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Aux notes enchantées

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Salut, moi c’est Steeve ! 41 ans, passionné de musique, et jamais rassasié de découvertes sonores. Ce blog, c’est mon espace pour partager mes coups de cœur et donner un coup de projecteur à des artistes qui méritent d’être écoutés fort. Si tu aimes les chroniques honnêtes, écrites le cœur, tu es au bon endroit. N’hésite pas à laisser un mot ou à partager tes propres découvertes
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19 décembre 2025

Alice & June, vingt ans d’émotions intactes

 

Aujourd'hui, nous fêtons l'anniversaire d'un de mes albums préférés d'Indochine (si ce n'est mon préféré) à savoir Alice et June ! C'est le 10ème album studio du groupe publié le 19 décembre 2005 et 4 ans après le monumental Paradize, qui avait signé le retour en grâce d'Indo ! Le line-up de l’époque était le suivant, de gauche à droite sur la photo :

 

 

Marc Eliard, Nicola Sirkis, Oli de Sat, Mr Shoes et Boris Jardel

 

Vingt ans plus tard, Alice & June n’a pas pris une ride. Je le trouve toujours aussi efficace, aussi sombre que puissamment beau. L’album existe en deux versions : une version simple, et une version double que j’ai aimée instantanément. Deux disques complémentaires : Alice au pays des cauchemars – La Promesse et June au pays des merveilles – Le Pacte!

 

Je me souviens m’être acheté Alice & June le jour de sa sortie, et n’avoir écouté que cet album ce jour-là. En boucle. Comme une évidence. Le lendemain, Indochine donnait ce fameux Concert Secret à la Cité de la Musique à Paris. Un moment suspendu, intense, qui a scellé à jamais mon lien avec cet album. Alice & June n’a donc jamais été pour moi un simple album, mais une véritable expérience. Il est arrivé à une période charnière de ma vie, à 21 ans, alors que tout se cumulait : mon premier logement, des études menées de front avec un travail, et une relation amoureuse aussi forte que compliquée. Dans ce quotidien parfois étouffant, cet album est tombé à point nommé, devenant une échappatoire précieuse face aux tracas de l’époque.

 

Dès les premières secondes, avec ces tics-tacs d’horloges qui s’affolent et se détraquent rapidement, Alice & June installe une atmosphère inquiétante. Puis débute le très sombre Les Portes du soir, véritable porte d’entrée vers le pays des cauchemars, en compagnie d’Alice et d'emblée, c'est saisissant et magnifique ! S’enchaîne Alice & June, premier single révélé par le groupe : un titre extrêmement nerveux, aux guitares lâchées à pleine puissance, dont les riffs font immédiatement mouche.

 

Ce premier disque regorge également de titres devenus incontournables. On y retrouve Gang Bang, Ladyboy (deuxième single) et son somptueux clip, sans doute l’un des plus originaux de la carrière du groupe, ou encore Adora (troisième single contenant l’excellent 999 et le parfait remix signé Oli de Sat).

 

 

Alice laisse aussi place à des moments plus sensibles, comme le très touchant Pink Water 3, en duo avec Brian Molko, sans oublier le furieux Vibrator, dont l’énergie brute n’est pas sans rappeler Punker.

 

Mais s’il ne fallait retenir qu’un titre, ce serait sans hésiter Black Page, mon morceau préféré des deux albums. Une mélodie imparable, des guitares saturées, un combo basse/batterie percutant et incisif, au service de paroles qui résonnent encore aujourd’hui, comme : « Je n’ai pas envie là / De devenir qu’un adulte imparfait »
ou « J’en ai jamais assez de ma réalité / À trouver des vampires / À qui parfois sourire ».

Le deuxième couplet, tout aussi marquant, approfondit encore ce sentiment de malaise et de peur de l’effacement : « Ce monde pourrit de loin / Est-ce que tu veux vivre / Encore avec moi ? »
Un passage fort, porté par un refrain terriblement efficace, qui s’ancre en tête dès la première écoute.

 

 

Le second disque, June au pays des merveilles – Le Pacte, n’est évidemment pas en reste. J’aime toujours autant son introduction, Le Pacte, qui reprend la mélodie de Douce nuit dans une version boîte à musique volontairement vrillée, presque inquiétante.

June, morceau central de cette seconde partie, aborde le thème de l’anorexie avec une grande justesse, et s’impose comme l’une des chansons les plus poignantes de l’album.

À l’image de La Promesse, la partie June regorge elle aussi de titres devenus incontournables : Crash Me, Belle & Sébastiane, le délirant Harry Poppers avec Didier Wampas, mais aussi les très émouvants Talulla et Morphine, sans oublier le magnifique Starlight.

 

 

Avec le recul de ces vingt années, un seul titre me paraît avoir moins bien traversé le temps : Aujourd’hui je pleure, en collaboration avec AqMe. Enfin, Alice & June s’achève sur Pink Water 2, version intégralement chantée en anglais par Nicola Sirkis, toujours accompagné de Brian Molko. Un duo tout en retenue, dont les voix se complètent parfaitement, offrant une conclusion douce-amère et presque apaisée à cet album dense et tourmenté.

 

Vingt ans après sa sortie, Alice & June reste clairement un album à part dans la discographie d’Indochine. Un disque dense et sombre, dans lequel il est facile de plonger… et de se perdre.

Pour moi, il n’a jamais cessé d’être plus qu’un simple album. Il est lié à une époque, à des souvenirs précis : comme la tournée sur laquelle j’ai assisté au plus grand nombre de dates, ou encore le privilège d’avoir été Indoreporter et d’avoir rencontré le groupe. Mais surtout, il est lié à des émotions qui, elles, n’ont pas vieilli. Alice & June continue de résonner, différemment peut-être, mais toujours avec la même intensité.

Avec le recul, cet album apparaît comme une œuvre charnière, ambitieuse et profondément habitée, qui a permis à Indochine de confirmer son retour au premier plan tout en explorant des territoires plus sombres et introspectifs. En 2025, Alice & June tient toujours debout, intact, et rappelle que certains albums ne s’écoutent pas seulement : ils s’accompagnent, traversent le temps… et les vies.

 

Pour suivre Indo et leur actualité, c'est par ici : Site officiel, Facebook, Instagram et YouTube

 

©Peggy M.

 

(moi en 2005, lors de l'attente à la Cité de la Musique, pour le Concert Secret)

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18 décembre 2025

ATŌMI – Oracles, une beauté qui transperce l’âme

 

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un artiste que je suis depuis quelques années déjà, plus précisément depuis 2022 : ATŌMI, le projet musical de Lorenzo Setti, producteur de musique et artiste sonore italien basé à Berlin. Je ne vais pas m’attarder sur une chronique d’album, mais me concentrer sur un seul titre, Oracles. Un morceau qui m’a touché au plus profond de l’âme dès la toute première écoute.

 

Oracles est un titre issu de l’excellent album Little Floating Oracles, dont il constitue l’avant-dernier morceau. Cet album de sept titres s’articule autour du concept du fœtus, envisagé comme une incarnation physique de l’essence cosmique, renfermant le savoir infini d’un Oracle. ATŌMI s’est ici entouré de la talentueuse violoniste et compositrice Laura Masotto, dont le jeu avec son violon électrique apporte une profondeur organique et vibrante au morceau, ainsi que de la chanteuse Giulia Bernardi. Sa voix, utilisée sans paroles, s’élève de manière très aérienne, presque angélique, apportant une lumière et une sérénité immédiates à l’ensemble. Musicalement, l’ambiance se fait spatiale, portée par un effet drone omniprésent qui installe une sensation de flottement et d’apesanteur tout au long de la piste. À l’écoute, Oracles procure cette sensation rare d’origine et de création, comme un moment suspendu où tout commence.

 

 

Il existe des morceaux dont on tombe amoureux dès la première écoute, qui nous foudroient et transpercent l’âme sans que l’on sache vraiment pourquoi, ni comment l’expliquer. Oracles fait clairement partie de cette catégorie. Malgré sa douceur, c’est un titre à la fois percutant et enveloppant, auquel il est impossible de rester insensible tant la beauté et la pureté musicale qu’il dégage sont saisissantes. Un titre qui témoigne d’une sensibilité et d’une maîtrise rares, et qui place ATŌMI parmi ces artistes capables de toucher à quelque chose de profondément universel.

 

Suivez et retrouvez l'actualité d'ATŌMI sur son : Site officielFacebook, Instagram, Bandcamp, YouTube

 

 

 

16 décembre 2025

Avec This Won’t Cure Your Depression, Send Me Love Letters confirme tout son potentiel

 

 

En avril dernier, je découvrais l’excellent groupe Send Me Love Letters, un véritable coup de cœur qui marquait déjà mon début d’année. J’avais alors le sentiment de ne pas pouvoir trouver mieux du côté de la scène rock française. Leur nouvel EP, This Won’t Cure Your Depression, publié en octobre dernier, n’a fait que confirmer cette intuition.

 

Le groupe nous offre six titres chargés d’une intensité immédiate, et pose le décor dès The Mask & The Charades. Gabrielle y explore la désillusion amoureuse face aux faux-semblants et aux jeux de rôle émotionnels, ces jolis regards et ces beaux mensonges derrière lesquels plus rien n’est vraiment sincère. Lucide, elle voit clair désormais et refuse de se laisser piéger à nouveau.

Coincée entre conscience aiguë et noyade intérieure, la narratrice se protège en érigeant une armure : ne plus croire, ne plus tomber, quitte à ne plus ressentir. The Mask & The Charades saisit avec justesse cet instant fragile où les illusions s’effondrent, où l’on devient “plus malin que sage”, au prix d’une certaine perte d’innocence.

 

Avec Glastonbury (le titre qui m’a fait découvrir et aimer Send Me Love Letters), Gaby raconte une relation toxique, faite de déséquilibre et de dépendance affective. Malgré la lucidité, elle reste fidèle à cette histoire, acceptant la cruauté, la dureté et l’humiliation pour quelques bribes d’attention. Le morceau est puissant et bouleversant, tant il fait écho à des réalités vécues par de nombreuses femmes, enfermées dans des relations d’emprise. Si la tête reste haute en apparence, la blessure, elle, est bien là, profonde. Musicalement, ça décoiffe, la tension du morceau venant renforcer encore la brutalité de ce qu’il raconte.

 

 

Sur Pity Has Left The Room, Gabrielle change radicalement de ton. La désillusion laisse place à la colère, à une misanthropie assumée nourrie par la toxicité des relations humaines. La chanson déborde de sarcasme et de rage contenue, comme un trop-plein face à un monde bruyant, cruel et étouffant. Derrière cette agressivité se dessinent pourtant des blessures communes, partagées, qui expliquent autant qu’elles n’excusent cette perte totale de pitié.

 

On enchaîne avec l’excellent Sparkle, qui évoque la perte de cette étincelle intérieure donnant envie d’avancer, de désirer, de se sentir vivant. Gaby y décrit une sensation d’enfermement, celle de tourner en rond comme dans un bocal, déconnectée d’elle-même et de toute perspective. Pourtant, le morceau laisse aussi transparaître cette idée que l’on est prêt à tout pour retrouver cette étincelle, jusqu’à en venir à vénérer Satan. Une pointe d’humour noir bienvenue, qui m’a particulièrement plu.

Et que dire du clip qui accompagne ce morceau ! (oui, je veux absolument une cagoule à perles). On y voit le groupe en fuite après un braquage, une valise à la main, avant de célébrer leur échappée. Le montage, construit sur un passage répété en boucle, épouse parfaitement le propos de la chanson : cette impression de tourner en rond, de façon mécanique, sans parvenir à s’extraire de sa propre trajectoire. L’ensemble est à la fois original, cohérent et terriblement efficace. 

 

 

 

Avant dernier titre I’ve Got No Clue What This Is All About, Gabrielle exprime une profonde confusion et une attente vaine de réponses. Elle cherche quelque chose à quoi se raccrocher que ce soit une croyance, un sens, un signe, mais se heurte systématiquement au vide. Malgré ses yeux, ses oreilles et les bras grands ouverts, rien ne vient répondre à cet appel. Le morceau traduit cette frustration sourde, celle d’avoir suivi les règles et d’avoir espéré, pour finalement se retrouver face à un silence total. Musicalement, les guitares donnent au morceau une énergie très rock anglais, sèche et tendue, avec un final qui appuie encore cette sensation d’urgence.

 

On conclut l’EP avec Sweet Living, qui s’ouvre délicatement sur quelques notes de piano et la voix douce de Gaby, évoquant par moments l’atmosphère bondienne de No Time To Die de Billie Eilish (et j’adore !). Sous cette apparente douceur se dessine pourtant un constat bien plus amer : celui d’un engourdissement collectif, fait d’excès, de fatigue mentale et de solitude partagée. Derrière l’ironie du titre se cache une grande fragilité, celle d’une vie tenue à un fil, où l’on se sent vide sans jamais être totalement seul. C’est à la fois beau et puissant.

 

Avec This Won’t Cure Your Depression, Send Me Love Letters confirme tout son potentiel à travers un rock puissant et percutant, porté par des textes particulièrement travaillés abordant des thèmes sérieux et importants. Nul doute que, dans les années à venir, le groupe s’imposera comme l’un des incontournables de la scène rock française.

 

Suivez et retrouvez l'actualité de Send Me Love Letters sur leur : Site officiel, Facebook, InstagramYouTube et TikTok

 

15 décembre 2025

Corpus Delicti signe une renaissance magistrale avec Liminal

 

 

Le 28 novembre dernier, Corpus Delicti dévoilait Liminal, son premier album depuis Obsessions, sorti il y a trente ans.

Commençons par être transparents : je ne fais pas partie de ces fans qui attendaient un retour à tout prix. J’ai découvert Corpus Delicti tardivement, sans le poids de la nostalgie, sans attentes particulières non plus.

Je l’avoue, j’ai toujours eu du mal avec le “forcing” musical, ce moment où l’on vous répète qu’il faut absolument aimer un groupe. J’ai besoin que la rencontre se fasse d’elle-même.  J’ai découvert Corpus Delicti il y a quelques années déjà, sans l’attente fiévreuse d’un retour, ni l’attachement nostalgique qui accompagne souvent ce genre d’annonce. C’est donc avec un regard relativement libre que j’ai abordé Liminal.

 

Une chose m’a frappé avec cet album : le groupe ne tombe jamais dans la nostalgie et ne propose aucun réchauffé qui céderait à la facilité. Non, Corpus Delicti est revenu avec du neuf, tout en conservant un style immédiatement reconnaissable, et ce dès le premier titre, Crash. Musicalement, le morceau envoie du lourd, porté par un trio batterie/basse/guitare d’une efficacité redoutable, incisif à souhait. Vocalement, Sébastien n’a définitivement rien perdu de sa verve, même si celle-ci se fait aujourd’hui plus posée. Je m’attendais à quelques envolées, à la manière de Staring ou Circle, notamment en fin de titre. Il n’en est rien… mais le plaisir est intact, et les frissons bien présents.

 

Je ne reviendrai pas en détail sur Room 36, puisque j’en avais déjà donné mon avis auparavant. Pourtant, le morceau continue de m’accompagner régulièrement, notamment lors de mes sessions de sport. Il dégage une force motivante à toute épreuve.

J’ai également beaucoup aimé It All Belongs to You, qui figure parmi mes titres préférés de Liminal. C’est un morceau que je trouve particulièrement touchant, porté par de subtiles touches mélancoliques.

 

This Sensation n’est pas en reste non plus. Il s’agit d’une excellente chanson, puissante, avec toujours cette osmose parfaite entre la guitare , vive et tranchante, la basse et la batterie. L’alchimie est évidente, jusqu’à cette fin tout en douceur, où l’effet d’écho tourbillonnant sur la voix de Sébastien donne au morceau une dimension presque magistrale.

 

Corpus Delicti (Christophe, Sébastien, Fabrice et Franck).

©️ Elliot Pietrapiana

 

On arrive ensuite, pour moi, au titre le plus délicat de l’album : Under His Eye. Il m’a fallu plusieurs écoutes avant de réellement l’apprécier. Pour être tout à fait sincère, lors de la première écoute, j’ai rapidement zappé le morceau pour enchaîner sur la piste suivante. Son ambiance gothic-jazz, introduisant piano et trombone, m’a d’abord dérouté. Mais j’ai choisi de lui laisser sa chance, et ce n’est qu’à partir de trois/quatre écoutes que j’ai fini par l’aimer, le trouver original, et pleinement cohérent avec l’univers de Liminal. 
 

Sixième chanson de l’album, Chaos est aussi le premier single dévoilé par le groupe en 2023, annonçant leur retour avec de l’inédit. Et bon sang… que j’aime ce titre ! Énergique, brut, dynamique, exactement comme je les aime. Le refrain  (et même l’ensemble du morceau) reste très facilement en tête. C’est aussi la chanson où la basse m’a fait le plus vibrer, au point de la trouver tout simplement phénoménale.

Pour moi, Chaos est une véritable masterclass, un incontournable de Corpus Delicti. Un titre taillé pour le live, où son énergie brute pourrait facilement déchaîner les foules.

 

S’ensuit Fate, un morceau qui m’a particulièrement parlé, tant le groupe y aborde le thème du temps qui passe et de l’usure intérieure  (un sujet qui a, je l’avoue, tendance à m’angoisser). Les paroles évoquent une fatigue lucide, celle des cœurs qui s’érodent et des esprits qui se figent, mais aussi ce besoin viscéral de s’extraire, de “slip away”, ne serait-ce qu’un instant, afin de retrouver de l’espace et de la clarté.

Mention spéciale également pour le très beau clip réalisé par Eliott et Sébastien. Il donne l’impression de regarder une VHS des années 90, truffée de clins d’œil au groupe, avec notamment le plaisir de revoir certains endroits de Nice, dont le regretté Hit Import. Bravo à eux deux pour ce clip, empreint de nostalgie, mais sans jamais tomber dans le pathos.

 

 

Petit interlude musical avec Endless Sighs, un moment de flottement évasif, presque spatial, particulièrement appréciable à ce stade de l’album.
Nous arrivons ensuite sur Out Of Steam, un ancien morceau écrit en 1995, qui n’existait jusqu’ici qu’en version démo (que je ne connaissais pas). Dans sa version studio, le titre est en tout cas excellent, porté par des sonorités martiales et guerrières. C’est sans doute le morceau qui dégage le plus de rage et de colère sur Liminal.

 

L’album s’achève sur le titre éponyme, Liminal. Un morceau sublime, qui m’a immédiatement évoqué The Cure, avec cette même froideur élégante, que ce soit au niveau de la batterie, de la guitare ou de la voix de Sébastien, le tout en parfaite communion. La chanson dégage une poésie délicate, constamment suspendue entre ombre et lumière.

Le final est tout simplement succulent sur le plan auditif, porté par une atmosphère shoegaze qui m’a littéralement collé des frissons. Je ressens ce titre comme un au revoir, et non comme un adieu — presque comme une promesse que Corpus Delicti reviendra, et plus vite qu’on ne l’imagine.

 

©️ Loreleï jade

 

Avec Liminal, Corpus Delicti signe un album magistral et réussit pleinement son retour. Quitte à comparer car je les ai cité précédemment, je le trouve même nettement plus convaincant que celui proposé plus tôt cette année par The Cure. Le groupe a gagné en maturité, et l’ensemble des morceaux affiche un niveau d’aboutissement remarquable : rien n’est à jeter parmi ces dix titres.

Il me tarde désormais de les retrouver sur scène  (probablement le 30 avril 2026 à Nantes) et j’espère que ce retour s’inscrira dans la durée, porté par l’envie de poursuivre l’aventure et de faire naître de nouvelles compositions. Liminal n’est pas un point final, mais un seuil franchi avec assurance.

 

Suivez et retrouvez l'actualité de Corpus Delicti sur leur : site officiel, Bandcamp, Instagram, YouTube

 

 

9 décembre 2025

Découverte musicale : VAAGUE, un voyage électronique qui surprend.

 

Découverte musicale du jour avec le très bon Antoine Pierre et son projet VAAGUE, grâce à Camille de La Mission. Avant de démarrer, une présentation s’impose :

 

Derrière VAAGUE se cache le batteur belge Antoine Pierre, musicien reconnu pour son approche résolument moderne de la batterie. Entre instrument acoustique, samples captés en direct et capteurs intégrés à son jeu, il a développé une manière unique d’envisager la performance : sans boucle, sans playback, tout en mouvement. Après avoir exploré le downtempo puis une esthétique plus club, VAAGUE revient avec SHORTCUT, un EP qui plonge dans le UK Garage, la Drum & Bass et le Post-Dubstep.

 

Ce qui m’a le plus séduit avec SHORTCUT, c’est ce travail de découpage, de transformation et de manipulation des échantillons de batterie d’Antoine, pour créer une matière électronique organique. Étant fan de Jean-Michel Jarre et de son excellent album Zoolook, j’y retrouve le même état d’esprit, ainsi que cette créativité dans le traitement des échantillons, des samples, et dans la manière de distordre les notes et les voix. Ici, les samples qu’utilise VAAGUE sont aussi de véritables pépites surprenantes : une trompe de chasse, des extraits de voix désinvoltes, des pianos préparés, des cloches… Il suffit de tendre l’oreille, et c’est un régal.

 

VAAGUE (c) Juliane Schütz

 

Les morceaux plus “évidents” de l’EP (Shortcut Jenny, Talk It Up ou Swirl) prolongent l’évolution du projet depuis ses débuts : des rythmes plus incisifs, des idées plus directes, mais toujours cet humour discret, ces petits décalages qui font la signature de VAAGUE. Mon titre préféré est Shortcut Jenny, que je trouve ultra incisif, percutant, mais également très dansant. J'aime beaucoup également le premier titre Modern Jazz très pêchu et qui annonce bien l'ambiance de ce qui nous attend.

 

Krill et Swirl sont deux interludes qui ouvrent des brèches dans l’EP : de petites fenêtres suspendues, presque fragiles, qui éclairent autrement l’univers de VAAGUE. Elles viennent de “Kintsugi”, une performance créée avec la chorégraphe Isabella Soupart et la danseuse Elsa Tagawa:  un spectacle qui évoque la cassure, la réparation, les lignes qui se recollent. Dans Shortcut, ces interludes jouent ce rôle à merveille : ce sont des respirations, des éclats de silence en mouvement.

Puis arrive Himalaya, sans doute le morceau le plus émouvant de l’EP. Les couches de chœurs se déposent comme de la neige fraîche, et le piano de Shai Maestro ouvre une profondeur inattendue. Son solo final glisse avec une douceur qui serre le cœur. C’est simple, beau, et ça surprend dans ce contexte plus rythmique.

 

Pour conclure, SHORTCUT n’est pas de ces EP qui renversent d’un coup, mais il possède une force plus discrète : celle de la curiosité, de la matière vivante, des idées qui se faufilent et reviennent. Antoine Pierre y explore, détourne, transforme, tout en gardant cette signature hybride qui lui est propre. Résultat : un EP qui ne cherche pas à briller à tout prix, mais qui s’installe doucement, avec intelligence et sensibilité. Et c’est exactement ce qui me plaît ici. Un immense merci à Camille de m’avoir offert l’opportunité de découvrir VAAGUE !

Vous pouvez suivre et soutenir VAAGUE sur le : Site officiel, Facebook, Instagram et Bandcamp

 

 

 

 

VAAGUE (c) Juliane Schütz

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2 décembre 2025

Le Garçon de l’Automne dévoile Ode to the Lost et Above the Lake

 

Des nouvelles de mon cher "Le Garçon De L'automne" qui a dernièrement dévoilé le nom et l'artwork de son prochain album "Ode to the Lost", dont la sortie est prévue pour le 6 février prochain !

La pochette de Ode to the Lost est magnifique et plein de symboles. On y retrouve un dégradé de couleurs pastel qui passe de teintes froides, rappelant la fin de l’automne, à des tons plus chauds et verdoyants qui évoquent une renaissance. Tout semble raconter le passage d’une saison intérieure à une autre.

 

Les bois de cerf au centre forment une arche presque sacrée, autour de laquelle se mêlent fleurs, oiseaux, feuilles, mais aussi crânes et champignons. La vie, la mort et transformation cohabitent naturellement, comme un cycle complet résumé en une seule image.

 

La typographie poétique de Le Garçon De l’Automne renforce cette ambiance féérique et artisanale, tandis que le sobre Ode to the Lost donne l’impression d’une dédicace à ce qui a été perdu.

Une pochette emplie de douceur et riche en symbolique, en parfaite résonance avec l’univers du projet.

 

Quentin a également dévoilé un nouveau titre il y a un mois : Above the Lake. Il s’agit du second single de l’album, après L’Ankou, dont je vous avais déjà parlé ici.

 

Above the Lake raconte l’histoire d’un mystérieux air de violon entendu dans un village niché dans les collines. Envoûtés, les habitants quittèrent leurs foyers et s’enfoncèrent dans la forêt, attirés vers un violoniste… qui n’était autre que le Diable lui-même.
La terre s’ouvrit alors et engloutit les villageois ; et l’on dit que, depuis ce jour, un lac s’étend à cet endroit — un lac où l’on pourrait encore croiser, dit-on, le Roi des Enfers.

 

C’est une chanson magnifique, et le clip l’est tout autant. L’ambiance sombre, gothico-fantastique, est envoûtante : on assiste à un superbe duel musical entre Quentin à la hurdy-gurdy et le Diable avec son violon. Les mélodies sont accrocheuses, dynamiques, et l’esthétique visuelle est somptueuse.

J’ai particulièrement hâte d’être en février pour découvrir l’intégralité de l’album, qui s’annonce très prometteur !

 

Vous pouvez suivre et soutenir Le Garçon de l'automne sur Facebook, InstagramBandcamp et Patreon

 

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