’obscurité qui nous rongeait. Mais que dans tous les cas, on avance. 

 

Poursuivons notre voyage musical avec Undertow : on entre dans un moment plus sombre et introspectif. Le morceau porte bien son nom : c’est un courant qui tire vers le fond, une sensation de glissement silencieux sous la surface. On y ressent un poids, une tension sourde, comme si quelque chose nous attirait vers nos zones les plus enfouies. Undertow agit comme un passage important du voyage : un rappel que, dans tout processus de reconstruction, il existe ces instants où l’on retombe un peu, où l’on se laisse happer avant de remonter.

 

 

La huitième piste de l'album est In Veins, qui fut le premier single dévoilé par le groupe en septembre 2024 et dont j'avais déjà rédigé une chronique. Un an après, je ne m'en lasse toujours pas ! Je n'avais pas noté l'ambiance tribale qui s'y dégage, c'est très intense que ce soit musicalement et vocalement. Les paroles évoquent un torrent intérieur qui remonte soudain à la surface : une rivière qui “coule comme du sang”, qui “brûle la gorge”, qui te saisit et te tire vers les profondeurs. Nous sommes tiraillés entre désir et cauchemar, entre quête et perte de repères. Des murmures nocturnes, des langues mêlées, des références aux Hespérides ou aux pétales sombres esquissent un paysage mystique où tout semble à la fois sacré et menaçant, c'est brutalement hypnotique et j'adore ! 

 

Avec Heimweh, A Tergo Lupi signe son second titre le plus poignant d'Howl et également le second single dévoilé par le groupe. En allemand Heimweh signifie "mal du pays", mais ici c'est plus la perte de soi qui y est évoquée. Ce moment où tu erres sans but, tu te sens totalement vide intérieurement, à sec en traînant une blessure profonde qui te déstabilise en permanence mais que des graines en ton for intérieur continuent de lutter et se tiennent prêtes à germer. Malgré le fait de se retrouver dans un épais brouillard, quelque chose en nous refuse de s'éteindre. C’est ce qui rend ce titre aussi bouleversant : il parle d’un cœur à vif, oui, mais aussi d’une résistance silencieuse, presque têtue, qui continue d’espérer. Pour moi, Heimweh est une marche douloureuse mais lumineuse, une de celles qui nous ramènent doucement vers nous-mêmes. 


Et que dire de la somptueuse vidéo, qui traduit à la perfection la chanson et l'errance intérieure !  

 

Le clip joue avec deux présences distinctes, mais dans un même lieu, comme deux temporalités superposées. On voit d’abord une silhouette masquée, couronnée de branches, marcher péniblement le long d’une plage voilée de brume. Le jour est gris, presque blanc, et la figure avance en traînant derrière elle un long tissu qui s’alourdit à chaque pas. Tout chez elle respire la fatigue, le poids, la lutte. C’est la part de soi qui résiste, qui survit, qui avance même quand tout s’effondre.

Plus loin, des plans de terre sèche et craquelée apparaissent, filmés en gros plan. Une surface brisée, vidée de toute vie, où rien ne semble pouvoir pousser. C’est le reflet parfait de cet état intérieur où l’on se sent desséché, fragmenté, épuisé jusqu’au sol. Un paysage de cœur fissuré.

Puis, apparaît une seconde figure sur la plage: une silhouette féminine, drapée, filmée cette fois sous une nuit totale illuminée par une éclipse. Là où l’autre marche écrasé par le poids, celle-ci danse, les bras levés vers le ciel, comme dans un rituel nocturne. Elle incarne l’abandon, l’acceptation, la transformation. Les deux figures ne se croisent jamais, mais elles se répondent : elles sont deux visages d’un même voyage intérieur. La lutte et la délivrance. Le jour et la nuit. La sécheresse et la renaissance.

Le clip se termine sur un plan saisissant : un drapeau planté dans le sable, immobile, tourné vers une étendue blanche où la mer et le ciel semblent avoir disparu. Aucun horizon, aucune vague, juste un voile de brume qui efface tout repère. La silhouette n’est plus là. Ne reste que ce drapeau fragile, comme un vestige de ce qui a été traversé, un signe que quelque chose a été déposé là, offert au silence. Une conclusion épurée, presque sacrée, qui résonne en parfaite continuité avec les dernières notes de tagelharpa. A Tergo Lupi signe un véritable bijou artistique !

 

 

 

On termine l'exploration d'Howl avec le triptyque final In Limine, décliné en trois étapes : Fall (chute), Sever (arracher) et Leave (laisser).
La première partie est une ultime chute, portée par le chant très aiguë de Camilla, presque spectral, comme venu d’outre-tombe. Les percussions graves et la tagelharpa renforcent cette tension dramatique, jusqu’aux derniers battements du tambour chamanique de Fabio. On a vraiment l’impression d’avoir touché le fond, de façon définitive

Sever s’ouvre de façon lente, sombre, et le reste du long de cette deuxième étape. Camilla y chante en italien :

 

"Se flebile
Stringi niente
Sogno che attende
Mentre mi sradichi"

 

Au milieu de cette immense plainte, on se retrouve accroché au vide, suspendu à rien d’autre que l’attente d’un rêve : celui d’être enfin arraché à cette profonde tristesse, à ce déracinement douloureux. Cette fois-ci, c’est Fabio qui assure les chœurs, renforçant encore davantage l’émotion poignante du passage. C’est magnifiquement beau, poétique, et tragique à souhait. 

 

Leave s'ouvre avec le chant déchirant de Camilla, hormis Lisa Gerrard, rarement une chanteuse ne m'avait autant pris aux tripes, touché en plein coeur et de mon âme. D'ailleurs, je trouve que cette partie là sonne pas mal Dead Can Dance, ce qui n'est absolument pas pour me déplaire. Mais cette plainte bouleversante est vite remplacée par plus de chaleur et d’espoir, lorsque les voix de Fabio et Camilla se rejoignent en parfaite harmonie. À ce moment-là, on sent que la douleur, le vide et l’ombre sont enfin laissés derrière. Quelque chose se rouvre. On avance vers la lumière, vers le mieux, vers un chemin nouveau, où l’on se retrouve, pleinement, et sur lequel la confiance renaît.

 

Pour conclure cette chronique (longue, certes, mais nécessaire), A Tergo Lupi nous offre un véritable chef-d’œuvre musical, visuel et artistique. On dit souvent que le troisième album est celui de la maturité ou de la confirmation : ici, Howl fait bien plus que confirmer : il renforce la place du duo parmi les groupes incontournables de la scène dark-folk. Et je dois le dire : Howl m’a parlé comme peu d’albums le font. Il m’a touché encore plus que Hide, que j’aimais déjà énormément. Mais là, on passe clairement à un autre niveau.

L’album frôle la perfection : aucun titre n’est à jeter, chacun possède sa propre singularité, sa force, sa beauté brute. Si je devais chipoter (parce que je suis peut-être trop matrixé aux œuvres découpées de Jean-Michel Jarre ou Mike Oldfield) j’aurais aimé que le triptyque final forme un seul et unique morceau découpé en trois parties distinctives, sans pause. Mais c’est vraiment pour pinailler.

Bravo Fabio & Camilla pour ce travail remarquable, d’une qualité absolument exceptionnelle.

 

Retrouvez et suivez l'actu d'A Tergo Lupi sur leur : Site officiel Facebook, Instagram, Bandcamp et le Shop

 

 

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19 novembre 2025

Lyric Noel met les tripes sur la table avec “Blood in the Water”

 

Nouvelle bombe musicale avec Lyric Noel et leur excellent nouveau single "Blood In the Water" ! J'avais découvert le groupe il y a 3 ans avec leur magistrale reprise "Carol of the Bells", une version metal ultra dynamisée, bien lourde que ce soit musicalement et vocalement ! Après, je n'avais pas trop cherché à développer l'exploration de leur univers, je m'étais éloigné du metal (hormis DIANNE et les quelques classiques incontournables pour moi CoF, SOAD....) à ce moment là en étant plus dans la vibe dark-folk et cie... J’avais donc mis leur nom de côté… jusqu’à ce que je tombe par hasard sur un extrait de Blood In the Water en scrollant mon feed Insta. Et là… claque monumentale.

Avant d’aller plus loin, petite présentation rapide :

 

 

 

Originaire de la région de Dallas‑Fort Worth (Texas), Lyric Noel a débuté seule avant que son projet ne prenne l’ampleur et ne devienne le groupe éponyme qu’on connaît aujourd’hui. À sa tête : Lyric Hollar (chant / autrice-compositrice) et Russell Hollar (guitare / production / compositeur) qui sont rejoints plus tard par Robert Gray (guitare / compos),et Jerrin Castillo (batterie / backup vocals)

 

Revenons donc à nos moutons à "Blood In the Water" qui nous plonge littéralement dans une ambiance suffocante et puissante. De tous les titres de Lyric Noel, c’est, à mon sens, leur titre le plus fort et celui qui me procure le plus de frissons, que ce soit musicalement, mais surtout vocalement sur lequel Lyric chante avec toutes ses tripes à la limite de la brisure. Plus d'une fois j'en ai eu à l'écoute de certains passages chantés surtout sur le dernier couplet "Blood for... / Blood in the water / Blood on their hands / blood in the water / blood on their hands". Nous sommes face à un texte riche de multiples symboles et métaphores puissantes, entre murs de verre qui renferment des secrets tus, courants qui entraînent vers les profondeurs, et cris enfermés dans le silence. L’ensemble évoque un traumatisme profond, enfoui, mais qui cherche à s’exprimer, à se libérer — quitte à éclabousser de rouge ce qui l'entoure.


La mer devient ici une métaphore du chaos intérieur, de cette noyade émotionnelle que l’on ne peut arrêter. Le refrain obsédant, martelé comme un mantra, agit presque comme un exutoire, un cri de révolte face à ce qui a été infligé. À travers ce texte, Lyric Noel semble évoquer une expérience profondément traumatique, quelque chose qu’elle a vécu, subi, qu’elle transforme en une vague de colère, de douleur, mais aussi de puissance retrouvée. Les images du verre brisé, des secrets enfouis, du corps fragmenté et du sang dans l’eau dessinent une descente vertigineuse, à la fois physique et mentale. Mais loin d’être une simple complainte, 'Blood in the Water' devient une libération, un cri viscéral, une reprise de pouvoir.

 

Le visuel qui accompagne Blood in the Water prolonge cette sensation d’étouffement et de tension émotionnelle. On y voit Lyric évoluer entre plusieurs états : tantôt debout avec le groupe, tantôt allongée (ou en rampant) dans l’eau, les yeux rouges, tenant un bouquet, qui est image puissante évoquant à la fois la mort symbolique et une forme de renaissance. Juste avant le passage final “Blood for…”, elle ouvre les yeux et reprend son souffle, comme si elle revenait à la vie après une noyade émotionnelle.

 

En parallèle, une autre version d’elle-même apparaît, portant un bijou en forme de mains sur les yeux autre symbole fort qui pourrait incarner la censure, l’aveuglement imposé, ou l’oppression vécue. Ce double visuel intensifie le message du morceau : celui d’une mémoire oppressante, d’un traumatisme enfoui, mais aussi d’une volonté de reconquête identitaire. Le clip ne montre pas, il suggère, mais avec une force esthétique redoutable.

 

C'est la première fois que je fais une analyse aussi poussée d'un morceau ainsi que d'un clip, mais cela me semblait très important de le faire. La chanson et le clip m'ont vraiment touché  et j'avais envie de mettre tout ce que je ressentais à lecture de celui-ci. 

 

Je vous laisse avec le clip et pour suivre et soutenir Lyric Noel, c'est par ici : site officiel, Facebook, Instagram, Patreon, Twitch et TikTok . Enjoy !!

 

17 novembre 2025

Ductape tease "Faded Flowers" avec un "Fine" percutant

 

Chronique un peu à la bourre, car le single est sorti le 10 octobre dernier, mais je tenais tout de même à vous parler de "Fine" de Ductape (mon duo post/punk turque préféré), qui est le premier single de leur prochain album à venir en 2026  "Faded Flowers" (qu'est-ce que j'adore ce titre !)

 

Ce que j’adore dans cette chanson, c’est son paradoxe explosif : une mélodie dansante, presque lumineuse, qui se cogne à des paroles positivement sombres. On parle ici de perte de contrôle, de chute brutale : “From the highest cloud / To the concrete floor”, on ressent pleinement l’impact de ce crash émotionnel.
Et pourtant, au cœur de ce désastre, résonne un puissant “But I feel fine”. Comme un souffle de lucidité dans la tourmente. Parce que même si l’effondrement est total, une forme de paix s’installe enfin pour la première fois :


“I feel fine / For the first time / At the bottom of the hole / I call mine.”


Ce trou, je dirais même ce vide intérieur, n'est plus subit, il est adopté et assumé. C’est sombre, poignant mais sublime car cela fait écho à plein d'émotion que l'on garde au plus profond de soi.

 

J'aime énormément le second couplet également : “Faded flowers rain on me / Every ache now oh feels so real / Nothing makes sense anymore / As I drift and watch them fall” qui donne un vrai côté cinématographique au morceau. J’imagine sans mal un perso de film, à la dérive, ayant tout perdu, regardant ses souvenirs défiler comme des pétales fanés.

 

Mention spéciale aussi pour le clip, entièrement en noir et blanc, où l'on retrouve le duo Çağla et Furkan en apprentis alchimistes, concoctant une mystérieuse potion du bonheur éternel — comme l’annonce ironiquement l’ouverture du clip : “Today, we'll give you the recipe for endless happiness.”

 

En tout cas, "Fine" s’impose comme un excellent premier single pour introduire Faded Flowers, le prochain album à venir. Et si le reste est du même calibre, ça risque de déménager sévère et cela s'annonce aussi percutant et marquant qu’Echo Drama.

 

Je vous laisse avec le clip et les liens pour suivre et soutenir Ductape : site officiel, Facebook, Instagram et Bandcamp! Enjoy ! 

 

12 novembre 2025

“The Irish Sea” en live : tAngerinecAt à fleur de peau

 

Le duo tAngerinecAt a récemment publié une nouvelle vidéo live, captée à Édimbourg, sur leur titre “The Irish Sea”.

Et quelle claque ! Cette version live, que j’ai trouvée particulièrement touchante, est à mes yeux encore plus puissante et percutante que celle de l’album. Leur présence scénique est forte, magnétique, presque envoûtante — on ne décroche pas une seconde du regard de Zhenia, ni des textures sonores résonnant de depuis la scène.


La vidéo s’ouvre sur une séquence splendide de la mer d’Irlande : des vagues furieuses s’écrasant sur des rochers — une image parfaite pour accompagner le roulement de tambour sourd qui bat la cadence du morceau. Puis on voit Paul, suivi de Zhenia, qui déclame les paroles avec intensité .
Les mots apparaissent en projection sur un rideau bleu derrière eux, renforçant encore la portée émotionnelle du texte et la force de l’interprétation. La détermination dans la voix de Zhenia, son regard fixe et habité, ses gestes… tout respire l’engagement viscéral.

 

Pour accompagner cette performance, tAngerinecAt a publié ce texte, aussi fort que leur musique :

 

« Les battements d’un cœur… une marche, des engrenages, des roues… l’anxiété, comme le marteau du fascisme… un marteau extérieur, un marteau intérieur… un grondement qui monte… une voix discrète, comme l’écho d’un chant ancien, né au cœur du chaos, explose en un cri. The Irish Sea. »

 

À titre personnel, cette vidéo m’a profondément marqué. C’est le genre de performance qui laisse un frisson, même une fois l’écran éteint.
J’espère sincèrement pouvoir un jour vivre ça en live, pour ressentir chaque émotion transmise par tAngerinecAt, à fleur de peau.

 

Je vous laisse avec la vidéo et vous pouvez retrouver et suivre tAngerinecAt sur le site officielFacebook, Instagram, Bandcamp et Youtube . Enjoy !!! 

 

11 novembre 2025

Bjorth allume les feux du Ragnarök avec Fall of Midgard

 

Aujourd’hui, j’ai très envie de vous parler d’un groupe que j’apprécie énormément : Bjorth, qui revient ce mois-ci avec un nouveau titre aussi puissant qu’envoutant, Fall of Midgard.

J’ai découvert ce projet il y a quelques temps, suite à sa superbe collaboration avec A Tergo Lupi sur le morceau Nornir que j'avais découvert en explorant la discographie de ces derniers, et depuis, je suis complètement sous le charme de l'univers de Bjorth

Mais avant de plonger dans Fall of Midgard, une petite présentation s’impose…

 

Bjorth est un projet musical viking/dark folk dirigé par le producteur allemand Björn Hoppen. Il mêle folklore nordique et d’Europe centrale à des paysages sonores cinématographiques et sombres, pour créer une expérience immersive à la fois tribale, mélodique et évocatrice.

En 2020, le projet prend vie avec un premier single, Drums of Midgard, qui pose les bases de son univers sonore. Il rencontre un beau succès avec plus de 6 millions de streams à lui seul. Depuis, Björn s’est entouré de collaboratrices de talent, notamment la chanteuse chilienne Daniela (Dani) Alvear, au timbre puissant et expressif, et la violoniste Meri Tadic (ex-Eluveitie), qui a rejoint l’aventure en 2023.

 

Le groupe multiplie les collaborations internationales : A Tergo Lupi (Nornir), Noiduin, Foresaga, Munknörr, ou encore Bukhchuluun Ganburged, maître du chant diphonique mongol (Khishigten). Le morceau Svinfylking a même été utilisé en 2025 pour la bande-annonce officielle de Call of Duty: Black Ops 6 – Saison 4. Un parcours remarquable qui prouve que les sons anciens peuvent résonner avec puissance dans notre époque.

 

Daniela (Dani) Alvear, Björn Hoppen et Meri Tadic

 

Ce que j’apprécie le plus chez Bjorth, c’est cette capacité à mêler puissance, intensité et envoûtement dans chacun de leurs morceaux. Leur style est reconnaissable entre mille, à la fois sombre et majestueux, brut et cinématographique. Et c’est exactement dans cette continuité que le groupe a dévoilé, le 7 novembre dernier, un nouveau titre saisissant : Fall of Midgard.

 

Dès les premières secondes, Fall of Midgard impose une tension sourde, presque mystique, portée par des percussions tribales puissantes et des nappes sonores cinématographiques.
Mais ce qui frappe le plus, c’est la voix de Dani Alvear, mise en avant avec une intensité remarquable. Elle chante ici avec une détermination vibrante, presque guerrière, tout en conservant cette part d’ombre et d’émotion qui la rend si captivante.
L’instrumentation, quant à elle, joue sur la retenue et la tension : on y perçoit par moments quelques notes pincées, presque cristallines, qui pourraient bien être le fruit d’un jeu en pizzicato au violon, apportant une touche subtile mais évocatrice.
C’est un morceau à la fois hypnotique et dramatique, qui évoque l’inéluctable chute, mais avec une noblesse résignée.

Le titre est entièrement chanté en vieux norrois — une langue ancienne et rugueuse, issue des sagas vikings, qui contribue à l’immersion totale. Même sans en saisir chaque mot, on en ressent la force, la colère, le souffle tragique.
C’est une expérience presque rituelle, où la voix devient incantation, et où chaque syllabe résonne comme un écho de la fin des temps.

 

Les paroles, traduites par le groupe, plongent directement dans les flammes du Ragnarök.
Les épées s’entrechoquent, Asgard s’effondre, Fenrir dévore le soleil, Loki ricane dans l’ombre… tout est là pour dresser une fresque sonore de fin du monde.
Le texte est court, mais d’une puissance évocatrice folle — une vraie peinture apocalyptique en quelques vers, à la fois mythologique et profondément cinématographique.

 

Avec Fall of Midgard, Bjorth signe un titre d’une puissance rare, qui transporte dès les premières secondes et vient réveiller quelque chose de profondément ancré en soi.
C’est un morceau qui donne la force, qui galvanise, qui pousse à avancer même quand le monde s’effondre autour.
Porté par la voix incantatoire de Dani et une production cinématographique magistrale, Fall of Midgard n’est pas seulement un voyage sonore, c’est une véritable claque émotionnelle.
Un titre que je ne me lasse pas d’écouter — et qui, à chaque fois, me redonne la pêche.

 

Pour suivre et soutenir Bjorth : Site officiel , Instagram, Facebook et Bandcamp

 

 

 

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10 novembre 2025

Howl : prochain voyage avec A Tergo Lupi

 

A Tergo Lupi a annoncé vendredi dernier la sortie de leur prochain album, pour le 25 novembre prochain ! Mon duo italien préféré de musique Dark Folk reviendra donc avec Howl qui comprendra 12 titres :

 

Furia – Irae – Chimera – Brostin von – Embrace – Entwine – Undertow – In veins – Heimweh – In limine I : Fall – In limine II : Sever – In limine III : Leave

 

La cover est juste somptueuse, réalisée en collaboration avec Francesco Rosalbi. Pour moi, c’est clairement l’une des plus belles pochettes de ces dernières années — et sans doute la plus marquante pour A Tergo Lupi jusqu’ici.

Je suis impatient de découvrir et chroniquer Howl, qui s’annonce puissant rien qu’en lisant les titres, et en me basant sur les trois singles déjà dévoilés depuis septembre 2024 : In veins, Heimweh et Furia. Je suis particulièrement intrigué par les trois derniers morceaux, qui semblent former un triptyque final en trois actes. S’ils tiennent leurs promesses, on pourrait bien avoir là un véritable climax narratif, épique et viscéral! Rendez-vous dans 15 jours pour le verdict ! 

 

En attendant, je vous remets les trois singles déjà disponibles : enjoy 🖤!

 

Retrouvez et suivez l'actu d'A Tergo Lupi sur leur : Site officiel Facebook, Instagram, Bandcamp

 

 

 

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